Durant l'année en cours, de nouveaux mécanismes seront mis en place pour l'exécution et le suivi des investissements publics, a annoncé le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, ce mardi, dans sa réponse aux questions et préoccupations des députés concernant le projet de loi de règlement budgétaire de l'exercice 2023, lors d'une séance plénière, présidée par le vice-président de l'Assemblée populaire nationale (APN), Mohamed Ouakli, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Mme Nadjiba Djilali.Il s'agit d'éloigner l'administration de l'exécution des projets publics. Le ministre a rappelé, dans ce cadre, la création, il y a deux ans, d'un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme, de la Ville et de l'Aménagement du territoire, chargé de la réalisation des investissements publics. Autre réforme importante, en cours de concrétisation, elle touchera la Caisse de garantie des marchés publics (CGMP), afin de permettre aux opérateurs de bénéficier de mécanismes de financement, leur assurant le couvrement de leurs créances dans les meilleurs délais, comme c'est le cas au niveau international, tout en réduisant les procédures bureaucratiques. Dans ce sillage, le ministre a souligné que le Décret exécutif relatif aux marchés publics, qui sera prochainement soumis au Gouvernement, consacrera davantage de souplesse et de flexibilité dans l'organisation des marchés publics, notamment au niveau des wilayas du Sud, en tenant compte des spécificités de chaque secteur. Concernant les créances des opérateurs contractant avec l'Etat, le ministre a annoncé l'épuration de l'ensemble des arriérés enregistrés au titre de l'exercice 2025, grâce à la mobilisation «d'enveloppes financières substantielles». L'exécution budgétaire de l'exercice 2023 a fait l'objet de questions des députés. A ce propos, Abdelkrim Bouzred a précisé que le taux global d'exécution des dépenses a atteint 72 %. Ce niveau, souligne-t-il, s'explique principalement par le faible taux d'exécution des dépenses d'investissement, qui n'a pas dépassé 33 %, l'année 2023 ayant constitué la première année de mise en œuvre de «la budgétisation par programmes», nécessitant la publication de circulaires et d'instructions successives afin de clarifier les procédures, dans un contexte marqué, depuis 2020, par une dynamique d'investissement soutenue, conjuguée à l'entrée en vigueur du nouveau système de gestion budgétaire, dans le cadre de la nouvelle loi organique, durant la même année. Cette évolution a requis un délai d'adaptation de l'administration, auquel s'est ajouté un niveau de maturité insuffisant de certains projets et études techniques, a-t-il dit. Le ministre s'est félicité du fait que la loi de règlement 2023 «ait, pour la première fois, présenté des chiffres d'exécution budgétaire fiables, moins de deux (2) mois après la clôture de l'exercice», ajoutant qu'il «est désormais possible de disposer de données précises sur l'exécution budgétaire dans des délais rapprochés, grâce au processus de numérisation». La numérisation de l'administration fiscale a ainsi permis le transfert de la base de données de 3,4 millions de contribuables, d'Algérie Télécom vers le ministère des Finances. Cette opération, qui devrait s'achever «dans un délai d'un mois», contribuera à la simplification des procédures fiscales, tant au profit des citoyens que des entreprises, a-t-il conclu. Pour rappel, la veille, lundi, Abdelkrim Bouzred, a présenté devant les députés le projet de loi de règlement budgétaire de l'exercice 2023 qui contient les résultats de la mise en œuvre de la loi de Finances. Il montre que le montant des recettes réalisées en 2023 a dépassé 9.017 milliards de dinars, soit une hausse de plus de 24% par rapport aux recettes réalisées en 2022. Dans sa présentation, le ministre a indiqué que le projet de loi de règlement budgétaire vise essentiellement à refléter fidèlement les recettes et les dépenses effectives de l'Etat, selon les données enregistrées au cours de l'exercice 2023. Il a également précisé que le projet de loi «est accompagné d'un rapport ministériel détaillé, établi conformément aux normes de contrôle financier en vigueur, garantissant ainsi la crédibilité et la transparence de la présentation des données et permettant aux députés d'exercer leur rôle de contrôle sur des bases précises et fiables».