En dépit de la pénalisante absence du public, puisqu'ils étaient que quelque cinq ou six mille tout au plus à s'être déplacés au stade Ahmed-Zabana pour suivre ce classique orano-kabyle qui a beaucoup perdu de sa superbe et de sa popularité, les débats furent très disputés du coup de sifflet initial à celui annonçant la fin du temps réglementaire. L'on jouait ainsi à peine la huitième minute de jeu que le MCO se procurera sa première occasion, lorsque Laghezal brossera le cuir sur un coup franc à la limite des seize yards. Détourné dans sa course, le ballon frôlera le montant gauche d'un Asselah qui verra, quelques secondes plus tard, avec satisfaction la reprise de Dagoulou rater le cadre. Sous une pluie battante qui a fini par casser l'effet des banderoles exigeant, côté mouloudéen, “le départ des Abdelilah, Kalaidji, Bessedjrari, Benmimoun, Belabbes et Mehiaoui” et sommant, côté kabyle, “Hannachi de partir”, vint cette 17e minute qui verra Nessakh centrer sur Boulemdaïs, lequel placera une tête puissante que Fellah déviera au prix d'une belle parade. La réplique oranaise interviendra à la 19', quand, sur une remise bien ajustée de Boussaâda, Kouriba pivotera puis tirera mais, vigilant, Asselah sortira un bel arrêt. Plus réaliste, la JSK fera la différence à la 25e minute sur une action initiée par le tout récemment qualifié Zarabi qui lancera, d'un exquis extérieur du gauche, un Remache qui mettra à son tour sur orbite Boulemdaïs qui, pour sa deuxième tentative, crucifiera Fellah d'une imparable frappe du gauche. À la 27', sur un contre, le même Remache passera à Hemani qui doublera la mise, toujours du gauche, sur une puissante frappe qui logera le cuir dans l'angle opposé. Mesurant l'ampleur des dégâts et la complexité de sa mission, Mohamed Henkouche abattra ce qui ressemblait à sa dernière carte en lançant dans cette bataille, presque perdue d'avance, le tout juste convalescent Youcef Belaïli. Mais c'est Kouriba qui s'illustrera en seconde période en signant le chef-d'œuvre du week-end sportif en amortissant la balle de la poitrine dos au but en pleine surface de réparation avant de réussir un sublime retourné acrobatique qui logera la même balle dans la lucarne gauche d'un Asselah archibattu (66'). La suite des débats n'apportera aucun changement au score. Le tableau s'assombrira encore davantage dès la reprise, mardi, avec cette “grève décidée des joueurs pour réclamer le départ immédiat de Larbi Adelilah et de ses acolytes incapables de payer, ne serait-ce qu'une bouteille d'eau”. Rachid BELARBI