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Iftar sur Snapchat et WhatsApp
Scènes de vie ramadhanesques à Montréal
Publié dans Liberté le 14 - 05 - 2020

Au-delà de la chaleur humaine qui manque à l'ambiance ramadhanesque, le jeûne est vécu et célébré malgré tout dans la famille nucléaire.
Sadek, un tantinet fébrile, grille cigarette après cigarette. Les bouffées de fumée sont entrecoupées de gorgées de café amer, maintenant que le ventre est bien plein. "C'est un mois de carême sans saveur", tranche-t-il laconiquement, pressé d'avaler la dernière gorgée de café qui, pour tous les amateurs, a un goût particulier. Pour lui, le Ramadhan de cette année n'a plus la saveur d'antan. C'est qu'à cause de la crise sanitaire et du confinement imposé, le côté festif du Ramadhan est passé à la trappe.
Au Québec, la diaspora algérienne tente de s'adapter à la situation en faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Si les consignes sanitaires de distanciation sociale et de protection hygiénique sont scrupuleusement respectées dans le Grand Montréal, région la plus touchée par l'infection virale, nos compatriotes sont comme nostalgiques des habitudes ramadhanesques, faites de socialisation, de convivialité et de fièvre "acheteuse". Et au Canada, pays de surconsommation par excellence, marketing néolibéral oblige, on dépense sans compter.
C'est ainsi que d'aucuns sont atteints de fièvre acheteuse, le mois de carême venu. Les produits algériens sont particulièrement prisés en cette période d'abstinence. Couscous, flan, limonade Selecto, dattes Deglet Nour, etc. Autant dire que les consommateurs ont l'embarras du choix. Même les légumes frais y sont disponibles. En dépit du confinement qui a chamboulé leurs habitudes pourtant bien ancrées dans le vécu quotidien, les membres de la diaspora algérienne au Québec ne veulent pas déroger à la règle de consommer "local" même à 7 000 km du bled.
En revanche, la tradition de socialisation et de partage n'a plus cours par ici. Les familles ne peuvent plus s'inviter ou partager le repas ensemble. Elles recourent aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux pour partager l'iftar. Ce moment de rupture du jeûne est ainsi partagé en direct sur WhatsApp et Snapchat. "Nous sommes réduits à rompre le jeûne sur WhatsApp", indique Sadek, qui croit que la technologie impacte la spiritualité. "À l'heure du ftour, ma fille allume son smartphone pour discuter avec sa cousine et partager les clichés de la table bien garnie", raconte Mohamed, qui porte toujours son masque de protection sur lui.
La zlabia "plus chère" que le pétrole
Au-delà de la chaleur humaine qui manque à l'ambiance ramadhanesque, le jeûne est vécu et célébré malgré tout dans la famille nucléaire. Cela pousse nombre de familles à "magasiner" chaque jour. Les familles veulent consommer frais, alors tout est prétexte pour sortir faire les courses. Si le cash ne suffit pas, il y a la carte de crédit. Une tournée dans la rue Jean-Talon, dans les arrondissements Villeray, Saint-Michel, Parc-Extension et Saint-Léonard, à Montréal, où les commerces algériens et maghrébins sont concentrés, nous permet de prendre le pouls de la communauté algérienne par ces temps de jeûne.
Si la journée la rue est pratiquement déserte, en début de soirée, soit avant la rupture du jeûne, le quartier commence à s'animer. Des grappes de personnes, même si elles respectent les consignes de distanciation sociale, font la file devant les boucheries et les boulangeries pour faire leurs emplettes. Les produits qui tiennent la dragée haute sont incontestablement les gâteaux et autres sucreries, comme le qalb ellouz (cœur d'amande) et la zlabia. Beaucoup trouvent d'ailleurs la zlabia trop chère. Un internaute, qui a dénoncé cet état de fait, a trouvé que ce produit sucré est plus cher que le baril de pétrole américain. En revanche, les dimanches, pour cause de crise sanitaire, tout est fermé à Montréal, même les commerces essentiels. C'est ainsi que les rues sont désertées.
N'était la verdure printanière, l'on dirait que nous sommes à El-Menia. Certains commerces algériens recourent alors à une ouverture clandestine, avec la fameuse "arrière-boutique". Après la rupture du jeûne, on constate un regain d'animation dans les rues. Mais toujours avec cette précaution de protection. Les cafés qui sont ouverts le soir n'assurent que le service à emporter. Les palabres se tiennent à distance devant le café. On est donc loin des images bariolées des veillées ramadhanesques où les membres de la communauté s'attablent dans les cafés pour "tuer", dans une partie de domino, le fameux double-six, dans un brouhaha indescriptible.
En attendant des jours meilleurs, Montréal se confine à cause du coronavirus, elle qui est connue pour sa vie nocturne trépidante. "Ça va bien aller", tente-t-on de se convaincre avec philosophie…



Yahia Arkat


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