ORGANISATION D'UNE SOIREE A ORAN : L'affaire devant le juge d'instruction    DERNIER MEMBRE EN VIE DU GROUPE DES 22 : Le président Tebboune reçoit Othmane Belouizdad    L'OPPOSANT KARIM TABBOU PRIVE D'UN APPEL TELEPHONIQUE : La Cour de Tipasa dément    TOSYALI ORAN : Troisième exportation de 10.000 tonnes de rond à béton vers les Etats-Unis    LA SAISON BAS SON PLEIN A ORAN : Le thon cédé entre 1000 et 1300 DA le kg    TAXES SUR L'IMPORTATION DES VEHICULES NEUFS : Les précisions de Ferhat Ait Ali    PROTECTION CIVILE A MOSTAGANEM : 1339 interventions durant le mois de Ramadhan    MESURES CONTRE LE COVID-19 A TIARET : La police salue la compréhension des citoyens    BECHAR : Démantèlement d'un réseau transnational de trafic de drogues    Le MJS et le COA décidés à travailler dans un "climat de sérénité"    Décès de Abderhamane El Youssoufi: une étoile du Grand Maghreb s'éteint    Diplomate yéménite: "le Maroc n'a aucune souveraineté sur le Sahara occidental"    L'Afrique du Sud alerte le Conseil de sécurité sur les violations marocaines au Sahara occidental    137 nouveaux cas confirmés et 8 décès enregistrés en Algérie    Le massacre des Ouffia à El-Harrach (Alger): un crime qui révèle la barbarie de la France coloniale    Covid19-Championnat d'Algérie: Medouar sceptique sur une éventuelle reprise    Essais nucléaires: une illustration des crimes français contre l'homme et la nature    Affaire d'enregistrement sonore: les présidents de l'USB et du CABBA convoqués    La prison rouge de Ferdjioua (Mila), témoin de la barbarie de la France coloniale    Covid-19: près de 322.000 bénéficiaires de l'allocation de solidarité    Commercialisation des masques: des facilitations pour les chefs d'ateliers de confection    Covid19: Djerad plaide pour l'allègement de la dette des pays en développement    Décès de Guy Bedos: Un artiste épris de justice s'en va    4 médecins et 6 paramédicaux testés positifs au Coronavirus    PLFC 2020: la Commission des finances et du budget de l'APN examine les amendements proposés    Tayeb Zitouni nouveau SG du RND    Le porte-parole du Quai d'Orsay s'exprime    Le Président Tebboune reçoit le moudjahid Othmane Belouizdad    Saâdaoui, l'homme par qui le scandale est arrivé    Le harcèlement des activistes continue    Biskra, la Mitidja du Sud    Le moudjahid Ramdane Leftissi inhumé hier à Skikda    PLFC 2020: traiter les effets de la crise tout en soutenant le pouvoir d'achat    RC Relizane: Un parcours en deçà des prévisions    Non, demain ne ressemblera pas à hier    En hommage aux victimes du Covid-19: Une minute de silence, hier, à l'Institut «Cervantès» d'Oran    La Grèce renforce le contrôle à sa frontière avec la Turquie    Un important dispositif policier dissuade les manifestants    Les pêcheurs de Mostaganem comptent faire le plein    Les feuilles de l'automne    L'infrangible lien…    L'ADE promet de l'eau H24 pour Sétif    Les lecteurs du versant sud de Tizi Ouzou privés de journaux    Je veux partir seul au paradis !    Les victimes algériennes du Covid-19 en attente de rapatriement    Kaïs Saïed : «Il n'y a qu'un seul Président en Tunisie»    Conflit libyen : Comment le GNA a réussi à chasser les mercenaires de Wagner de Tripoli    FAF - Département Intégrité: La FIFA ne se mêlera pas des affaires internes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





"La majorité rejette l'idéologie islamiste"
"Khalil", dernier roman de Yasmina Khadra
Publié dans Liberté le 26 - 12 - 2018

Cet ouvrage de Yasmina Khadra prend un sens particulier dans une Europe où les thématiques développées sont d'une brûlante et douloureuse actualité.
