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L'indépendance de la justice en question
Non-respect de la présomption d'innocence, procès sélectifs et digression du chef de l'ANP
Publié dans Liberté le 24 - 04 - 2019

Comment expliquer qu'une chaîne de télévision publique annonce, sans citer de sources, les chefs d'inculpation avant même que le concerné ne comparaisse devant le procureur ?
L'information est tombée peu après minuit : le P-DG du groupe Cevital, Issad Rebrab, a été placé, dans la nuit de lundi à mardi, sous mandat de dépôt au terme de sa comparution devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M'hamed.Peu de choses ont filtré sur les motifs de cette incarcération. Mais selon la télévision publique, qui, curieusement, a pour une fois la primeur de l'information après avoir excellé dans la langue de bois et la désinformation des lustres durant, l'homme d'affaires devait répondre devant le procureur des chefs d'accusation de "fausse déclaration relative aux transferts illicites de capitaux de et vers l'étranger, surfacturation d'équipements importés et importation de matériels d'occasion alors qu'il avait bénéficié d'avantages douaniers, fiscaux et bancaires". Un seul soupçon, en revanche, était retenu dans le PV remis au procureur, d'après des sources au sein du Groupe cité par Liberté hier : une possibilité de surfacturation de la machine EvCon, bloquée par les douanes au port sec de Boudouaou.
S'il ne s'agit pas ici de commenter la décision de la justice, il reste que les péripéties ayant entouré cette affaire, le timing de l'arrestation d'un homme qui a affiché ouvertement son soutien au mouvement populaire dans un contexte révolutionnaire réclamant l'indépendance de la justice suscitent de légitimes interrogations. Car, enfin, au moment où juges et avocats réclament publiquement l'indépendance d'une justice dont ils admettent qu'elle est aux ordres et dénoncent son instrumentalisation, rejoignant ainsi une aspiration populaire massive, l'appareil judiciaire est-il fondé à jeter en pâture un homme dont le tort est, semble-t-il, de n'être pas dans les bonnes grâces du régime ? Quel crédit accorder à un appareil qui ne s'est jamais autosaisi jusque-là pour des affaires révélées par la presse ? Comment expliquer qu'une télévision publique annonce, sans citer de sources, les chefs d'inculpation avant même que le concerné ne comparaisse devant le procureur ? Et pourquoi le procureur de la République ne s'exprime-t-il pas sur la question, comme le lui confère la loi, et comme cela se fait sous d'autres latitudes ? Comment expliquer que de grands scandales, dans lesquels ont trempé des pontes du régime, des ministres, des députés et d'autres figures connues de tous, ayant défrayé la chronique, ne suscitent pas encore l'intérêt de la justice ? Si Issad Rebrab est coupable de faits délictueux, il demeure justiciable comme tous les autres Algériens, mais devra en répondre devant une justice indépendante, celle-là que réclament des millions d'Algériens depuis le 16 février dernier.
La justice qui reste encore à construire. Mais pas celle du "téléphone" ou de la "nuit", pour reprendre une expression d'Ali Benflis. Et rien de plus emblématique de cette "indépendance" que cette digression d'Ahmed Gaïd Salah dans son discours, hier, à Blida : "(...) J'ai appelé l'appareil de la justice, dans mes interventions précédentes, à accélérer la cadence des poursuites judiciaires concernant les affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics et à juger tous ceux qui ont pillé l'argent du peuple." De quoi renforcer le scepticisme des Algériens vis-à-vis d'une démarche qui fleure le règlement de comptes, lorsqu'elle ne dissimule pas quelques plans visant à torpiller la marche du peuple algérien vers le recouvrement de sa souveraineté.

Karim Kebir


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