Aller à Arafat, voilà un titre alléchant invitant le fidèle musulman à accompagner, dans son pèlerinage à La Mecque et son «petit» pèlerinage (Omra), Kaddour M'Hamsadji qui décrit dans un ouvrage croustillant de détails utiles à tout futur «hadji» désireux de mieux connaître le Hadj à Baït Allah al Haram, la Maison sacrée de Dieu, à Mekka, pour accomplir, s'il lui est possible matériellement, ce cinquième pilier des obligations de l'Islam. Dans ce long ouvrage de près de 300 pages à la lecture passionnante, l'auteur bien connu M'Hamsadji, lui-même hadj et ayant accompli une Omra, présente au futur pèlerin, une initiation aux préceptes de l'Islam qu'il doit accomplir, au moins une fois dans sa vie. Ce livre, riche en enseignements sur le pèlerinage aux lieux saints de l'Islam, est présenté de façon moderne par l'auteur qui cite Cheikh El Hadj Mohamed Chalîh Dahaoui qui, donnant son appréciation sur cet ouvrage, «a constaté qu'il y avait trois livres complémentaires dans un seul volume, le premier est un voyage agréable aux lieux saints de l'Islam, le second, l'histoire des lieux les plus importants du Hidjâz et le troisième expose judicieusement les rites du pèlerinage». Et l'auteur d'écrire superbement «à Arafat, chaque grain de sable foulé, crisse comme une parole prononcée», c'est «admettre la possibilité de l'impossible» et d'ajouter une heureuse réflexion en citant un verset du Saint Coran: «Quand ce ne serait que le son produit par l'imagination de l'homme désespéré, parce que désespéré, il y a là une incontestable rencontre de l'homme et ses oeuvres, «atome de bien» ou «atome de mal», qui bouleverse l'esprit le plus épris de rationalisme. En parcourant la table des matières traitées par M'Hamsadji, on énumère pas moins de 25 chapitres qui relate chacun le périple à suivre pour accomplir un pèlerinage complet et sans faille aucune. On citera les tout premiers que sont «La condition au Hadj», «Les combinaisons Hadj et Omra», le costume «Ihram» dont celui de la femme et aussi la prière du voyage. Dans son livre, M'Hamsadji détaille plusieurs faits religieux comme celui où fut ajoutée à l'Adhan du matin, «la prière vaut mieux que le sommeil», ceci sur proposition du premier Muezzin modèle de l'Islam choisi par le Prophète (Qssl) que fut Billal dont la voix était «forte et claire». Il décrit «l'ambiance enchanteresse» vécue par les fidèles qui ont le sentiment de «vivre dans cette prière (du matin) et s'y anéantir». En écrivant sur le climat commercial de Mekka, resté faste comme durant la période «ante-Islam», l'auteur se plaît à rappeler que la Tradition favorise la grande activité économique en cette période qui permet aux Mekkois de s'assurer contre le besoin jusqu'à l'année suivante, eux «qui tiennent presque tous de riches comptoirs et banques privées». L'écrivain relate dans son livre moult détails et anecdotes illustrant, entre autres rites, le cheminement du «tawaf», de la lapidation de Satan par le jet de sept pierres sur une stèle symbolisant Satan et que Ismaïl, fils d'Abraham El Khalil fit pour conjurer Satan qui le conseilla de désobéir à son père afin d'échapper à son sacrifice ordonné par Allah à son père le prophète Abraham. Il décrira à cette occasion les «techniques» de lapidation après laquelle on se retire pour se désacraliser partiellement, ce qu'on appelle «Tahlil essaghir» qui consiste, précise l'auteur, au raccourcissement des cheveux ou rasage total du crâne pour les hommes alors que la femme devra couper une mèche ou deux de sa chevelure. C'est là autant de détails à suivre, utiles au futur pèlerin dont la «nya» est d'accomplir un pèlerinage pur et sincère. Pour parachever le «tawaf», écrit M'Hamsadji, l'on se dirige vers le puits «Zemzem» en direction de la «qibla» où il faut boire de son eau «debout» à l'instar du Prophète (Qssl), et suivant la tradition par petites gorgées. On peut se procurer de cette eau auprès des marchands d'eau circonstanciels ou «zemzamiyine» qui sont de condition fort modeste auxquels on s'acquitte d'une somme représentant le service et accomplir là aussi une bonne action explique l'auteur. Dans un autre chapitre, l'écrivain écrit après s'être «lavé, mis des vêtements propres et s'être parfumé», on se rend sans retard, ni se presser, au Masdjid Ennabaoui Echarif où se trouve le tombeau du Prophète (Qsssl). Aller à Arafat, c'est aller loin dans sa propre expérience, si courte soit-elle, de la vie et c'est heurter de sa propre voix les «Portes de l'inconnaissable» dont on a été averti.