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Les vampires reviennent cette semaine !
Béjaïa à la veille du Ramadhan
Publié dans Liberté le 28 - 07 - 2011

“Ce devrait être un mois de piété, mais c'est, chaque année, un mois de pitié ! Oui, nous faisons pitié ! Mais pas pour les vampires au registre du commerce !”
C'est ainsi que s'est exclamée une mère de famille dont les seuls revenus sont sa modeste pension de retraite d'ex-agent d'entretien dans un hôpital et qui, de surcroît, doit subvenir aux besoins de six âmes, dont un handicapé moteur et mental.
Dans les propos des pères et autres mères de famille que nous avons abordés pour en savoir davantage sur leurs appréhensions et appréciations relatives aux dépenses domestiques durant cet été, et celles qu'ils vont incessamment consentir, bon gré mal gré, tout le long du mois de Ramadhan, il y a un dénominateur commun : un trémolo d'intense dépit et même d'une certaine détresse chez quelques-uns d'entre eux, l'éloquence du regard en disant long sur le profond désarroi que ces citoyens "non touchés par la grâce”… des récentes et fulgurantes augmentations de salaires, qu'ils n'osent pas exprimer, par pudeur et dignité. Mme Fadhéla L. avoue devoir “se séparer” de quelques louis d'or pour faire face au mois de carême, ayant été contrainte de dépenser des économies d'une année en seulement deux mois, c'est-à-dire juin et juillet. “Ces traditions qui se déchaînent, et nous enchaînent ! Douze mariages avec des enveloppes cadeaux (“El-qheir”) de
1 500,00 et 1 000,00 DA chacune, une circoncision, une sortie de prison (fêtée !) du mari d'une parente, trois réussites au BEM et deux baccalauréats, je ne pouvais pas m'y soustraire, vraiment pas, c'est la règle ! Et voilà que le Ramadhan a déjà franchi le seuil de la porte. Avec ses sangsues humaines, ses vampires comme vient de vous le dire ma voisine et amie Soraya. Des vampires qui, plus est, osent sans gêne aucune, aller à la mosquée !” En fait, les propos tenus çà et là, en ce qui concerne les dépenses, aussi bien pendant les vacances d'été que celles que vont occasionner les trente jours de Ramadhan ainsi que la fête de l'Aïd el-Fitr, tendent plutôt tous à fustiger, stigmatiser les spéculateurs de tous bords“sans foi ni loi, sans scrupule aucun”.
Mais, en même temps, n'épargnent nullement les pouvoirs publics, “qui promettent monts et merveilles à chaque veille de Ramadhan mais autant en emporte le vent !”, est-il régulièrement reproché aux autorités, celles, en particulier, dont la mission est de défendre le consommateur au double plan des prix et de la qualité des produits alimentaires en général. En ce début de flambée des prix des légumes, notamment, les ménagères redoublent d'ingéniosité… préventive : elles sont de plus en plus nombreuses, désormais, à “stocker”, en quantités suffisantes, “au moins 80% des denrées fondamentales, et donc quasiment indispensables pour la cuisine, durant le mois sacré”, confie Aldjia B. en présence des trois autres dames, mères de famille aux revenus fort modestes. C'est ainsi que la courgette, les carottes, la tomate, les haricots verts, (juste avant qu'ils ne grimpent du simple au double en l'espace d'une semaine, sont aujourd'hui à 160,00 DA le kg !), le poivron, l'ail et l'oignon ont déjà été achetés pour au moins les vingt premiers jours de carême. Il en est de même pour les viandes : “…Je me suis empressée d'acheter trois plateaux d'œufs, trois poulets moyens que j'ai débités en morceaux, les cuisses à part, deux kilogrammes de viande rouge, dont un kilogramme de viande d'agneau pour la chorba et même le frik, tant qu'un kilogramme de celui-ci ne demande pas encore beaucoup de… fric !”, explique Mme Ludmiya K., infirmière dans une polyclinique. Par cette méthode, désormais classique, adoptée par bien des ménagères et des pères de famille, des familles ont su, plus ou moins, rester à l'abri de l'hémorragie financière. Et si “la fonction crée l'organe”, l'instinct de conservation crée l'astuce. Mille et une astuces même ! Toutes dans du papier d'aluminium. Et autres bacs ou sachets en plastique, bien rangés dans le freezer du frigo. Bien entendu, tout en n'étant pas des satrapes, quelques pères de famille se contentent d'”espérer, surtout pour les familles indigentes, que les prix des denrées alimentaires, les légumes, les fruits et les viandes en particulier, seront aisément abordables.” Ces citoyens compatissent sincèrement, eux et elles dont les revenus mensuels sont substantiels. Ils sont couples d'enseignants, médecins, chirurgiens dentistes, cadres dans le secteur de l'Etat… Des professions libérales. Pourtant, il en est, au sein de cette catégorie de citoyens franchement très aisés, et surtout depuis la pluie d'augmentations de salaires, qui se plaignent de “la cherté des fruits et légumes, des viandes rouge et blanche”, avec la même intonation propre à la complainte des démunis ! Sans commentaire! Les dépenses, la plupart des personnes approchées pour recueillir leurs commentaires à ce propos, s'accordent à les imputer au “système des fêtes familiales, toutes occasions confondues y compris, depuis quelque temps : la réussite à l'examen de l'ex-sixième ou, plus désopilant encore, la sortie de prison d'un indélicat récidiviste. Un système qui date depuis des siècles et qui, comme tout le monde le sait, fait obligation à l'invitée (ou plutôt convoquée !) de remettre à l'hôtesse organisatrice de la fête une enveloppe…”
La majorité des hommes, cependant, ne sont pas concernés par ledit “système”, qui régit sinon exclusivement, du moins essentiellement, les relations, certes interfamiliales, mais entre femmes. Les charges (les factures d'électricité, d'eau, de téléphone ou de loyer…). Sacrées charges, surtout quand s'y ajoutent des dépenses de santé tout à fait imprévues. Gagne-petit, retraité “à peine smicard” avec femme au foyer et, assez souvent même, une, deux jeunes filles sans emploi à charge et un garçon également chômeur… S'ils ne sont pas légion, ces gens-là existent bel et bien pourtant. Et même assez nombreux. La plupart d'entre eux se préparent d'ores et déjà à confectionner, comme à chaque mois sacré, des galettes “qhabz tadjine et matloue”, des diouls, faire ramollir des pois chiches et s'apprêter à les mettre sur le marché… Sur les trottoirs. Ces derniers ne vont pas tarder à accueillir de nombreuses autres tables de diverses dimensions, les sempiternels petits commerces “spécial Ramadhan.”


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