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Les bonnes âmes de la transition
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 03 - 09 - 2019

L'argumentaire défendu dans : «Pourquoi une constituante plutôt qu'une présidentielle?» publié par ‘Maghreb Emergent' du 29/08/2019 est assez caricatural de la position défendue par certains compatriotes. Son côté «docte» se prêtera facilement à notre exercice d'extraction de sa substantifique moelle.
Une fois avoir rendu un bref hommage au Hirak («les Algériennes et les Algériens marchent pacifiquement et avec constance pour un changement radical de régime»), les auteurs mettent en scène ce qui, à leurs yeux, sont les véritables protagonistes des solutions politiques salvatrices. D'un côté, il y a «cet ensemble d'associations, de syndicats et de partis politiques» qui «assume une rupture claire avec le régime». De l'autre, il y a «une tendance composée de groupes et de personnalités» qui «s'affiche en faveur des revendications populaires», mais qui «a du mal à s'émanciper du cadre conceptuel dessiné par le régime et de l'idée de la cooptation par l'armée».
Nos auteurs jettent, ainsi, la lumière sur les véritables actants des événements en cours:
- 1. Le Hirak (force anonyme mais déterminante) caractérisé par «la détermination, la force et la clarté» de ses revendications. Ajoutons, pour notre part, que ces dernières se résument à : «Yroho ga3 !» ; c.-à-d. «de congédier tous ces voleurs de biens et de libertés».
- 2. Les «transitionnistes». Il s'agit de «cet ensemble d'associations, de syndicats et de partis politiques» qui veut une «rupture avec le régime». Ils voient le Hirak comme une opportunité «historique» qui s'offre à eux pour, grâce à son appui, se substituer au régime honni par le peuple ; moyennant la prise de contrôle d'une transition politique «indépendante du régime».
- 3. Les légitimistes. Il y a, enfin, cet ensemble constitué de «groupes et de personnalités» qui assume les revendications populaires mais reste prisonnier, à la fois, des manœuvres du régime agonisant et du contrôle de l'ANP.
Mais, selon nos auteurs, les véritables enjeux d'avenir opposent, de fait, les ensembles 2 et 3. En somme, si le Hirak est utile pour occuper les rues, les vendredis, il est peu qualifié pour prendre en charge son avenir… comme toujours ! Soudainement, ils sont convaincus qu'une «constituante» serait la solution idéale mais où étaient-ils ces quarante dernières années, lorsque feu Aït Ahmed en avait fait sa revendication cardinale? Soit. On peut toujours évoluer. Cependant la revendication d'une constituante, à l'instar de ce qui s'est passé chez nos voisins tunisiens, par exemple, ne nous dispense pas d'un mandat électoral légitimant notre action. Fût-elle de légiférer une nouvelle constitution. Nos transitionnistes ne veulent pas passer par cette légitimité du corps électoral.
Observons de plus près leur schéma : primo, «il faut d'abord sortir du cadre politique et juridique de ce régime» ; secundo, «se donner le temps de créer les conditions de la libre expression du peuple et de l'élection d'une Assemblée constituante» ; tertio, «adopter une nouvelle Constitution démocratique-» ; quarto, «puis organiser des élections pour élire les institutions que prévoira cette nouvelle loi fondamentale». Il est bien clair que dans ce schéma, précisent-ils, la première phase «comporterait exclusivement des institutions de transition non élues». La seconde phase, quant à elle, permettrait d'y adjoindre « une Assemblée constituante» - élue, à priori (le texte ne le précise pas, en tout cas).
En résumé : en rupture avec la constitution actuelle, se mettraient en place sans élections les institutions de la transition. Par conséquent, durant une période indéterminée, les institutions de substitution s'attribuent la gestion du pays (sur les plans législatifs, sociaux, économiques, culturels, diplomatiques, militaires (?), etc.). Ce n'est que dans une seconde phase (combien de temps après ?) que l'Assemblée constituante viendrait «s'ajouter» aux institutions en place. En clair, nos auteurs suggèrent qu'en substitution à notre présente constitution, la transition «indépendante» devra reposer «sur un texte de valeur constitutionnelle organisant provisoirement les pouvoirs publics qui assumeront les compétences étatiques : une « petite Constitution » provisoire, une « plate-forme constitutionnelle », dont des esquisses existent déjà.».
