Les médecins dénoncent les agissements "intolérables" de leur directeur. Ce dernier est accusé par les requérants de "marginaliser" les cadres et de pratiquer du "terrorisme administratif" à leur égard. Dans une déclaration rendue publique et adressée au ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, les médecins travaillant au sein de l'établissement hospitalier spécialisé (EHS) dans les maladies psychiatriques de Sour El-Ghozlane (sud de Bouira) dénoncent les agissements "intolérables" de leur directeur. Ce dernier est accusé par les requérants de "marginaliser" les cadres de cet hôpital et de pratiquer du "terrorisme administratif" à leur égard. Ainsi, selon ledit document dont Liberté détient une copie, ces médecins spécialistes reprochent à leur responsable hiérarchique notamment des ponctions sur salaire qu'ils qualifient d'injustes et injustifiées, ainsi que de "plomber" leur dossier administratif avec des notations et remarques humiliantes, selon leurs dires. En effet, d'après les signataires de cette missive, ce directeur a donné des zéros pointés à certains médecins dans la case liée au rendement individuel, sans qu'ils puissent consulter leur fiche d'évaluation ou bien introduire un recours conformément aux articles 99 et 102 du statut relatif à la Fonction publique. Toujours dans le chapitre des présumés dépassements commis par le directeur de l'EHS de Sour El-Ghozlane, ces médecins s'insurgent contre le fait que leur supérieur les a privés de logements d'astreinte et qu'il oblige, selon eux, certains médecins à faire la navette de manière quotidienne entre Tipasa et Bouira. Mieux encore, les requérants qui se disent être victimes d'un "tyran" affirment dans leur document que ce directeur exerce des pressions sur le personnel médical afin de le pousser vers la démission. "Nous sommes victimes d'un véritable tyran qui exerce sur nous un harcèlement moral manifeste pour nous pousser vers des départs volontaires", affirment-ils. Concernant l'évolution de carrière de ces médecins, ces derniers notent qu'ils sont victimes d'un "blocage systématique" de la part de leur supérieur, et ce, en contradiction avec la réglementation en vigueur, notamment les articles 34 et 37 du décret exécutif 394/09, relatif au plan de carrière dans la Fonction publique. Devant cet état de fait, ces médecins sollicitent l'intervention "urgente" de leur tutelle, tout en dénonçant le "mutisme complice" de la direction de la santé publique (DSP) locale. À titre de rappel, au mois de juin dernier, une commission d'enquête ministérielle avait été diligentée à l'EHS de Sour El-Ghozlane afin de mettre un terme au litige entre le corps médical et le directeur de cet établissement. Un accord de sortie de crise a été signé entre les deux parties. Néanmoins, selon les signataires de cette déclaration, leur directeur n'aurait pas respecté les termes de cet accord. Contacté afin d'avoir sa version des faits, la direction de l'EHS de Sour El-Ghozlane nous a signifié que le premier responsable de cet établissement psychiatrique n'était pas disponible pour répondre à nos questions. RAMDANE BOURAHLA