Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a présenté mardi devant le Conseil de la nation les principales orientations de la loi de finances 2026, affirmant qu'elle consacre l'engagement de l'Etat à financer l'économie nationale à travers de grands investissements structurants. Une vision qui s'inscrit dans une stratégie de diversification économique et d'amélioration de la performance financière du pays.Répondant aux préoccupations des membres du Conseil, lors d'une séance présidée par Azouz Nasri et en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, le ministre a expliqué que les mesures proposées visent à soutenir une croissance durable, améliorer les mécanismes de financement et poursuivre les réformes structurelles. Il a souligné l'importance d'une gestion plus efficiente des ressources publiques. M. Bouzred a indiqué que la dette publique, estimée à près de 17.000 milliards de dinars, a été orientée vers des investissements « à rendement économique ». Il a cité notamment les 2.500 milliards de dinars consacrés au renforcement du réseau électrique et aux stations de dessalement, des projets qui ont permis l'émergence d'initiatives agricoles et industrielles dans le Sud. Des mégaprojets, tels que le phosphate à l'Est ou le développement de Gara Djebilet avec ses infrastructures ferroviaires, connaissent également une avancée notable. Le ministre a rappelé que l'autosuffisance agricole demeure un objectif stratégique, soutenu par d'importants investissements dans les wilayas du Sud. Depuis 2020, d'autres secteurs prioritaires ont bénéficié d'un rattrapage, notamment l'éducation, longtemps en manque d'équipements. Sur le plan économique, M. Bouzred a mis en avant les performances des secteurs hors hydrocarbures, dont l'industrie qui a enregistré une croissance de 6 %, contre seulement 0,3 % pour les hydrocarbures. Selon lui, ces résultats confirment l'ancrage de l'économie nationale dans une dynamique réelle de diversification. Concernant les dépenses imprévues, il a qualifié cette mesure de « mécanisme important » permettant d'éviter le recours à une loi de finances complémentaire en cas d'urgence. Abordant la possibilité pour l'Etat de prélever une part des bénéfices des entreprises publiques, il a précisé que cette disposition ne concerne que les EPE bénéficiaires, conformément au Code de commerce. Le ministre a également expliqué que les ressources du Fonds de régulation des recettes ont servi à couvrir les dépenses de l'Etat et à réduire la dette publique. Sur le volet numérique, il a assuré que des avancées significatives ont été réalisées dans les Domaines, les impôts et les Douanes. Le livret foncier électronique sera lancé en 2026, tandis que le nouveau système de gestion fiscale couvrira 2,6 millions d'opérateurs avant la fin de l'année. Un système informatique dédié au Trésor et à la gestion budgétaire est en cours de finalisation, visant une numérisation complète des opérations financières. Par ailleurs, le cadre juridique du commerce de troc dans le Sud fait l'objet d'une révision, tout comme une loi sur les marchés publics spécifiques à ces régions, destinée à accélérer la réalisation des projets. Le texte de loi de finances 2026 sera soumis au vote, aujourd'hui, en séance plénière.