Le chercheur et membre de la société savante Géhimab, Djamel-Eddine Mechehed, a plusieurs cordes à son arc. Ce documentaliste de formation et codicologue est l'auteur de plusieurs travaux scientifiques sur l'histoire des manuscrits scientifiques du Maghreb, amazighs s'entend. Il vient de publier chez "Tira Editions" en collaboration avec le Haut-commissariat à l'amazighité (HCA), "Le calendrier agraire amazigh. Etude sur les manuscrits inédits". En effet, pour mener à bien cette recherche, qui a nécessité plusieurs années, il a eu à consulter et traduire de nombreuses sources dont des manuscrits inédits car dénichés dans des bibliothèques centenaires de Kabylie à l'instar de la collection de manuscrits "Lmuhub Ulahbib" dans la région d'Aït-Ouartilane et dont il est le gérant. Mais aussi auprès de certains écrits, récupérés ou consultés auprès des anciennes familles de Béjaïa. Il a expliqué dans la quatrième couverture de son ouvrage que le calendrier amazigh se limite, dans la mémoire collective, à quelques dictons et rites de Yennayer. Cependant, l'analyse des manuscrits, conservés aujourd'hui, dans la collection "Lmuhub Ulahbib" en Kabylie et dans d'autres collections, celle de l'Escurial en Espagne, les bibliothèques universitaires de Princeton, du Michigan et d'Harvard aux Etats-Unis d'Amérique, mais aussi à la bibliothèque nationale d'Algérie, de Rabat (Maroc), de France..., attestent de l'existence de ce calendrier amazigh savant, issu du calendrier, qui était en usage chez les agriculteurs amazighs depuis l'Antiquité. Pour l'anthropologue et directrice de recherche à l'EHESS Paris, Tassadit Yacine, "on ne peut que féliciter Djamel-Eddine Mechehed d'avoir effectué ces investigations dans ce champ et montré que les lettrés étaient en lien étroit avec les paysans et leurs préoccupations climatiques et alimentaires."