C'est un démenti formel qu'apporte le DG de la Cnas à la déclaration du ministre, affirmant l'exigence de la carte Chifa pour bénéficier des soins dans les hôpitaux. "La carte Chifa ne remet nullement en cause le libre accès aux soins ou leur gratuité ou la prise en charge des malades dans les hôpitaux. Cette carte sert en fait à l'identification du patient pour savoir s'il est assuré social ou pas. Car, l'informel est devenu l'une des principales causes à l'origine du déséquilibre du système de sécurité sociale dans notre pays". Le propos est du directeur général de la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (Cnas), M. Tidjani Hassan Haddam, qui dément l'exigence de la carte Chifa pour avoir accès aux soins dans les hôpitaux. Il avoue que la quasi-totalité de la population est prise en charge par le système de sécurité sociale avec ses différents dispositifs à savoir Cnas, Casnos... et autres catégories. Il soutient mordicus qu'"aucun acquis des assurés sociaux ne sera touché en termes de remboursement, de système de protection sociale…" Plus explicite, le DG de la Cnas ajoute : "Il a été établi 14 millions de cartes Chifa qui couvrent 39 millions d'assurés parmi les Algériens. Il reste les personnes qui ne sont pas déclarées par leurs entreprises qui composent l'informel." L'objectif, c'est de débusquer d'ailleurs, ces employeurs qui ne déclarent pas leurs employés. À ce propos, M. Tidjani a rappelé que "nous avons plus de 355 000 employeurs, tous secteurs confondus et nous avons plus de 600 contrôleurs". En 2017, la Cnas a procédé à plus de 75 000 missions de contrôle. Ce qui a permis de constater quelque 160 000 infractions. La Cnas a accompli également 65 000 actions de recouvrement forcé. Pour M. Haddam, la situation financière de la Cnas est actuellement équilibrée : "Nous recouvrons un peu plus de 1 000 milliards de dinars que nous distribuons sur les différentes caisses. De ce total, 52% vont à la retraite, 42% aux assurances et le reste est dispatché entre l'assurance chômage et le Fonds national de péréquation des œuvres sociales. Nous assurons également des prestations telles que l'assurance sociale, l'assurance maternité, l'assurance décès, les arrêts de travail, les accidents de travail… La situation financière est équilibrée puisque les recettes couvrent largement les dépenses de la caisse." Au fil des années, la Cnas a pu avoir une trésorerie importante avec laquelle elle a aidé la Caisse nationale des retraites (CNR) en 2015, 2016 et 2017 dans le cadre de l'entraide inter-caisses pour un montant de 800 milliards de dinars. Mieux, en 2018, l'Etat a octroyé une subvention de 500 milliards de dinars pour pérenniser la retraite des assurés. En prestations, la Cnas dépense près de 300 milliards de dinars/an. Le médicament représente 65% des dépenses de la Cnas soit une facture de plus de 200 milliards de dinars dont 96% vont au tiers payant qui est toujours maintenu. Cela n'a pas empêché néanmoins, la Cnas à bloquer quelque 90 000 cartes Chifa pour fraude avérée. Pour les arrêts de travail, le DG de la Cnas a indiqué lors de son passage hier sur les ondes de la radio Chaîne III, que plus de 14 millions de journées sont indemnisées chaque année soit une enveloppe de 16 milliards de dinars. Le système demeure toutefois, menacé à cause du nombre insuffisant de cotisants (deux cotisants pour un retraité). Par ailleurs, M. Tidjani Hassan Haddam a annoncé la mise en place avant la fin de l'année de la fiche médicale informatisée. Grâce à ce document, la Cnas assurera un contrôle médical en temps réel au niveau de la structure d'affiliation, afin de garantir une meilleure prise en charge des assurés sociaux et avoir une base de données unique sur l'ensemble des actes et des prescriptions. B. K.