Plus de 6.000 personnes ont fui la province de Raqqa pour se rendre à Alep et Al-Hasakeh, et près de 4.400 personnes se trouvaient dans des abris collectifs à Qamishli. Le décompte effectué, dimanche 18 janvier, note également qu'environ 7000 autres étaient toujours en transit. Le gouvernement syrien a annoncé, mardi soir, un cessez-le-feu de quatre jours avec les Kurdes dans le nord du pays, après l'annonce d'une entente sur le sort de leur bastion de Hassaké. Cette annonce est survenue alors que l'armée a pris le contrôle des provinces de Rakka et Deir ez-Zor (Nord et Nord-Est) lundi, à la suite du retrait des forces kurdes sous la pression militaire. Les familles nouvellement déplacées arrivent dans des conditions hivernales difficiles et sont confrontées à une grave pénurie d'abris, de nourriture, de produits non alimentaires et de combustible pour le chauffage. A la suite d'une escalade de la violence entre forces gouvernementales et forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, des habitants de Raqqa et de Tabqa ont fui en nombre vers d'autres villes du pays, ont alerté mardi des agences des Nations unies. La minorité kurde avait instauré une zone autonome dans le Nord et le Nord-Est au cours de la guerre civile (2011-2024). « Ces mouvements auraient été motivés par l'inquiétude et l'incertitude plutôt que par une exposition directe aux hostilités », a précisé l'agence basée à Genève, relevant que « des mouvements de population ont été signalés, accompagnés de restrictions de circulation et de couvre-feux dans plusieurs zones ». L'ONU suit avec une grande préoccupation la poursuite des violences dans le nord-est de la Syrie, a déclaré son porte-parole adjoint, Farhan Haq, lors d'un point de presse. Le chef de l'ONU « appelle fermement au plein respect du droit international et à la protection des civils. Il souligne également l'importance de sécuriser les centres de détention », a-t-il ajouté. « Le Secrétaire général exhorte les parties à poursuivre le dialogue, à agir de bonne foi et à collaborer pour assurer la mise en œuvre de tous les accords ». Le sort incertain des djihadistes étrangers préoccupe la communauté internationale. Les forces kurdes ont en effet annoncé mardi avoir été « contraintes de se retirer » du camp d'al-Hol dans la province de Hassaké, qui abrite des familles de djihadistes de Daech. Dans ce contexte tendu, les agences onusiennes soulignent que la dégradation des conditions humanitaires s'inscrit dans une dynamique sécuritaire plus large, marquée par l'extension des zones d'instabilité. Depuis l'annonce d'un cessez-le-feu le 11 janvier à Alep, l'insécurité s'est propagée au-delà de la ville vers l'est rural. Elle s'est également étendue aux gouvernorats d'Ar-Raqqa, de Deir-ez-Zor et au sud d'Al-Hasakeh. Cette évolution rapide s'accompagne d'un manque de clarté de l'environnement opérationnel. Ces développements ont accru les risques pour les civils, perturbé les infrastructures essentielles et entravé l'acheminement de l'aide humanitaire. Cette dégradation s'est traduite par des violences et des perturbations des services publics, avec des affrontements signalés le 17 janvier 2026 à Deir ez-Zor, le long de l'Euphrate. Le nord de la Syrie coupé du monde Le 18 janvier, un accord de cessez-le-feu a été annoncé, décrivant des changements administratifs et institutionnels à Raqqa, Deir-ez-Zor et Al-Hasakeh, dont le transfert de la gouvernance locale et de la gestion des services au gouvernement syrien. Les services publics de Deir ez-Zor ont été suspendus, notamment les écoles, les universités et les administrations, entraînant le report des examens. Selon une agence onusienne, un nombre limité de familles ont été temporairement déplacées des zones de première ligne du quartier de Hawiqa par mesure de précaution, avant de retourner dans leurs lieux d'origine une fois la situation stabilisée. Dans le même temps, des efforts de stabilisation politique et administrative ont été engagés afin d'enrayer l'escalade des tensions. Sur le terrain, toutefois, ces annonces n'ont pas empêché de lourdes perturbations dans la vie quotidienne. À Deir ez-Zor, les services publics et les principales voies de transport ont été suspendus, tandis qu'à Raqqa, les dommages aux infrastructures ont réduit l'accès entre les quartiers et perturbé l'approvisionnement en eau. L'ONU mobilise ses agents La mobilisation se heurte à des contraintes sécuritaires et logistiques persistantes. Les opérations se déroulent dans un environnement imprévisible, marqué par des restrictions de mouvement, des couvre-feux et une insécurité localisée, qui affectent le rythme de l'acheminement de l'aide. Face à la situation, les acteurs humanitaires tentent de maintenir l'aide aux populations affectées. L'ONU et ses partenaires continuent de fournir une assistance à la suite des récents affrontements dans les gouvernorats d'Alep, de Raqqa, de Deir-ez-Zor et d'Al Hassakeh. Par ailleurs, l'accès aux routes principales demeure limité, notamment via Ithrya et Zakia. À Deir ez-Zor, si le pont sur l'Euphrate est intact, les déplacements restent partiellement suspendus, malgré la réouverture du pont de Hatlah à des fins humanitaires. Dans ce contexte de circulation contrainte, l'action humanitaire s'adapte aux possibilités d'accès, tout en appelant à un accès sûr et durable afin d'intensifier l'aide. La population kurde de Syrie est en danger de mort et d'extermination ethnique.