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Meilleurs joueurs africains (1ère partie): Le subjectivisme toujours au rendez-vous
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 05 - 07 - 2020

Même George Weah, élu meilleur joueur africain de l'histoire en 2019, et c'est tout à son honneur, a déclaré à l'envoyé spécial venu le questionner : « A mon époque, j'ai croisé des joueurs sans doute meilleurs que moi ». Etre le meilleur c'est quoi ? Réponse : « Que rien ni personne ne surpasse dans son genre ». Tout est dit. George Weah, aujourd'hui président du Libéria, reconnaît que son sacre du « Ballon d'or » de France-Football 1995 s'est avéré déterminant dans cette course limitée abusivement à 30 joueurs contemporains. Cette humilité le grandit encore plus aux yeux des sportifs, à l'inverse d'autres vedettes du temps présent à la vanité exaspérante. Il est certain que les 30 nominés n'ont rien demandé et certains, comme George Weah, savent que d'autres joueurs auraient mérité d'être distingués. Aussi, les résultats de cette course où les règles strictement sportives n'ont pas été strictement observées, ont surpris et déçu d'innombrables sportifs. Il nous a paru utile d'effectuer un tour d'horizon concernant les joueurs du passé. Comment expliquer ces anomalies ? D'abord, parce que les jurés du fameux classement 1990, base essentielle de cette analyse, ne sont pas ceux de 2019, 30 années séparant ces deux sacres, d'où les différences de perception er de jugement. Ceux de 2019 ont certainement subi l'hypermédiatisation du football actuel à travers les supports médiatiques qui a débouché sur la « starification » exagérée des stars du temps présent. Un célèbre sociologue a bien exprimé ce décalage entre ces périodes. « Le football est un univers fortement hiérarchisé où les niveaux de notoriété entre les joueurs sont très inégaux ». Que l'on ne s'y méprenne pas. Nous ne disons pas que tous les joueurs cités dans cet article avaient le droit de participer à cette course de haut niveau. Mais nous persistons à croire que certains d'entre eux ont été injustement marginalisés. Quant aux autres, ils ont enchanté des millions de puristes par leur talent et nous voulions simplement qu'ils soient, au moins, reconnus.
Ryad Mahrez oui, mais...
Au cours des dernières décennies, les férus du sport-roi ont eu droit à des « classements » de joueurs prétendument définitifs et historiques. A plusieurs reprises, nous étions tentés de réagir comme souhaité par d'innombrables sportifs, anciens pratiquants, entraîneurs ainsi que les passionnés du football. Cette fois, et après le verdict rendu par la FIFA à propos de Ryad Mahrez, désigné comme le « meilleur joueur algérien de l'histoire », nous avons décidé d'apporter notre modeste contribution à ces multiples énonciations qui dérangent les observateurs et les sportifs objectifs. Sur quels critères l'instance de Zurich a-t-elle décrété sa décision ? Sur l'actuel et excellent parcours du capitaine de l'EN d'Algérie ? Si c'est le cas, c'est aller trop vite en besogne ! Car il faut rappeler que le 21e siècle n'en est qu'à son cinquième et qu'il reste 80 ans pour se clôturer ! Nous adorons Mahrez et reconnaissons ses mérites avec l'EN et Man City. Est-ce parce que Mahrez appartient au siècle actuel ? Par ailleurs, des voix ont assuré tour à tour, que d'autres joueurs auraient mérité ce « titre ». Il y a exactement un an, au mois de juillet 2019, dans un spécial hors-série, l'hebdomadaire France-Football avait établi le classement des 30 légendes africaines où l'Algérien Rachid Mekhloufi a été classé 14e derrière Weah, Eto'o, Milla, Drogba, Pelé, Madjer, Okocha, Dahleb, Salif Kheita, Pokou, El- Hadary, Yaya Touré et El-Khatib, à égalité avec le gardien de la Zambie Grobbelar. Les séniors, dont nous faisons partie, estiment que Mekhloufi méritait beaucoup mieux au vu de sa carrière et du sensationnel parcours avec l'équipe du FLN 1958-1962. A-t-il payé son absence des radars en cette période ? Et pourtant, les jurés sont censés connaître son parcours. La grande remarque à faire, c'est que, parmi la centaine de joueurs ciblés par l'hebdomadaire depuis une cinquantaine d'années, il y a beaucoup de recalés de taille comme la rédaction le reconnaît elle-même, tels Faras (Maroc) Kalala (R. du Congo), Petit Sory (Guinée), Ahmed Hassan (Egypte), Radebe (AF Sud), Mboma (Cameroun) et beaucoup d'autres. La liste serait trop longue à dresser.
