Le chahid Ahmed Imerzouken (1932-1958), de son nom de guerre « Si Ahmed El Djadarmi », natif de la wilaya de Tizi-Ouzou, est un exemple en commandement et en planification militaire, a souligné jeudi l'universitaire Youcef Sahel. Lors d'une conférence sur le parcours du chahid, organisée au musée régional du Moudjahid à Tizi-Ouzou, le président du conseil scientifique de cet établissement et enseignant à l'université Mouloud-Mammeri, Youcef Sahel, a indiqué que le parcours de «Si Ahmed El Djadarmi », natif du village Tassadort (Betrouna, Tizi-Ouzou), avait révélé son leadership, sa perspicacité et ses hautes capacités en matière de planification militaire. Les responsables de la Wilaya I historique, où il avait rejoint la Révolution en 1957, avaient vite remarqué ses faits d'armes et ses compétences militaires. Des qualités qui lui ont valu sa désignation à la tête de la katiba 3/région 1/zone 1, a-t-il dit. « Doté d'une envergure de commandement naturelle, il possédait cette capacité d'inspirer ses hommes et de les guider, en s'appuyant sur l'exemplarité, l'intelligence et une vision claire, plutôt que sur la seule autorité hiérarchique », a-t-il expliqué. En moins d'une année passée au sein de l'Armée de libération nationale (ALN), dans la Wilaya I historique, il avait multiplié les opérations militaires. Entre actes de sabotage contre les intérêts militaires et économiques du colonisateur français, accrochages et batailles, il ne laissait aucun répit à l'armée coloniale, « terrorisant » littéralement l'ennemi, a souligné M. Sahel. « Le relief accidenté et escarpé de la Wilaya I, une région montagneuse, et la nuit, étaient mis à profit pour acculer l'ennemi. Grâce à sa connaissance du terrain, il choisissait des positions stratégiques permettant aux moudjahidine de rester invisibles face à l'aviation, aux blindés et à l'artillerie de l'armée coloniale », a observé le conférencier. « Sa priorité était d'éviter les zones exposées aux bombardements, garantissant ainsi la sécurité de ses hommes tout en maximisant l'impact de leurs assauts », a-t-il ajouté. Les faits d'armes témoignent de ses qualités, selon M. Sahel, qui a cité, entre autres exemples, l'introduction d'un groupe de moudjahidine dans la brigade de gendarmerie de Seriana (anciennement Pasteur, wilaya de Batna). C'était dans la nuit du 4 au 5 avril 1957, et suite à une opération de qualité, planifiée et réalisée en coordination avec le commandement de la Révolution dans la région des Aurès, Ahmed Imerzouken, qui était sous-officier du 411e régiment d'artillerie de l'armée française, avait « déserté » son poste. Une fois au maquis, « Si Ahmed El Djadarmi » fit preuve d'une grande maîtrise des techniques de guerre. Il multiplia les actions contre l'armée coloniale, la harcelant continuellement lors d'opérations glorieuses, jusqu'à sa mort au champ d'honneur lors de la bataille de Foughala, le 23 février 1958. Lors de cette bataille, 170 moudjahidine ont fait face avec bravoure et détermination à pas moins de 2 500 soldats, officiers et responsables militaires français.