L'auteur algérien le plus traduit dans le monde revient avec Khalil, un roman qui évoque les attentats terroristes de novembre 2015 à Paris. Driss, Rayan et Khalil ont grandi dans le quartier de Molenbeek (Bruxelles), à forte population d'origine maghrébine. Si Rayan a résisté, Driss et Khalil ont sombré dans la radicalisation. Ils "descendent" à Paris pour commettre des attentats. Khalil doit faire sauter sa ceinture d'explosifs devant le stade de France par un jour de match.
Le reste est connu : si la ceinture de Khalil n'a pas explosé, beaucoup de vies humaines tomberont sous les balles terroristes ce 13 novembre 2015 à Paris. Le roman de Yasmina Khadra tente de cerner le processus de radicalisation des jeunes et de leur passage à l'acte. Tout en reconnaissant la force de l'œuvre, des critiques littéraires se sont étonnés que ce roman utilise la première personne du singulier comportant un risque d'identification qui pourrait faire croire que l'auteur, en se mettant dans la peau du terroriste, pourrait avoir de l'empathie pour lui. Non, répond Yasmina Khadra : "C'est pour que mon personnage soit en contact immédiat avec le lecteur. Quant à l'empathie, elle est pour l'être humain en général et jamais pour les terroristes que j'ai combattus sur le terrain (en tant qu'officier de l'armée, ndlr). Il nous faut recouvrer notre part d'humanité." Pourquoi ce roman, peut-on se demander ? Un souci de pédagogie ? En filigrane, la volonté de dissocier l'islam de l'islamisme politique. "L'islamisme n'est pas l'islam, c'est une idéologie" qui est rejetée par l'écrasante majorité des musulmans. Pour l'auteur, c'est une minorité – les radicalisés – qui sème la violence. À ce propos, Yasmina Khadra avance des réponses : "Un terroriste est quelqu'un qui a déjà un problème sous le toit parental. Parce qu'il n'a pas trouvé une autorité, une responsabilité chez lui, qu'il n'a pas eu le père et la mère qu'il espérait avoir, il va chercher sa famille ailleurs. C'est un individu tellement fragilisé, tellement vulnérable qu'il préfère se diluer dans une masse qui lui donne une visibilité et une force protectrice." Cela mène à l'endoctrinement des jeunes confrontés à la rhétorique des manipulateurs djihadistes. "Il est difficile pour un esprit faible de résister, il est fasciné, comme hypnotisé par ce discours… Même lorsqu'il s'en rend compte, il ne peut plus reculer parce qu'il y a la terreur des émirs", ajoute l'auteur qui met en garde contre des "associations" et certains espaces soi-disant religieux où, en Europe, des jeunes viennent écouter des prêches où des individus dangereux appellent à l'extrémisme. Mais Yasmina Khadra interpelle aussi les sociétés occidentales sur leurs politiques culturelles et sociales : "L'exclusion exacerbe la susceptibilité, celle-ci provoque la frustration qui engendre la haine, et la haine conduit à la violence." Mal à l'aise dans une société qui ne les reconnaît pas comme des Français à part entière, en décrochage scolaire, en lutte avec des traditions familiales dans lesquelles ils ne se retrouvent plus, des jeunes cherchent à trouver une valorisation ailleurs que dans leur cercle familial. Au stade de France, avec sa ceinture piégée, pour la première fois Khalil se sent important, il est prêt à commettre l'irréparable. À défaut d'avoir le sentiment d'exister sur terre, il rêve d'un ailleurs (paradis) où il sera enfin reconnu. La moralité du roman : "Je souhaite que ce livre soit lu par les lycéens et les parents, car il a une longueur d'avance sur les discours insidieux. Que les jeunes soient mieux armés pour éviter le piège de la récupération et de la manipulation. Il n'y a pas de fatalité, il faut expliquer, éviter que des jeunes versent dans l'islamisme et récupérer ceux qui sont tentés." Ce dernier roman de Yasmina Khadra prend un sens particulier dans une Europe où les thématiques développées sont d'une brûlante et douloureuse actualité.
ALI BEDRICI
Khalil, roman de Yasmina Khadra, éditions Casbah, 2018.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.