La palme aux attaquants
Dans ce top 30, ce sont les attaquants qui raflent la palme avec 17 représentants pour 8 milieux, deux défenseurs et trois gardiens de but seulement. On constate que les jurés ont obéi à la tendance d'accorder leur préférence aux buteurs, qui décident du sort des rencontres et, partant des palmarès, aussi bien en clubs qu'en équipes nationales. Il y aurait pourtant beaucoup à dire à propos de cette tendance. Nous savons bien que les plus doués sont devant, mais beaucoup de milieux stratèges de leurs équipes, ont été de sacrés buteurs, à l'image de l'Algérien Lakhdar Belloumi. Frank Simon, auteur d'un article paru dans France-Football le 29 juin 2001, dira que « Belloumi est un meneur surdoué qui a joué 20 ans au plus haut niveau dans son pays, et incarne une certaine idée noble du foot. La classe naturelle de ce joueur, l'influence qu'il exerce sur le jeu de l'Algérie incitent même certains observateurs à le classer à l'époque entre Maradona et Platini ». Quoi qu'il en soit, Belloumi restera à jamais le créateur de la « passe aveugle » que personne ne connaissait. Alors, que l'ex-N° 10 de l'EN ne soit cité que deux fois à la quatrième et cinquième place, respectivement par les jurés du Burkina Faso et de Mauritanie, est une très bizarre anomalie. Mekhloufi n'a obtenu que deux citations (2e et 4e places), tandis que Madjer a convaincu huit jurés. Quant à Dahleb deux correspondants lui ont donné la première place. En revanche, aucun des 41 autres jurés ne lui a accordé le moindre point, y compris celui de France où Dahleb a pourtant effectué une brillante carrière au Paris SG. Les puristes ont été régalés par ce dribbleur aux inspirations géniales. C'est tout de même plus que bizarre ! L'autre « oubli » impardonnable concerne Lalmas, une légende véritable qui a ébloui le public lors de la coupe d'Afrique des nations 1968. Buteur, stratège hors-pair avec une « vue périphérique » exceptionnelle, Lalmas figurait dans l'équipe-type dressée par les médias au terme de cette compétition. Les jurés ont ignoré que ce joueur a établi un record difficile à battre avec... 14 buts en match officiel ! Or, sur la « une » de la revue, il est clairement précisé qu'il s'agit « d'un classement des meilleurs joueurs du continent toutes époques confondues ». Et tous les connaisseurs sont de notre avis. Les anciens se souviennent encore des Aouad Meftah, Smaïl Khabatou, Hamoutène, (MCA), Mihoubi, Meftah (USMB), Boufermès (Annaba), Kerniche (ESMG), Belaïd, Tayeb (Reims), ainsi que des Tunisiens Benacef et Hassouna.
