Real : Vers le départ en prêt de Ruben Blanco    Liverpool : Klopp en veut à Darwin Nunez    Tlemcen - Cadastre, conservation foncière : un nouveau responsable pour voir plus clair    La Communauté internationale appelée à réagir: Le Maroc continue de piller le phosphate du Sahara Occidental    La faim plus menaçante    Le verdict sans appel du DG de la PCH: Magasins quasiment vides, médicaments en rupture, impayés...    Classement annuel de la CAF: Le football algérien mieux considéré    JS Bordj Menaiel: Azzedine Ait Djoudi, nouveau président    U 23 - Après le ratage des Jeux de la Solidarité Islamique 2022: Des lacunes à combler chez les Verts    La série noire continue à Tiaret: Deux morts et trois blessés dans une collision    Des feux de forêts toujours actifs dans plusieurs wilayas: Des centaines d'hectares carbonisés et des familles évacuées    Le pain, la viande et le poulet    Le vieux de mon village    Le FLN envisage des sanctions rigoureuses    Une troisième voie «pointe du nez»    Dimanche, le pic!    Le grand retour    «Garante d'une sécurité alimentaire durable»    Les Verts déjà en forme    Altercation entre Tuchel et Conte    PSV Eindhoven à l'épreuve des Rangers    Agrément pour trois ambassadeurs algériens    L'Union africaine se penche sur le Tchad    La Chine relance ses manœuvres militaires    Retrouvailles familiales    Près de 200 personnes évacuées aux urgences    «Complet» partout    Un Palestinien tombe en martyr    Une autobiographie de Rachid Boudjedra    Riche programme en hommage à Moufdi Zakaria    Merabi participe au lancement du projet de réhabilitation du Lycée professionnel d'amitié Niger-Algérie    Accompagner le projet d'amélioration de la production et de la commercialisation du lait de chamelle    Ghaza: un sit-in de solidarité avec les prisonniers palestiniens    Alger: sensibilisation à la rationalisation de la consommation de l'électricité    Conseil de sécurité: consultations sur le Yémen    Alimentation de bétail et de volailles: rappel de l'exemption de la TVA des opérations de vente des matières et produits entrant dans la fabrication des fourrages    Agrément à la nomination du nouvel ambassadeur d'Algérie auprès du Pérou    Le ministère la culture célèbre la Journée nationale de la poésie en août    Etusa: ouverture d'une nouvelle agence commerciale au niveau de la station du 1er Mai    Saïd Chanegriha préside l'ouverture du concours militaire international "Section aéroportée 2022"    11e Festival culturel du Chaâbi : une pléiade d'interprètes rappellent le génie créatif de Mahboub Safar Bati    Salman Rushdie, les médias et les amalgames...    Une soirée cent pour cent Zenkawi style!    Egypte, 23 juillet 1952. Coup d'Etat ou révolution ?    Incendie dans une église du Caire: l'Algérie présente ses condoléances    Salman Rushdie sous respirateur après avoir été poignardé    Journée nationale de l'ANP: Toufik, Nezzar et plusieurs généraux à l'honneur    Remaniement : le suspense est à son comble !    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le désastre du pillage d'antiquités
Un crime contre l'humanité
Publié dans La Voix de l'Oranie le 26 - 07 - 2010

Le trafic des biens archéologiques est le troisième au monde. Partout dans le monde, de l'Italie à l'Irak, le commerce et le trafic des antiquités s'intensifient. Des tombes sont éventrées par milliers, des monuments mutilés, des sites dévastés, perdant au passage des informations vitales à la connaissance du patrimoine mondial.
Pourquoi pille-t-on ?
Vieux comme le monde et la guerre, les pillages ont lieu autant pour l'argent, la gloire que pour assouvir des fantasmes de collectionneurs. Lors des guerres antiques, les objets les plus prestigieux suivaient avec les captifs le char du général victorieux au centre de Rome. Le pillage est au cœur de la conquête du Nouveau Monde, conquête coloniale qui vise en soi à la mainmise sur les richesses du continent. Plus tard, avec la Renaissance et les empires coloniaux, le «collectionnisme» va prendre une ampleur considérable, et les «cabinets de curiosités» se multiplient, avec à la clé un nouvel engouement pour l'Antiquité grécoromaine. C'est d'ailleurs dès le XVIIe siècle que l'on va appeler «antiquaires» les savants qui se spécialisent dans la collection d'objets anciens.
