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Plaidoyer pour la reconnaissance officielle de la darija
Publication d'un nouvel ouvrage du linguiste Abdou Elimam
Publié dans Liberté le 17 - 09 - 2020

"Après tamazight, la darija (le maghribi)" du professeur des universités à la Sorbonne et à Rouen, Abdou Elimam, appelle à la "reconnaissance de la daridja ou maghribi, comme langue nationale et officielle", car toutes les langues maternelles de la nation doivent avoir une "protection juridique".
L'ouvrage du Pr Abdou Elimam, "Après tamazight, la darija (le maghribi) !", paru en janvier aux éditions Frantz-Fanon, est d'une brûlante actualité. L'auteur, docteur d'Etat en linguistique, professeur des universités à la Sorbonne et à Rouen, ainsi que son préfacier, Abdeslam Ali Rachedi, ancien ministre de l'Enseignement supérieur, appellent de tous leurs vœux "pour la reconnaissance de la darija ou maghribi comme langue nationale et officielle".
C'était également une exigence du Mouvement culturel berbère (MCB) lors de son premier séminaire tenu à Yakouren en août 1980. Si pour le politique, à savoir Abdeslam Ali Rachedi, cette revendication est "parfaitement légitime", le Pr Abdou Elimam y apporte, quant à lui, sa caution, plus exactement sa garantie morale, à savoir des "travaux scientifiques incontestables." Dans son ouvrage référence sur la question, "Le maghribi, alias ‘ed-derija' : la langue consensuelle du Maghreb", publié en 2004 par Dar El Gharb, et réédité en 2015 pour le public algérien par les éditions Frantz-Fanon, Abdou Elimam a interrogé les fondements anthropologiques et historiques des langues natives locales, ed-derija ou maghribi et tamazight avec ses variantes, d'une part, et la langue arabe (classique), qui est "une sorte de langue franche", d'autre part.
Dans le présent ouvrage, un recueil de contributions sur la question, publié dans la presse écrite – l'auteur aurait dû indiquer les dates et les titres – ou ayant fait l'objet de communications à l'occasion de colloques scientifiques, le Pr Abdou Elimam a introduit son sujet en affirmant qu'il y a "trois mille ans se parlait, dans nos contrées, une langue qui s'appelle le punique."
Laquelle langue s'est développée et continue de se produire sous l'appellation contemporaine de "ed-darija". En effet, pour Abdou Elimam, la darija n'est que du punique, "qui a su emprunter à la langue franche qu'est l'arabe ce qui lui manquait." Avant de faire observer aux lecteurs que "ce phénomène est universel : que l'on songe à ce que serait le français sans les apports grec et latin (sans compter l'arabe)", a-t-il rappelé.
Si la darija ou maghribi n'ont pas leurs militants comme le berbère naguère avec le MCB, le hirak est venu à la rescousse de cette langue native, la langue maternelle avec son fameux slogan : "Yestnahaw gaa" (Ils doivent tous partir.) Dans son argumentaire, le Pr Abdou Elimam a indiqué qu'il serait équitable que la langue maternelle de la majorité de ce pays, en l'occurrence la darija, ou maghribi, voire "lissen al gharbi", comme le désignait l'auteur andalou du XIIe siècle Abu Abbas Al Azafi, "soit enfin reconnue et officialisée."
La démocratie linguistique exige, a affirmé le Pr Abdou Elimam, que toutes les langues maternelles de la nation aient "une reconnaissance et une protection juridiques." D'autant plus, poursuivra-t-il, que cette langue "gharbie" ou "maghribi" "nous provient d'un substrat punique incontestable." Il atteste que nos deux groupes linguistiques natifs (maghribi ou tamazight) ont en conséquence "des résonances millénaires." Et leurs survivances "témoignent d'une longévité que nul discours idéologique obscur ne saurait nier."
Autre thèse, vérifiée par le Pr Abdou Elimam, "l'ancêtre de la darija qui était porté et valorisé par la civilisation punique en Afrique du Nord s'écrivait (et se parlait) couramment par Massinissa, notamment." Quant à l'histoire, comme en écho aux propositions faites dans le cadre de la révision constitutionnelle en cours, le Pr Abdou Elimam écrit : "Elle contredit la vision d'un uniformisme linguistique en Afrique du Nord. Les traces des diverses langues (et surtout leurs survivances) témoignent d'une région multilingue."

M. OUYOUGOUTE


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