Ceux qui auraient pu prétendre à une carrière pro
C'est la portion congrue qui a été réservée aux défenseurs. Seuls Stephen Keshi (Nigéria) et Noureddine Naybet (Maroc) ont trouvé grâce aux yeux des jurés. Répétons-le, le sacre de George Weah, pour la raison déjà évoquée, est logique du fait que 23 correspondants l'ont classé en première position, six lui octroyant la seconde place et qu'il figure dix fois dans le top 5. Cependant, à propos des défenseurs et des milieux, il y a beaucoup de réserves à faire. Existe-t-il un défenseur latéral en Afrique aussi dynamique et aussi efficace que Chaâbane Merzekane ? Nous en doutons fort ! Lui aussi a été ignoré de même que certains latéraux d'autres pays. Si le mode opératoire des points est clair, les raisons de ces oublis demeurent des plus obscures. C'est la même observation pour Sikki au volume de jeu incomparable qui, pour rester auprès de sa mère, a décliné les offres de Nîmes, Marseille et Saint-Etienne. Messaoudi, de Hammam Bou Hadjar, n'a pas donné suite aux propositions de Nîmes, tandis que les Bendimerad, Djaker, Gaucher et El-Gotni, eux aussi, auraient pu prétendre à une carrière pro. Les responsables de la revue ont avoué que « l'exercice est périlleux, voire un casse-gueule. Mélanger les équipes et les contextes pour ressortir le meilleur. A l'arrivée, on constate que les footballeurs contemporains ceux des vingt dernières années dominent les plus anciens. La force de l'image et du souvenir sans doute ». Ceci revient à dire que les jurés, en raison de leur âge, n'ont pas pris en compte les exploits des anciens avant et après 1960. A titre d'exemple, comment deux libéros de classe mondiale ont été totalement ignorés ? Savent-ils que Zitouni a refusé deux alléchantes offres du Real Madrid après avoir bloqué les offensives du duo Di Stefano - Kubala lors d'un France -Espagne, qu'il allait participer à la coupe du Monde 1958 après avoir détrôné Robert Jonquet ? Ont-ils pris connaissance des « une » des journaux français et notamment l'Equipe qui a titré : « Neuf footballeurs algériens (dont Zitouni) disparaissent », la parenthèse soulignant l'importance du libéro algérien ? Quant à Miloud Hadefi, les jurés ignorent sans doute qu'il était titulaire avec Benferhat Tahar en charnière centrale de la sélection d'Afrique du Nord lors de la « mini coupe du Monde » au Brésil 1972, et que ces deux cracks ont reçu (et refusé) les offres des clubs brésiliens ! Une année plus tard, Hadefi sera aux Jeux afro-latino-américains au Mexique avec Ouchen et Dali. Or, Zitouni et Hadefi, tout comme l'Allemand Beckenbauer, ont donné une autre et noble dimension à ce poste, réservé auparavant à des défenseurs essentiellement robustes et parfois agressifs. Le seul souci de ces libéros de charme, c'était l'interception du ballon sans violence dans les règles de l'art avant de soigner la relance et même d'attaquer. Personne n'a été blessé par ces merveilleux stylistes. Tout ceci n'a pas été pris en compte par les 43 jurés. Aussi, leurs choix sont forcément subjectifs. En fait, faire partie d'un sondage aussi important est une mission où ils ont failli incontestablement. Sommes-nous trop sévères ? Nous ne croyons pas, et cette démarche vise seulement à rendre justice à ces nombreux artistes qui ont enchanté tant de générations.
Anomalies
En 1990, le même hebdomadaire a sorti un supplément couvrant 12 coupes du Monde à partir de 1930, mettant en évidence tous ceux qui se sont illustrés. Sa lecture nous permet de relever des anomalies à propos des 30 légendes africaines. Belloumi était le seul Algérien à figurer dans le top 100 (80e place) devant de sacrés clients comme Robson (Angleterre), vainqueur de la coupe du Monde 1966 et Daniel Passarella, capitaine de l'équipe d'Argentine sacrée en 1978 face aux Pays-Bas. On citera aussi Butragueno, Zamora, Zarra, Ramallets (Espagne), Sciera et Rivera (Italie), et d'autres joueurs ayant brillé d'un vif éclat lors de ces grand rendez-vous mondiaux où seuls les plus méritants ont droit de cité. Comment donc, Belloumi, un des quatre Africains avec Milla, N'kono et Khairi a été classé au 22e rang dans le continent africain. Khairi (Maroc) 78e devant Sindelar (Autriche) et Belloumi (80e), a été ignoré par les jurés 2019 !


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