Les musées modernes sont également nés du pillage. Le Louvre, créé en 1793, marque la naissance du musée à vocation «publique et universelle» et, pour le remplir, on perquisitionne les châteaux, on dépouille l'Eglise et l'on s'empare de nombreux chefs-d'œuvre de l'Europe sous prétexte de les mettre à l'abri du «vandalisme». La campagne d'Italie menée par Bonaparte en 1796 fut l'occasion d'un vaste programme de pillages systématiques. Une commission pour la recherche des objets de la science et de l'art était chargée par le Directoire d'effectuer des «prélèvements» de tous les biens susceptibles d'intéresser le Louvre. En Italie, les saisies sont phénoménales: 50 chars tirés par plus de 700 bœufs emportent plus de 300 tonnes d'objets parmi lesquels le quadrige en bronze de la basilique Saint-Marc de Venise, l'Apollon du Belvédère, le Laocoon, des tableaux, des manuscrits. En 1798 les pièces sont portées en triomphe à Paris avec des banderoles proclamant: «Ils sont enfin sur une terre libre.»
Si, des armées aux scientifiques, des collectionneurs aux touristes, tout le monde pille, les pays ravagés par la guerre sont les plus fragilisés. En «stars» du pillage, les conquêtes romaines, Napoléon, les conquistadors et le régime nazi – on estime à 650 000 le nombre d'objets d'art de valeur volés par le régime de Hitler, et encore en 2007, 14 tableaux confisqués par un marchand allemand pour Hermann Goering ont été retrouvés dans un coffre de la Banque cantonale de Zurich. Les guerres en Irak et en Afghanistan ont mené au pillage des sites et des musées – en 2003 déjà, Christie's présentait dans son catalogue une centaine d'objets irakiens sans provenance. Aujourd'hui, les pillages sont dus pour une faible part aux amateurs, adeptes du détecteur de métaux et, pour une énorme part, au marché des antiquités, qui draine le butin des fouilles clandestines. Ce trafic illicite implique de nombreux intermédiaires, qui vont des pilleurs de tombe à des musées partout en Europe, en passant par le plus visible, le marchand d'art.
La Suisse impliquée
Les investigations de ces vingt dernières années ont mis en lumière le rôle de la Suisse, plaque tournante importante du trafic – entre 1967 et 2007, six pays se répartissaient les 90% du marché mondial de l'art. Parmi eux la Suisse, avec 10% de ce marché. Une place de choix en bonne partie liée à des lacunes juridiques propices aux abus, en passe d'être comblées. L'opposition active, durant les années 2000 à 2005, des marchands d'art helvétiques à toute législation en matière de transfert de biens culturels était des plus révélatrices. Un site pillé, c'est une archive irrémédiablement mutilée. C'est aussi d'ailleurs pour cette raison – fouiller, c'est détruire – que les archéologues s'abstiennent d'intervenir sur un site sans nécessité, et que l'immense majorité des fouilles actuelles portent sur des sites menacés de disparition.
Le plus prestigieux des objets est d'abord un indice archéologique, qui doit être documenté dans son contexte de trouvaille, puis seulement prélevé et étudié par les historiens de l'art. De plus, nombre d'objets considérés de nos jours comme des œuvres d'art n'étaient, à leur époque, que des productions artisanales à vocation plus ou moins triviales: les vases sont des récipients, les statuettes de bronze romaines des figurines de série destinées aux autels domestiques.
Comment enrayer le pillage ?
Afin d'enrayer le cycle du pillage commercial, diverses mesures d'ordre politique sont à promouvoir ou à appliquer. L'établissement d'un passeport international pour les objets archéologiques est en travail. Les conventions internationales existantes doivent être ratifiées et appliquées. Mais c'est avant tout un changement global des mentalités, «similaire à la récente prise de conscience écologique, qui pourra le plus efficacement enrayer la destruction du patrimoine archéologique». La meilleure stratégie est sans doute de «sensibiliser les consommateurs d'objets archéologiques».
Les démarches de restitution sont réglées par des conventions internationales, dont celle de l'Unesco de 1970. Les scandales ayant impliqué des musées occidentaux ont entraîné une explosion des demandes de restitution émanant du Pérou, de la Grèce, de l'Italie, du Mexique, du Mali ou de l'Egypte. Certains montrent l'exemple: l'Italie, pays spolié par excellence, a restitué en 2005 à l'Ethiopie l'obélisque d'Axoum, emporté à Rome par les troupes de Mussolini. Mais le principe de restitution est complexe. Le critère essentiel de l'identité culturelle peut conduire à l'absurde: la Grèce pourrait réclamer à l'Italie des objets issus des cités antiques que les Grecs y fondèrent, l'Italie pourrait revendiquer les témoins de la culture romaine en Gaule. Et à qui rendre le trésor de Troie découvert en Turquie par Schliemann en 1873, aujourd'hui au Musée Pouchkine de Moscou? A la Turquie? A l'Allemagne, d'où il a été emporté par les Russes en 1945? «Le retour à la case départ de tous les butins guerriers et de tous les objets spoliés au cours des millénaires est impossible et impensable. Le parcours de certaines pièces appartient à l'histoire.»


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.