Le Hirak n'a donc pas à s'en faire : non seulement il y a des âmes charitables qui proposent de se sacrifier pour le contrôle du «magot-Algérie», mais de plus, leurs textes «constitutionnels» sont déjà prêts. Pourquoi s'en faire ?
La question du temps trouvera ses solutions, certes, mais le plus important, pour cette perspective transitionniste, c'est de veiller à inscrire quelques garde-fous et les protéger de toute remise en cause par la suite. Au nom de la démocratie («garantir la protection des droits de l'Homme et des libertés fondamentales»), bien entendu. Ainsi, il est d'ores et déjà prévu «qu'une clause de non-régression constitutionnelle devra lier l'Assemblée constituante». Qu'est-ce à dire ? Que la Constituante aura un mandat bien limité et ne devra pas remettre en question les points jugés acceptables de l'ancienne constitution. C'est ainsi qu'il faudra veiller à « maintenir l'égalité de statut constitutionnel de l'arabe et de tamazight», par exemple. Et la darija ? N'est-elle pas algérienne, ne constitue-t-elle pas un trésor culturel hérité de plusieurs millénaires ? L'arabe étatique n'est pas la darija et vice-versa. Tous les Algériens le savent. Pas nos auteurs ? Comment prétendre protéger les droits de l'Homme tout en s'asseyant sur un principe basique de démocratie linguistique : protéger toutes les langues maternelles !
Au nom de «ruptures» illusoires, une telle vision veut installer un clan à la place de celui qui est en voie d'évacuation définitive. Une réelle O.P.A. sur l'Algérie est donc annoncée en toute clarté. Il me semble que le véritable enjeu de la crise que traverse ce pays, c'est le lien objectif qui unit le commandement de l'ANP et le Hirak profond. En effet, la lame de fond de cette révolution démocratique et nationale a su s'adjoindre le relais militaire pour mettre (enfin) un terme au saccage inouï d'un clan fait de voleurs, de traîtres et d'aventuriers. Les procès en cours en témoignent chaque jour et les amitiés politiques de ces brigands ne se limitent pas aux partis de l'«Alliance présidentielle» pro-Bouteflika ; c'est le moins que l'on puisse dire. Et ce rapprochement Hirak-ANP gêne bien des intérêts politico-financiers. Ah s'ils pouvaient, profitant de la naïveté généreuse du Hirak, faire main-basse sur le «magot-Algérie»! La perspective d'élections contrecarre de telles ambitions. Voilà qui est clair. La démocratie est synonyme de légitimité et de mandats électoraux qui rendent des comptes aux électeurs. Par conséquent, il faudrait que le Hirak évite de se laisser séduire par des mots creux et mette tous les prétendants à des mandats politiques au pied du mur. C'est sur la base du mandat populaire des élus que le Hirak (c-à-d. l'essentiel de l'électorat algérien) sera effectivement dignement représenté.
A la limite, un referendum sur l'option à choisir (entre «transition sans élections» ou «élection présidentielle») pourrait déjà nous permettre d'avancer. A défaut, le premier tour des présidentielles devrait nous permettre de dégager le paysage politique en termes de poids électoral. C'est sur la base de ce poids que la parole légitime s'évaluera. Ce qui nous changerait de ce brouhaha (bien orchestré) fait de malices et pièges politiques… et de manipulations nuisibles. On dit à juste titre que les élections doivent pouvoir jouir d'une totale transparence sans quoi nous régresserions. A ce sujet, bien des propositions ont été émises, ça et là, pour assurer un contrôle populaire des scrutins. Et puis, tout le monde sait ce qu'il faudrait faire car tout le monde a une idée du modus operandi de la fraude électorale.
Quant au prochain président de la République, il aura un mandat de transition durant lequel il appliquera le programme du Hirak jusqu'à adoption de la nouvelle constitution. Après quoi, il dissout les assemblées et démissionne pour organiser les nouvelles élections présidentielles. Le tout sous la vigilance continue du Hirak. En termes simples : donnons mandat (pour cinq ans maxi) à un président de la République pour mettre en œuvre le programme du Hirak : telle est la transition la moins risquée et la plus démocratique.
*Citoyen


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