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L'épreuve de l'été
Tebboune ordonne des enquêtes sur de nombreux incidents
Publié dans Liberté le 03 - 08 - 2020

Il s'agit de déterminer les "causes" à l'origine de ces incidents dont la concomitance et la séquentialité prêtent à interrogation.
Voilà qui ne manquera pas sans doute de nourrir les spéculations en tout genre. Au lendemain de la fête de l'Aïd marquée essentiellement par des coupures d'eau causant des désagréments à de nombreux foyers, parallèlement à une série d'incendies qui ont ravagé de nombreuses forêts à travers plusieurs wilayas du pays, Abdelmadjid Tebboune a ordonné hier au Premier ministre l'ouverture d'une enquête pour faire la lumière sur ces incidents. "Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné aujourd'hui (hier, ndlr) au Premier ministre l'ouverture immédiate d'une enquête sur les causes des incidents survenus ces derniers jours et qui ont impacté la vie des citoyens et l'économie nationale", a indiqué un communiqué de la présidence de la République.
L'enquête vise à "déterminer les causes des incendies qui ont ravagé de vastes étendues de forêts, du manque de liquidités dans certaines banques et postes, de l'arrêt de la station de dessalement de Fouka et des coupures d'eau et d'électricité sans préavis dans des quartiers de la capitale et d'autres grandes villes durant les deux jours de l'Aïd el-Adha", précise le texte. A priori, il s'agit de déterminer les "causes" qui sont à l'origine de ces incidents dont la concomitance et la séquentialité prêtent à interrogation.
Et par conséquent, situer les failles et les responsabilités. À voir les réactions, particulièrement sur les réseaux sociaux, on comprend aisément que de nombreux Algériens étaient désabusés, notamment par la coupure d'eau, et dans certains quartiers, d'électricité durant les deux jours de l'Aïd. D'autant que la veille, le ministre des Ressources en eau avait rassuré sur la disponibilité du précieux liquide.
Mais ce que ne dit pas cependant le communiqué de la présidence de la République, qu'il suggère en filigrane, est l'existence d'une "entreprise de sabotage" dont le but évident est de contrarier la démarche présidentielle. Mais, s'il faut sans doute se garder des conclusions hâtives, il reste que depuis quelques semaines, la scène nationale est rythmée par une série d'incidents qui n'ont pas manqué de susciter des interrogations auprès de nombreux observateurs.
"Incidents" en série
À commencer, d'abord, par le refus de Samir Chaâbna, en juin dernier, de renoncer à sa nationalité française pour pouvoir occuper un poste ministériel. D'aucuns se sont en effet interrogés comment un homme dont on savait pertinemment qu'il disposait de la nationalité française a été désigné au sein de l'Exécutif. Les enquêtes d'habilitation qui président d'ordinaire à la désignation à de hautes responsabilités ont-elles été bâclées ? "M. Chaâbna a refusé de se conformer aux dispositions de l'article 17-01 définissant les hautes fonctions de l'Etat pour lesquelles la nationalité algérienne exclusive est exigible et de renoncer à sa nationalité étrangère.
Après son refus de se conformer à ces conditions et sur décision du président de la République, il a été procédé à l'annulation de sa désignation", avait simplement précisé le texte. Il y a ensuite la crise de liquidités au niveau des bureaux de poste et des banques. Alors que les responsables n'ont cessé de rassurer sur la disponibilité de l'argent, d'autant que le flux des citoyens était prévisible à la veille de l'Aïd, beaucoup d'Algériens étaient surpris de la raréfaction des liquidités et de ne pas pouvoir retirer en espèces leurs salaires, allocations et autres pensions de retraite.
À telle enseigne que de nombreuses files, en pleine pandémie, dont les images ont été relayées par les réseaux sociaux, se sont constituées aux abords des bureaux de poste, notamment. Visiblement pris de court, le gouvernement, sur instruction d'Abdelmadjid Tebboune, était contraint alors de prendre un certain nombre de mesures d'urgence pour palier un problème qu'on n'a pas "vu venir". Autre incident qu'Abdelmadjid Tebboune n'a pas manqué de dénoncer : les agressions qui ont ciblé de nombreux médecins et autres employés des établissements hospitaliers.
Lors du dernier Conseil des ministres, il avait révélé, en effet, que des "mains criminelles" étaient derrière les incidents qui ont émaillé certains établissements hospitaliers à travers le pays. Le président de la République a regretté que les investigations des différents services de sécurité aient abouti à démontrer que nombre d'actions qui ont touché des établissements du secteur de la santé ne visaient rien d'autre qu'à ternir la réputation du pays et montrer qu'il était inapte à gérer la crise sanitaire.
Il est aussi avéré qu'il s'agissait d'actions destinées à pousser le personnel médical au désespoir, à travers de telles actions qui sont allées jusqu'au sabotage. "Des mains criminelles se sont permis de vider et de voler des bouteilles et des citernes d'oxygène, et même de voler les corps de personnes décédées et de les exposer dans la rue, juste pour faire le buzz autour de ce qu'ils veulent démontrer comme l'incapacité de l'Algérie à faire face à la pandémie", avait dénoncé le communiqué du Conseil des ministres. Enfin, il y a la rocambolesque mise sous mandat de dépôt du journaliste Moncef Aït Kaci et de Ramdane Rahmouni quelques jours seulement après un entretien accordé par le chef de l'Etat à la chaîne de télévision France 24.
Il était, en effet, pour le moins curieux que quelques jours seulement après que Tebboune ait déclaré au journaliste de France 24 "qu'ils étaient les bienvenus à tout moment en Algérie", deux des employés de la chaîne soient trainés devant les tribunaux, suscitant une vague d'indignation en Algérie et à l'étranger. Un "incident" dont on pouvait bien se passer d'autant que les griefs retenus, liés à des faits remontant à 2019, contre les deux personnes poursuivies, n'avaient pas de caractère d'"urgence". Même si le phénomène est fréquent pendant l'été, la multiplication des incendies de forêt constatés ces derniers jours a fini également par susciter des interrogations.
"Mains" occultes
Dès lors, la question est de savoir à qui profitent ce qui semble être des "crises provoquées" ? En ordonnant une enquête, Abdelmadjid Tebboune semble suggérer qu'il est confronté à des forces occultes. Mais qui sont-elles ? Et pour quel objectif ? S'agit-il d'intensifier l'exaspération de la population déjà fortement éprouvée par l'épidémie de Covid-19 et par ricochet de torpiller ses projets dont la révision de la Constitution ? Autant de questions auxquelles, faute de transparence et compte tenu des mécanismes de fonctionnement du sérail, il n'est pas aisé de répondre même si de tradition algérienne, il est établi que l'été est la saison privilégiée pour les "manœuvres".
Une opacité renforcée par le "remue-ménage" dans le sérail, comme cette récupération par les services de sécurité de l'ancien secrétaire particulier du défunt Ahmed Gaïd Salah, qui était en fuite à l'étranger, et qu'on présente comme sa "boîte noire", eu égard aux nombreux dossiers en sa possession. En attendant, l'issue de l'enquête qui s'annonce laborieuse, les citoyens continuent à assister à un "spectacle" dont ils semblent peinés à comprendre ni les tenants ni les aboutissants.

Karim Kebir


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