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La Route qui nous parle
NATIONALE 1 DE CHAWKI AMARI
Publié dans L'Expression le 05 - 03 - 2008

l'algérien rêve de réaliser sa propre harba, mais à partir d'où et pour aller où?
Quand, dans son exil définitif d'Alexandrie, où il mourut, en 1860, de chagrin et de vieillesse, Mustapha Ben El-Kabâbtî, ayant été en 1847 grand mufti mâlikî, porte-crosse, d'el-Djâma‘ el-Djadîd, la Grande Mosquée d'Alger, écrivit son poème, Man ibât îra‘îlahbâb..., aux accents élégiaques et patriotiques, bien conservé dans le répertoire des chants populaires citadins algérois, il n'avait pas pris la voie du déshonneur. Il avait refusé de commettre le sacrilège absolu envers sa religion et la trahison la plus noire envers sa patrie occupée, en s'interdisant de remettre au maréchal Clauzel les titres de haboûs dont il était en possession. Longue histoire à rapporter ici, et l'on ne comprendrait peut-être pas pourquoi évoquer ce fait important aussi, mais la relation - quoique mince, il est vrai - ne peut échapper à celui qui a du coeur pour lire Nationale 1 (*) de Chawki Amari.
La réflexion juste et dense de ce journaliste, géologue et écrivain, pourrait paraître encore «tirée par les cheveux» pour expliquer, réveiller les jeunes consciences obnubilées, s'il en est, par l'étincellement d'une quelque étoile du Nord européen, quand surtout «Les Nordistes [d'Algérie] n'aiment pas leur désert. Parce que c'est l'Algérie. L'Algérie est déjà désert d'ennui et de solitudes serrées. La Nationale 1? Au-delà de son nom et prénom qui font plus penser au championnat de football, c'est la première route du pays, la numéro 1. Et la plus longue, la plus riche en contrastes, la plus étrange, la plus vraie et la plus belle. Pourquoi tout ça? Pour amener une question; sans visa, avec une poignée de dinars non convertibles, où peut-on aller le plus loin à partir d'Alger? Réponse: à In Guezzam, la daïra la plus septentrionale du pays, c'est-à-dire la plus au Sud, au bout de cette interminable Nationale 1 qui s'arrête à la porte ouverte du Niger. C'est la route, il suffit donc d'une voiture...» Pour un jeune, le désir d'évasion est naturel. Et, dans nos régions, par le temps qui court, «partir n'est pas du tout mourir un peu», n'est pas du tout une idée de philosophie périssable, de préciosité ridicule ou de bourgeoisie décadente. Pourquoi le jeune algérien ne serait-il pas assez poète pour vouloir vivre sa passion en Algérie comme tant d'autres dans leur pays? Ne serait-ce pas aussi pour lui ce rêve d'immensité, d'ouverture et de possession? - «Homme libre, toujours tu chériras la mer! [...] O mer, nul ne connaît tes richesses intimes»
Mais avec Chawki Amari, ramenons notre pensée à cette priorité: l'urgence de connaître avant tout son pays, - si évidemment, pour connaître les autres, il faut se connaître soi-même: être soi pour se dire à l'Autre.
Il faut donc se mettre en face de cette réalité où sont confinés nos jeunes. «Partir? Où? Ces deux questions centrales dont la seconde est une question répondant à la première, sont deux interrogations qui alimentent régulièrement les conversations de cafés et cybercafés, de salons ou de salons de coiffure. [...] De l'appréciation générale, il ne fait pas très bon vivre en Algérie, pays difficile s'il en est, où tout ce qui n'est pas cher est hors de prix et tout ce qui est à portée de main est intouchable. [...] Partir? Ici. La réponse semble absurde à première vue puisque partir c'est aller forcément loin.» Or l'Algérie est, par sa superficie, parmi les grands pays du monde, «ce qui induit que l'on peut partir, ici.» La proposition est acceptable, possible pour peu que l'on ait une carte du Maghreb sous les yeux comme le recommande Chawki Amari: Une forme non uniforme, un objet plat mamelonné, un dessin vite dessiné. L'Algérie est, au choix, suivant la subjectivité du regard, une jarre berbère, une femme en robe évasée, un gribouillage d'enfant ou une grosse flèche dont la pointe est dirigée vers le bas, vers l'intérieur du continent africain. [...] En se rapprochant bien d'ailleurs, on peut même voir ces millions d'Algériens qui se serrent sur cette bande du Nord, le futur en bandoulière, prêts à bondir dans la mer à la moindre rumeur d'ouverture des frontières. Normal, ça s'appelle les flux migratoires en langage technique, el harba en dialecte local. [...] des dizaines de milliers de kilomètres de routes relient les villes. [...] La route la plus longue? La Nationale 1, axe mythique qui démarre d'Alger, au bord de la Méditerranée bleue et qui finit à In Guezzam en Afrique, au bord du Sahel sablonneux aux tons ocre.
Chawki Amari nous invite au voyage dans sa voiture. Il décrit les paysages, raconte les villes, fait le portrait des hommes, c'est-à-dire l'enchantement permanent de tout ce qui vit, de tout ce qui est vie. Tour à tour, le journaliste, le géographe, l'écrivain, chacun prend le style de sa passion, suit la logique surprenante des axes routiers et, essentiellement, de l'amour de son pays qui s'étend sous les sens éveillés de l'auteur. N'expliquons rien, vivons le moment intensément: «De Bir Mourad Raïs, un puits, à In Guezzam, autre puits, ce n'est finalement qu'une histoire» vécue au quotidien par des hommes, des femmes et des enfants formant «trois parties coincées à vie sur leur bout de Nationale 1.»
(*) NATIONALE 1 de Chawki Amari
Casbah-Editions, Alger, 2007, 95 pages.


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