Les jours du gouvernement actuel sont comptés. Le chef de l'Etat l'a annoncé samedi, lors de son entrevue périodique avec des représentants des médias nationaux. La composition du nouveau gouvernement «interviendra avant la fin de l'année en cours. Nous sommes à la recherche des meilleures et plus hautes compétences du pays», a déclaré Abdelmadjid Tebboune. Qui seront les partants? Qui seront les rentrants? Qui sera le nouveau patron du prochain Exécutif? Le président de la République n'en dira pas plus mais il n'a pas exclu la reconduction de certains ministres qui ont rempli convenablement leur mission. En attendant, les pronostics sont ouverts. Place à l'excellence, la compétence et l'expérience. Trois critères que doivent posséder ceux qui seront chargés de concrétiser les promesses électorales du premier magistrat du pays et, surtout, de mener à bon port tous ces projets d'envergure qui doivent hisser l'Algérie au rang de pays émergent. Le second mandat d'Abdelmadjid Tebboune sera incontestablement «économique» par excellence. Le premier restera cependant celui où toutes les décisions ont été prises pour en tracer le sillon. C'est, en effet, entre 2019 et 2024 que la machine économique a été relancée. Que des projets d'envergure internationale ont vu le jour! La liste est longue. On fera donc référence à ces méga-chantiers qui seront les fers de lance de cette renaissance économique. Que seront-ils sans voie de communication. Sans développement des lignes ferroviaires. Le rail qui a occupé une place majeure dans l'industrialisation de certains pays, contribué à l'essor de leurs économies et à celle de la planète constitue encore un moyen de transport indispensable à ce propos. L'absence de réseaux nationaux formant un réseau continental cohérent a empêché l'Afrique de devenir une «Amérique», malgré des ressources immenses, souligne Clive Lamming, historien des chemins de fer français, expert du monde ferroviaire. C'est probablement le cas du secteur minier algérien qui n'a pas connu l'essor escompté, malgré des potentialités remarquables. Une «lacune» que les pouvoirs publics tiennent à combler. La réalisation de la ligne ferroviaire minière Annaba-Bouchegouf-Guelma-Tébessa-Djebel El-Onk-Bled El-Hadba a été approuvée lors du Conseil des ministres, présidée le 26 mai 2023 par le chef de l'Etat. Il faut savoir que le gisement de phosphate de Bled El-Hadba, Djebel Onk, dans la wilaya de Tébessa, pour l'exploitation, la transformation chimique des phosphates fait figure de «plaque tournante» dans la concrétisation du projet de phosphate intégré qui permettra à l'Algérie d'être l'un des principaux pays exportateurs d'engrais et de fertilisants. Quant à Ghar Djebilet, «géant minier» dont les réserves estimées à 3,5 milliards, et bras armé du Plan de relance économique initié par le chef de l'Etat, il est entré en fonction en juillet 2022. 1 000 tonnes de minerais de fer y ont été extraites en août de la même année. La réalisation de la voie ferrée Béchar-Ghar Djebilet, longue de 1 000 km, assurera le transport du minerai de fer de Ghar Djebilet (Tindouf) vers Béchar. Une fois opérationnelle à 100/100, elle permettra d'optimiser l'exploitation de la mine, en produisant de 40 à 50 millions tonnes/an. Ce qui est aussi le cas du gisement de zinc-plomb d'Amizour (wilaya de Béjaïa) d'importance mondiale avec des réserves estimées à 68,6 millions de tonnes. Soit plus d'un tiers des réserves mondiales. Ce projet structurant revêt un caractère stratégique pour le pays de par son potentiel minier exploitable estimé à 34 millions de tonnes pour une production annuelle de 170 000 tonnes de concentré de zinc. S'il est incontestable que les choses commencent à bouger, il faut réunir toutes les conditions pour que la machine s'emballe. Parmi les projets qui seront de la partie, il y a la réalisation du port d'El- Hamdania, un des projets phares, qui a fait couler beaucoup d'encre et causé d'énormes préjudices financiers au pays; le président de la République a décidé de le remettre en chantier sur des bases saines. D'après sa fiche technique d'origine, le projet du port-centre d'El-Hamdania figurait parmi les plus importantes infrastructures maritimes de la région méditerranéenne et du continent africain. Sa sortie des cartons n'est pas à exclure. Sa remise à flot aura besoin d'un capitaine au long cours, secondé par un équipage capable d'affronter les «tempêtes». Des critères exigés par Abdelmadjid Tebboune pour mener le bateau «Algérie» à bon port.