Dans environ deux mois et demi, l'Algérie connaîtra l'un des scrutins de son Histoire probablement le moins controversé. Il s'agit des élections législatives prévues pour le 30 mai 2002. La question, qui se poserait aux habituels détracteurs, serait, éventuellement, celle-ci: pourquoi autant d'assurance à prédire le déroulement d'un scrutin, fût-il de cette importance, sans prendre la précaution de douter comme c'est la coutume en Algérie? La réponse, qui ne saurait être nette de prime abord, requiert, en effet, l'addition d'une diversité de constats appelés à leur tour à faire la synthèse des changements qui ont été enregistrés depuis cinq ans en Algérie pour comprendre pourquoi le devoir d'aller voter ne comporte, cette fois, ni risque «ni afféterie» destinés à privilégier tel ou tel autre parti politique. Cela étant dit, il est vrai que l'Algérie d'aujourd'hui ne ressemble en rien à celle des élections législatives d'il y a cinq ans. En quoi cette ressemblance pourrait être si différente? Dans plusieurs domaines et non des moindres. Par exemple quand l'heure vint de convoquer, malgré tout, le corps électoral à se rapprocher des urnes il y a une demi-décennie, l'Algérie, enserrée entre une économie vidée de l'essentiel de son énergie et un déséquilibre macroéconomique plus qu'inquiétant, ne pouvait escompter retirer le meilleur d'un corps électoral frappé de plein fouet par le chômage. Cette dernière calamité, les spécialistes le savent, constitue en fait le meilleur terreau pour amplifier les désaffections au vote. Mais ce n'est pas tout. Au plan de la dette extérieure les efforts effectués par l'Algérie pour desserrer l'étau qui l'étouffait de la part de ses créanciers, continuaient, dans l'indifférence générale, à buter contre un mur de silence. Les Clubs de créanciers, sollicités à maintes reprises par nos plénipotentiaires dans le but d'obtenir quelque répit, voire quelques concessions au montant de la dette que l'Algérie, rappelons-le, avait déjà remboursée plusieurs fois, sont restés sourds à toutes ses démarches. Fort heureusement que la Libye était là, présente comme à chaque fois que l'Algérie a eu à recourir à son assistance, pour mettre à la disposition de notre pays un prêt de 450 millions de dollars qu'elle a d'ailleurs aussitôt converti en moyens d'investissement. Aujourd'hui, la couleur du ciel algérien est redevenue bleu azur. L'aisance financière n'a rien d'apocryphe puisque au denier bilan publié par la Banque d'Algérie, les caisses du Trésor ne comptent pas moins de 18 milliards de dollars de réserve de change. La relance est patente et les partis politiques, les plus importants d'entre eux du moins, ne se sont jamais mieux sentis au top que cette fois pour affronter le prochain scrutin. Sur le plan sécuritaire, alors que du temps de Liamine Zeroual on avait eu de cesse de parler de «résiduel» à propos des groupes armés islamistes, on sait ce qu'il advint de l'usage immodéré de cette expression. Aujourd'hui, en revanche, il semble que les islamistes, enfin le peu qu'il en reste et qui est réparti dans les différentes poches des maquis, n'ont plus l'initiative d'où d'ailleurs le frétillement de leurs «représentants» à l'extérieur qui ont, en vain, cherché à se glisser dans le prochain scrutin en qualité «d'indépendants». Comme on le voit, tout semble aller dans le sens d'une sortie de crise certaine sauf pour Nahnah, le leader du MSP qui, aux dernières nouvelles, a pris sur lui de fustiger la langue des Amazighs en mettant en garde le pouvoir sur sa tendance à vouloir la constitutionnaliser. Nahnah, faut-il le rappeler, est connu pour ses excès verbaux et surtout sur cette manière indicible de dire la chose et son contraire.