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Blida: Vivre... en redoutant la mort
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 06 - 04 - 2020

  La date fatidique du 19 avril paraît très lointaine et très incertaine à tous points de vue. Serons-nous toujours en vie ? Un remède sera-t-il trouvé d'ici là ? Allons-nous reprendre bientôt une vie normale, celle que nous menions jusque-là et que la plupart d'entre nous haïssait et trouvait au-delà de ses aspirations ?
Maintenant, c'est cette vie où nous pensions manquer de tout, que nous voulions meilleure, dont nous ne goûtions nullement les bienfaits, que nous appelons de toute notre force, que nous regrettons amèrement. Cette vie se résume maintenant à se sauver face à un danger que nous ne connaissons pas, qui nous guette et nous tue en nous venant de nos amis, de nos familles, de nos collègues, de ceux que nous connaissons et de ceux que nous ne connaissons pas. Elle se confine (ô mon Dieu) à la recherche de victuailles au milieu d'un ennemi si petit que nous ne pouvons pas le voir et qui nous vient de partout et de nulle part.
Les comportements les plus naturels ont changé, nos pensées aussi ainsi que notre vision des choses qui se limite désormais à nous demander si nous allons nous en sortir ou bien aller grossir les rangs de ceux qui sont partis, emportés par ce terrible fléau que personne ne semble pouvoir abattre.
Profitant d'un déplacement à travers quelques villes de la wilaya de Blida, nous avons demandé à quelques citoyens ce qu'ils faisaient durant cet arrêt de travail forcé et ce qu'ils pensaient de cette situation, voici quelques-unes de leurs réponses. Abdeldjalil, jeune commerçant en fruits et légumes : « c'est la volonté de Dieu et nous ne pouvons que la subir. Il faudrait que chacun d'entre nous suive scrupuleusement les recommandations des services de santé pour éviter la propagation du virus » nous a-t-il confié... avant d'éplucher une mandarine et de nous en offrir la moitié avec ses mains dégoulinantes de saleté.
C'est dire le comportement irrationnel de certains. Devant un bureau de poste, ils étaient plusieurs dizaines à faire la chaîne pour retirer leur argent, collés les uns aux autres, attendant impatiemment leur tour pour entrer, par groupes de dix. Nous nous sommes rapprochés de l'un d'eux, la cinquantaine, qui se tenait un peu à l'écart. En réponse à notre question, il déclara : « que voulez-vous que je vous dise, la mort rôde au-dessus de nos têtes et nous sommes inconscients.
Rester collés les uns aux autres pendant près d'une heure, continuer de la même manière à l'intérieur, permet à tous les virus, et pas seulement au corona, de se déplacer d'un individu à un autre très facilement, il faudrait leur taper dessus pour qu'ils comprennent », avant de s'en aller en pestant contre ces concitoyens qui manquent tant d'éducation sanitaire. Une autre chaîne, compacte, devant une épicerie nous attira.
Les gens sont là car le camion livreur de lait devrait arriver dans près d'un quart d'heure ! Ils sont déjà une cinquantaine, l'un derrière l'autre, à peine cinq centimètre entre eux, discutant à voix haute du sujet brûlant que nous vivons, chacun y allant de sa diatribe ou de sa rumeur. Il n'était pas facile de poser nos questions car ils nous regarderaient d'un drôle d'air mais, prenant notre courage à deux mains, nous posons la question à l'un d'eux.
C'est un déluge de réponses que nous avons reçu « comment voulez-vous qu'on fasse, si je me tiens un peu éloigné de mon prédécesseur, il y aura des énergumènes qui viendront se faufiler et me prendre ma place », « si le lait était disponible, vous croyez que cela me fait plaisir de risquer d'attraper ce maudit virus ? », « au lieu de nous poser des questions, il faut écrire que nous vivons des pénuries monstres, que nous devons faire la chaîne pour acquérir tout ce dont nous avons besoin ». En cours de route, nous avons croisé un homme, la soixantaine, lunettes et tête d'intellectuel, portant bavette et gants chirurgicaux, marchant seul, un couffin vide à la main.
Quand nous l'avons abordé, il a reculé mais quand nous lui avons fait part de nos questions, son visage s'est détendu et il a accepté de répondre. Farid, c'est de lui qu'il s'agit, est un cadre du ministère de l'Energie en retraite, il est marié et père de quatre enfants tous mariés.
Il venait juste de sortir de chez lui pour se diriger vers un magasin tenu par une connaissance à lui qui vendait des fruits et légumes et qui lui remettait des produits de qualité, même un peu plus chers. « Je ne comprends rien, les gens meurent chaque jour, ils ont peur d'attraper ce virus, ils ont peur pour leurs enfants, mais voyez leurs comportements insensés. Outre le fait qu'ils ont emmagasiné des tonnes de denrées alimentaires, ils continuent d'en acheter et de crier sur les toits qu'ils n'ont pas de revenus, que l'Etat doit les aider, etc. », a-t-il lancé d'un trait.
Pour la manière dont il passe son temps, il nous dit qu'il lit les journaux sur Internet, qu'il joue à la belote avec sa machine « au moins ses virus ne sont pas transmissibles à l'homme », ironise-t-il. Farid ne sort que la matinée, vers dix heures, pour se dégourdir les jambes, faires ses emplettes, discuter avec un ou deux amis s'il les rencontre puis il retourne chez lui avant midi pour n'en ressortir que le lendemain à la même heure, « nous ne pouvons même pas aller à la mosquée, alors pourquoi prendre des risques inutiles ? » continua-t-il. Les autres réponses des autres citoyens rencontrés au hasard sont presque les mêmes, beaucoup affirmant ne sortir que pour les achats obligés puis rentrent chez eux pour se confiner. Concernant l'avenir après le 19 avril, beaucoup sont sceptiques, presque découragés et désespérés: « c'est comme une route droite qui nous permet de voir jusqu'à une certaine distance et puis il y a un virage à 90° et nous ne savons plus ce qu'il y a après, c'est le cirage complet, pour le moment, nous essayons de vivre, en attendant... la mort », a conclu l'un de ceux que nous avons pu interroger.


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