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Une grande Histoire à apaiser
le rapport au passé déchaîne les passions
Publié dans Liberté le 22 - 06 - 2021

Le débat sur la question de l'histoire et la mémoire nationales soulève régulièrement des passions et des controverses, rarement dans un climat de sérénité. Signe d'un rapport sacré qu'entretiennent les Algériens avec leur passé.
Une polémique, une de plus. En s'attaquant, avec des propos pour le moins excessifs et péremptoires, aux yeux des historiens, à trois figures consacrées du roman national, en l'occurrence Messali Hadj, l'Emir Abdelkader et le défunt président de la République, Houari Boumediène, Nordine Aït Hamouda a provoqué une violente polémique et enflammé la Toile. Hasardeuse ou calculée, sa sortie sur les plateaux d'une télévision a donné lieu à des échanges enflammés sur les réseaux sociaux où l'invective, les partis pris, l'approximation, parfois l'insulte le disputent au révisionnisme et aux prétentions de la vérité établie.
Entre contempteurs du personnage, ex-député et fils du célèbre héros, Amirouche Aït Hamouda, connu pour ses sorties fracassantes, et thuriféraires, sa sortie n'a pas laissé indifférent. Mais loin de faire consensus. Signe du désordre provoqué : le responsable de la chaîne convoqué par l'Arav, sa chaîne suspendue temporairement et l'agrément retiré pendant la période de suspension, tandis qu'une plainte a été déposée à son encontre par plusieurs citoyens dont des avocats. Mais au-delà des interrogations, somme toute légitimes, sur l'opportunité de cette sortie dans la conjoncture actuelle, le choix du média et les objectifs recherchés, Nordine Aït Hamouda a, malgré lui, invité, de façon brutale, au-devant de la scène, la perception que se font les Algériens du récit historique officiel.
Au regard des réactions souvent antinomiques enregistrées, il apparaît clair que, plusieurs décennies après l'indépendance, malgré une forme de sacralité dont il est entouré, le récit historique officiel est loin de faire l'unanimité. Car il faut se rendre à l'évidence : ce n'est pas la première fois que des polémiques, souvent violentes, éclatent autour des faits d'Histoire passés ou lointains. On se souvient des attaques de l'ex-président Ahmed Ben Bella, dès son retour en Algérie après l'ouverture démocratique, contre l'architecte de la Révolution, Abane Ramdane. Il y a quelques années, c'est l'ancien membre du HCE (Haut Comité d'Etat), Ali Kafi, qui a chargé au vitriol le même personnage.
Stigmatisé par Nordine Aït Hamouda, Messali Hadj n'a été réhabilité qu'après l'arrivée d'Abdelaziz Bouteflika au pouvoir en 1999. Auparavant, il était proscrit, comme l'est Ferhat Abbas ou Moufdi Zakaria, pour ne citer que ceux-là. Plus récemment encore, c'est la télévision officielle qui remet en cause le passé révolutionnaire de Lakhdar Bouregâa, un des fondateurs du FFS et figure respectée du Hirak.
Une suspicion qu'a tenté de distiller sournoisement Abdelkader Bengrina à propos du rôle de la Kabylie dans la Révolution. Et ces exemples sont loin d'être exhaustifs. Mais ils témoignent que le récit, tel qu'adopté par ceux qui ont pris le pouvoir dès l'indépendance et enseigné à l'école, ne fait plus école. "Le récit unanimiste, élitaire, nationaliste ne fonctionne plus. La réalité sociale, l'évolution culturelle, les aspirations des gens contredisent une histoire écrite non pour restituer le passé dans sa complexité et sa vérité, mais pour le mettre au service d'une ambition de pouvoir", explique Hosni Kitouni, chercheur en Histoire à l'université de Constantine.
Signe emblématique de cette quête des Algériens à se réapproprier leur histoire dans toute sa complexité et ses facettes, ces héros dont les portraits ont été déployés pendant le Hirak, alors qu'ils sont presque effacés des manuels scolaires. Il est vrai que les fragilités du pays et la sensibilité de la question rendent le chantier de l'ouverture du débat sur l'Histoire assez délicat. Mais nous ne pouvons en faire l'économie pour réconcilier les Algériens avec leur histoire et pour consolider les fondements d'une Nation qui se cherche encore. Faute de quoi, on laisse la porte ouverte aux effets pervers de la déculturation.
"Sous peine de subir la dictature des réseaux sociaux et leurs effets 'déculturants' dévastateurs, il est impératif que les historiens se ré-emparent de leur spécialité pour lui redonner ses lettres de noblesse. Tout le monde n'en sera que plus satisfait", souligne Kitouni. Mais encore faut-il que les conditions d'une vie démocratique, donc de libertés, seule et unique cadre à même d'appréhender toutes les questions qui fâchent et qui divisent soient réunies.

Karim K.


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