Une scène invraisemblable s'est produite tard dans la soirée de lundi à mardi au service des urgences médicales du Centre hospitalo-universitaire Ibn-Badis de Constantine. Une bande de malfrats constituée d'une quinzaine d'individus encagoulés et munis d'objets contondants et d'armes banches ont attaqué le personnel soignant causant une panique générale au sein de l'établissement. Selon un médecin anesthésiste présent au moment des faits, "ce déchaînement de violence a commencé quand un blessé présentant plusieurs entailles à différents endroits du corps, accompagné de ses proches et amis, s'est présenté au service des urgences de l'établissement pour recevoir les soins nécessaires. C'est lorsque les médecins présents lui ont dit qu'il devait attendre son tour, en raison de la présence de deux autres cas beaucoup plus graves que le sien et qui étaient déjà au bloc opératoire, que le déchaînement a eu lieu". À ce moment-là, ajoute le médecin, "lui et ses proches ont commencé à menacer le personnel médical et à saccager tout ce qui se trouvait sur leur chemin, à savoir des bureaux de consultation et la réception. Puis, et en toute impunité, ils ont défoncé la porte du bloc opératoire où il y avait les deux malades et ont exigé la prise en charge immédiate de leur proche, avant de se retirer". Notre interlocuteur a affirmé qu'ils ont contacté la police, mais celle-ci a mis une demi-heure pour arriver sur les lieux. "Sur le coup, mon collègue a appelé la police et a signalé l'agression. Nous avons déjà été victimes de ce genre d'incident, mais jamais aussi grave que celui-ci. Le personnel qui était présent a été terrorisé, les femmes sont toujours sous le choc. Nous ne voulons pas que cela se reproduise car nous ne sommes pas là pour nous faire agresser, mais pour soigner des malades. Nous demandons à la direction du CHU de renforcer la sécurité, notamment au service des urgences", explique-t-il, atterré. Selon la cellule de communication de la sûreté de wilaya de Constantine, "les 15 assaillants en question ont tous été identifiés. Ils habitent le quartier d'Ouinet El-Foul, situé à quelques encablures du centre-ville de Constantine. Ils font tous l'objet de recherches". Ines Boukhalfa