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CHLEF : En voiture ! Le train va partir
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 19 - 04 - 2015

La venue du train avec sa voie ferrée et ses stations dans la plaine du Chélif est sûrement l'attraction vivante la plus étonnante de l'époque de la modernité qui a été introduite dans le pays au siècle passé.
Evoquer la gare d'El-Asnam, c'est parler de la mutation de la ville d'Orléansville et des autres lieux de ce grand département connu sous le numéro minéralogique le 9H. C'est vers l'année 1870 que le désenclavement de la région s'est fait avec l'ouverture et la concrétisation de la ligne de chemin de fer et de son train à vapeur à Orléansville. Le passage du rail à Orléansville, à cette époque, était le premier pas du pays dans l'histoire de la modernité de la région de la plaine du Cheliff et le commencement du rapprochement entre les contrées lointaines des autres régions du pays qui étaient isolées et fermées au monde. Avec la ligne Alger-Oran qui traversait le département d'Orléansville d'Est en Ouest, le train était une providence et une sensation avec ses bienfaits pour la population et pour le transport des marchandises. Avec l'arrivée du progrès ferroviaire dans le nouveau moyen de locomotion, c'en était fini avec le calvaire du transport précaire en diligence ou avec les chevaux pour les voyageurs. L'arrivée de la locomotive, ici à El-Asnam, a approximativement plus d'un siècle et demi.
Le convoi du train à vapeur et ses wagons était sûrement une grande attraction pour les autochtones qui étaient éblouis de découvrir pour la première fois cette machine à vapeur qui roulait sur des rails au milieu des reliefs et des paysages. Aussi, pour permettre à la «machina» de circuler ici et partout en Algérie et de conquérir les lieux les plus reculés pour implanter définitivement sa voie ferrée, que d'ouvrages d'arts, ponts, tunnels et gares ont étés bâtis tout le long de la ligne pour son passage et son arrêt dans les villes et les villages.
En 1923, la ligne Orléansville-Ténès était inaugurée et desservait les gares de Warnier Heumis, Montenotte et le vieux Ténès sur son trajet, mais pour quelque temps seulement à cause des grandes inondations et de la crue de l'oued Wahrân de 1927 qui a dégradé son parcours. Depuis ce temps-là, le train s'est beaucoup transformé et a évolué dans sa conception. La vieille machine à vapeur est vite oubliée et rapidement remplacée par de nouvelles mécaniques à combustion, remplaçant ainsi les tortillards du passé.
L'inox est là ! De nouvelles gares plus modernes sont construites après le terrible tremblement de terre qui avait détruit une grande partie du patrimoine ferroviaire pour faire place à un meilleur service de train dans le confort et le transport du voyageur. Avec le rapide, c'était l'ère du renouveau du transport par le CFA dans le pays. Deux lignes de chemin de fer étaient ouvertes à cette époque ici à Orléansville, la ligne Alger-Orléansville-Oran et Orléansville-Ténès. Deux gares existaient également à cette époque à la même adresse et desservaient les destinations citées plus haut.
Et que de chemin fait à ce jour depuis le temps de la mise en circulation de cette merveille du transport collectif. Et que de voix ont chanté et loué le train, (ch'mine difir ghourbel et j'entends siffler le train…), ont bercé nos voyages dans le rêve du rail. Le train est toujours vivace. Il fait notre bonheur et nos voyages. Certes, il a changé d'époque ! Il a rajeuni ! Et il est plus rapide, et il siffle toujours pour nous avertir de sa rentrée en gare. Tout cela c'était hier. L'époque du labeur, du sérieux et de l'intransigeance dans le travail.
DANS LE PRESENT ET PAS PLUS QUE CE SAMEDI PASSE DE CETTE ERE…
L'autorail ou l'héritier de la belle locomotive était là aussi, mais à l'arrêt dans la gare de Chlef; il ne voulait pas partir faire son train-train habituel à cinq heures trente (5h30) en direction d'Alger. L'autorail était bien là sur ses rails avec le moteur arrêté et les portes verrouillées. Les voyageurs aussi étaient là nombreux, des femmes, des enfants et des jeunes supporters de l'ASO qui chantonnaient à la gloire de leur équipe sur les quais de la gare et qui se rendaient joyeusement à Alger pour supporter leur équipe locale. Mais les portes du train sont restées closes et pas d'embarquement même avec nos billets à la main. Six heures trente passées, on était toujours dans l'attente, pleins d'anxiété, pour prendre notre train mais «walou», pas de sifflet de départ. C'était étonnant; il y avait un grand mouvement du côté des bureaux de la gare et les cheminots et les services de sécurité n'arrêtaient pas de sillonner les quais, se murmuraient entre eux des paroles et jetaient des coups d'œil furtifs du côté des supporters sans apporter de l'eau à notre moulin. Aucune explication ni considération pour des voyageurs qui s'impatientaient et qui pourtant avaient payé leurs billets sans pouvoir prendre le train pour regagner leur destination finale. Il paraît que la raison était la peur de cette poignée de supporters qui étaient peu nombreux et qui chahutaient sans la moindre méchanceté et qui a fait craindre aux cheminots, sur de simples préjugés, des incidents de leur part dans le train, selon les voyageurs « sages ».
La SNTF est un service public de la république qui doit assurer des prestations de transport de la population. Il a fauté en annulant le départ du train programmé sur la ligne de départ, ce jour de week-end. Après tout, la société a ses propres moyens de sécurité pour faire face à toutes les éventualités dans le train.
On était perdu sur les quais de la gare. Le transport public a été annulé sur un coup de tête de la part des responsables qui ne sont pas conscients de la gravité de leurs actes en prenant des décisions contre-productives pour l'entreprise. Annuler un train de quel droit ? Parce qu'il y avait des supporters qui se rendaient à Alger pour un match phare de la Coupe d'Algérie ? On fait de la sélection parmi les voyageurs maintenant ? On ne pénalise pas des voyageurs gratuitement sans raison valable. Ils y avait des malades qui se rendaient à des rendez-vous médicaux, des gens qui se rendaient à leur travail ou pour des affaires. Ces messieurs n'ont pas tenu compte de tout ce beau monde. On nous a invités tout simplement à nous faire rembourser nos billets au guichet pour un moins que rien. Aussi, on a pris notre mal et nos bagages en mains et nous sommes retournés chez nous gentiment nous recoucher sur de simples présomptions infondées par ceux qui ne voulaient pas travailler...


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