Encore une fois, la statue d'Ain-Fouara à Sétif a été la cible de dégradation de la part d'un individu originaire de Sidi-Aïch, employé à la voirie. Empêché par les citoyens, il a réussi à prendre la fuite avant qu'il ne soit arrêté et remis aux forces de police. Ce n'est pas la première fois que la stèle a été visée, elle a fait l'objet de dégradation, il y a exactement 10 mois, par un individu issu de la même mouvance que ce dernier. Les personnes de la même secte ont frappé très fort en 1997 et ce, en détruisant cette même stèle à l'explosif. Rénovée à deux reprises, elle continue toujours de «déranger» les milliers de militants issus de la même catégorie citée plus haut. Cette nouvelle tentative de destruction de la statue d'Aïn Fouara a suscité la colère de certains habitants de la ville de Sétif. Ces derniers demandent aux autorités locales de préserver ce patrimoine et de le protéger de ses «ennemis». Hier encore, l'individu a été identifié, il serait également un malade mental comme aurait été son prédécesseur. La thèse d'une personne qui avait des troubles psychiques n'a pas convaincu les personnes qui étaient sur place lors de la tentative de la destruction de cette stèle. Nos interlocuteurs ont raconté qu'il s'agit d'un individu vêtu d'un «kamis» et portait une barbe. «Il avait le même physique et presque la même tenue vestimentaire», ont-ils indiqués. Les personnes avec qui nous nous sommes entretenues ont indiqué que la personne qui a tenté de détruire la stèle n'avait pas l'air d'un malade mental. Nos interlocuteurs devait ajouter, je cite : «Est-ce que vous trouvez logique que l'individu qui a tenté de détruire Ain Fouara au mois d'avril dernier soit un malade mental est que celui d'avant-hier aussi serait un détraqué ?». Ces derniers rejettent cette hypothèse surtout lorsqu'ils avaient appris que l'individu travaillait dans les services de la voierie. «Nous n'avons pas compris pourquoi les malades mentaux s'en prennent uniquement à la stèle de Ain Fouara», ont déclaré nos interlocuteurs. Un malade mental agressif s'en prend même aux passants et ce n'est pas le cas, ont-ils fait savoir. A ce même sujet, certains citoyens ont indiqué que même si les individus qui avaient tenté de détruire Ain Fouara sont coupables, ils sont également des victimes. «Ces individus ont été endoctrinés et incités à accomplir leurs méfaits» ont-ils déclarés. Un responsable de la société civil nous a indiqué que pour rappel, l'émir de la mouvance Salafiste en Algérie a lancé un appel aux autorités du pays, leur demandant de détruire la fontaine d'Aïn-Fouara à Sétif. «Ce Monsieur qui s'est autoproclamé défenseur de l'islam en Algérie, a indiqué que les stèles ne devraient pas exister. «La Yajouz» dans un pays musulman. La stèle d'Aïn Fouara, ce monument historique et emblématique qui a été construite en 1898, semble déranger énormément certaines personnes qui ne rêvent que de faire revenir le pays aux années du moyen-âge. Ce symbole du pays a déjà était victime d'un attentat terroriste durant la tragédie nationale. Détruite à l'aide d'un engin explosif à l'aube du mois d'avril 1997, la stèle fut restaurée grâce aux élèves des Beaux-Arts. Cet état de fait n'a pas plu aux intégristes islamistes qui ont juré de la détruire de nouveau ainsi que l'ensemble des stèles et monuments se trouvant dans le pays. Les appels à la destruction d'Aïn Fouara ne datent pas d'aujourd'hui. Plusieurs dit «Chouyoukh» avaient appelés à la démolition de la fontaine d'Aïn Fouara. «La pression des mouvements qui font du commerce avec l'islam avaient contraint les autorités de la ville de Constantine de retirer la stèle d'Ibn-Badis. Encouragés par le retrait du monument d'Ibn Badis, ces mêmes fanatiques ont demandé la destruction de la stèle de Cheikh Bouamama. Aujourd'hui, c'est la fontaine d'Aïn Fouara qu'ils veulent détruire, que demanderont-ils demain encore ?», ont indiqué nos interlocuteurs. Il est a signaler que lors de la remise sur place de la statue d'Aïn El Fouara à Sétif, le ministre de la Culture M. Azzedine Mihoubi a répondu fermement à ceux qui avaient demandé la destruction des stèles dont une présidente d'un mouvement qui instrumentalise la religion à des fins politiques. «Les statues resteront à leurs places et ne seront jamais déplacées», a-t-il martelé. M. Mihoubi devait ajouter que la statue d'Aïn Fouara demeurera à sa place et ne sera jamais déplacée au musée ou ailleurs. En somme, mettre des policiers derrière chaque citoyen ou des brigades pour surveiller les stèles n'est pas et ne sera pas la solution. Il consiste donc à investir dans les mentalités des citoyens et de lutter contre l'intégrisme et le fondamentalisme, antichambre du terrorisme.