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L'incivisme politique
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 18 - 10 - 2018

se traduit par une inflation d'informations brutales, émises parfois sans que l'on sache l'émetteur réel, les tenants et les aboutissants.
Dès lors, la société est dans l'expectative, devenant le spectateur d'un théâtre d'ombre qui envahit de façon lassante et angoissée notre vie quotidienne. Le débat libre et critique qui pose les véritables problèmes de la société et du politique dans une enceinte parlementaire digne de ce nom, est profondément occulté, donnant à observer une « émeute » des députés de la majorité aux « ordres » de leurs parrains, dans le but de tenter d'exclure le président de l'Assemblée Nationale, qui, lui-même, imposé de facto, attend l'ordre de l'autorité centrale pour démissionner.
Les royaumes de l'informel
Avouons notre perplexité devant des situations burlesques, transformant les institutions « élues », en un combat de coqs, devenant la risée des autres nations. Le pouvoir semble se construire dans un « non lieu » pour reprendre l'expression de l'anthropologue Marc Augé (2013), c'est-à-dire, un espace social et politique mythique, qui ne laisse rien entrevoir des interactions sociales entre les différents acteurs politiques dominants.
La prégnance des royaumes de l'informel au cœur du politique (Mebtoul, 2018), représente une forme sociale de déconstruction violente de l'Etat de droit, nous interdisant de déchiffrer profondément leurs véritables intentionnalités. Le mode de fonctionnement réel des institutions sociales, économiques ou politiques, montre bien que la frontière entre le formel et l'informel est poreuse et insignifiante. La bureaucratie difforme et non rationnelle, permet, en toute quiétude aux personnes privilégiées de « passer au travers », en dépit des normes officielles édictées par les différents pouvoirs.
Les conséquences de cette fermeture et opacité politique, ont un impact important sur le fonctionnement des institutions économiques, sociales et politiques. Elles sont en effet contraintes de changer constamment de cap, sans que l'on sache les raisons, sauf à se limiter aux devinettes ou aux supputations. Comment expliquer ces soubresauts énigmatiques, incohérents et précipités, orphelins de toute politique publique : on est passé des licences d'importation, aux restrictions des importations, pour enfin libérer les importations, mettant aujourd'hui l'accent sur la taxation de certains produits, en l'espace de trois années ? « La gratuité » des soins est plus de l'ordre de la nostalgie idéologique, devenant un discours creux en contradiction avec la réalité quotidienne dominée par une marchandisation effrénée de la santé, sans oublier l'éducation qui a un coût de plus de plus important supporté par les familles.
Tous ces éléments profondément contradictoires, instables, et fragiles mobilisant davantage les humeurs de tel ou tel responsable, montrent clairement l'absence de toute perspective claire pour le devenir de la société. Son fonctionnement est profondément marqué par les multiples incertitudes politiques. Elle reste plongée dans le brouillard, tout en recevant les coups de boutoir des responsables qui ne cessent de l'infantiliser, pour lui demander de travailler et de se taire, en invoquant de façon paresseuse, « l'anarchie » dans ses rangs, allusion aux formes de contestations sociales, lui refusant obstinément tout accès à des contrepouvoirs.
La déroute du politique
Force est de reconnaitre que la médiocrité est institutionnalisée, normalisée, enracinée dans les pratiques sociales des acteurs politiques. La déroute du politique est au fondement de la crise profonde traversée par le système sociopolitique. Celui-ci s'obstine à l'aveuglement, au déni du réel, au refus de reconnaitre la citoyenneté aux personnes, en leur permettant de participer à la formation de la décision politique (Balibar, 2011) et à l'appropriation active de l'espace public. L'éthos politique dominant fonctionne au statu quo, qui est une modalité unilatérale et autoritaire des différents pouvoirs pour se reproduire à l'identique. Tout semble fait pour que rien ne bouge au sein des institutions extérieures à la société, fonctionnant par le haut et sur injonctions politico-administratives. L'effet pervers de cette extériorité institutionnelle est nécessairement le repli sur soi, la défiance, le conformisme, l'indocilité (Mbembe, 1998) et le peu de crédit accordé aux règles par une majorité de la population.
Celles-ci deviennent résiduelles dans un espace politique qui a toujours privilégié les relations personnalisées dans la production des statuts des différents acteurs politiques qui « fuient » la société pour s'enfermer dans leur tour d'ivoire. L'illustration la plus actuelle est celle du responsable politique, chef d'un parti prestigieux, le FLN, détenteur d'une longue histoire, le conduisant à affirmer publiquement que parler aux gens ordinaires dans la rue, ne doit pas se faire, pour un acteur de haut rang politique.
Comment peut-on interpréter de tels propos dénués de tout sens civique, à la limite du mépris à l'égard des acteurs de la société ? L'incivisme politique consiste précisément à prendre distance avec les gens de peu, les étiquetant faussement comme des « enfants », donc comme des non-citoyens, privilégiant une logique patriarcale (« J'ai toujours raison »). La citoyenneté devient dès lors un « titre vide » selon l'expression de Frantz Fanon (Lazali, 2015) dans un système sociopolitique qui efface toute la subjectivité des personnes socialement non-reconnues. Ce détournement du sens politique interdit toute considération, de l'Individu devenu une « abstraction » dans une société interdite de réinventer ses autonomies plurielles, diversifiées et respectueuses de l'Autre, de déployer ses libertés publiques, et enfin de se réapproprier sa citoyenneté indissociable d'un Etat moderne.
Références bibliographiques
Augé M., 2013, L'anthropologie et le monde global, Paris, Armand Collin.
Balibar E., 2011, Citoyen sujet et autres essais d'anthropologie politique, Paris, PUF.
Lazali K., 2015, La parole oubliée, Paris, Editions Eres.
Mbembe A. (1998), Afriques indociles, christianisme, pouvoir et Etat en société post-coloniale, Paris, Karthala.
Mebtoul M., 2018, ALGERIE : La citoyenneté impossible ? Alger, Koukou.


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