Les jeunes saluent la place prestigieuse dont ils jouissent dans le projet de développement du Président    Répondre aux aspirations des citoyens    Renforcer la pratique démocratique    Coûts financiers et risque de récession de l'économie mondiale    Pénurie sans précédent de puces mémoire au-delà de 2026    La WashtowerTM dépasse les 3,2 millions d'unités vendues dans le monde    Il essaie de sauver un empire qui ne tient plus que par la guerre    Le Premier ministre irlandais condamne les menaces américaines contre l'Iran    La population livrée à la famine    Tour d'Algérie 2026 : les organisateurs dévoilent le tracé de la 26e édition    Un dimanche décisif pour le maintien    Ligue des champions : Mustapha Ghorbal arbitrera ES Tunis – Mamelodi Sundowns    Le massacre des abeilles continue par l'usage de pesticides interdits à la commercialisation    Saisie de 374 unités de produits impropres à la consommation    Feu de compteurs dans une cité : six personnes intoxiquées sauvées    Bendouda supervise sa réouverture et visite la basilique Saint-Augustin à Annaba    L'Algérie dépose le dossier de la «Blousa» et d'autres éléments patrimoniaux    Mémoire vivante d'une résistance au féminin    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les archivistes n'ont plus la cote (2e partie et fin)
Publié dans El Watan le 29 - 08 - 2005


Dévalorisé, ce métier ?
Victime d'un statut juridique très restreint, méconnu du large public et emballé dans un travail répétitif et fastidieux, absence de perfectionnement, l'archiviste devient aveugle et tourne en rond. Il fait face aujourd'hui à un environnement miné jalousement par les nouvelles technologies de l'information, car il s'agit véritablement d'une double réalité amère. Pour cela, un portrait mérite d'être intenté. «Les archives, c'est mon dernier souci» cette sentence est prononcée par un cadre supérieur à l'adresse d'une nouvelle recrue lors d'un point de sensibilisation, nous raconte notre interlocutrice. Cette option témoigne si bien en est, de la piètre image que se font les Algériens – responsables d'un corps de métier autrefois pourtant sacralisé. Un simple constat : les archivistes n'ont pas la cote. En matière de comparaison : en parallèle aux boutiques de fast-food, salon de thé et pizzeria et autres commerces lucratifs qui bénéficient d'une importance énorme, le secteur des archives demeure sans honte inconsidéré. Sur place, beaucoup de personnes considèrent qu'il est inutile de s'occuper du patrimoine documentaire archivistique. Malheureusement, cet état d'esprit est également confirmé par des professionnels en la matière ayant été contacté lors de notre passage. A travers une investigation empirique, il s'est avéré que le secteur des archives attire beaucoup plus de femmes – 70% du personnel est féminin -, a révélé récemment un mémoire de fin de licence. Il est à noter que 52% des unités documentaires retenues pour l'investigation sont implantées dans l'Algérois. Cela témoigne de la concentration du tissu administratif-industriel dans la capitale. La fuite de la gent masculine de ce métier est justifiée du fait de l'inexistance d'un statut juridique prometteur, de l'inconsidération et autres difficultés d'ordre interne, nous témoignent l'ensemble des archivistes rencontrés. Cependant, alors que sous d'autres cieux, l'archiviste, détenteur de l'information et objet de vénération est un modèle de réussite. Chez nous, il est préférable d'être un trabendiste, plutôt qu'un archiviste !
Nul n'en disconviendra. Pourtant, le corps archiviste constitue à la fois un pilier et une mémoire stratégique du patrimoine documentaire national. En matière de formation, en dépit de l'existance de trois instituts de rang universitaire et des efforts consentis depuis l'indépendance en la matière, beaucoup de choses reste à faire, notamment à l'ère des nouvelles technologies de l'information. Cela dit que l'archiviste est au cœur de ces multiples transformations perpétuelles qui s'opèrent dans le domaine de l'information et son corollaire. La communication. Ce dernier est à la fois menacé et propulsé dans ce nouvel environnement technologique. Sa pérennité est tributaire de la maîtrise de ces nouvelles technologies de l'information, sinon, le temps passe et le corps risque l'immobilisation. Les structures édifiées en la matière dans les textes législatifs n'ont pas vu le jour ou bien sont obsolètes au point où le rendement est maigre. Interrogés, les archivistes à l'unanimité se disent insatisfaits de la formation acquise à l'université.
Le volume horaire réservé aux techniques archivistiques et la qualité pédagogique de l'enseignement sont entièrement remis en cause. «Entre les études théoriques et la réalité sur le terrain, il y a des disparités», avance Nawel, une archiviste nouvellement recrutée. Son collègue Hamid l'interrompe et intervient avec précipitation : «Aucune importance n'est attachée aux archives.» «Le pauvre, il travaille aux archives», entend-on parler dans l'entourage professionnel. Par contrecoup, Baudelaire, dans sa citation éclairée a dit : «Tu m'a donné ta boue ; j'en ai fait de l'or.» Cela paraît semblable pour nos ancêtres quand ils fabriquent des objets et ustensils. Et jusqu'à quand comprendrons-nous l'applicabilité de ce maxime. Dur métier que les archives, autrement dit ce sont les motivations qui poussent ces gens à travailler ou à embrasser une carrière qui exige un don de soi total et une bonne dose de courage par les temps qui courent. Le «chômage», répond sans hésitation un groupe de jeunes, «le destin» avancent d' autres. En conclusion, il est illusoire d'embrasser une carrière d'un métier dont l'environnement est hostile et un avenir incertain.
Les archivistes déplorent cette situation professionnelle désastreuse. Autres temps, autres mœurs, à l'heure de l'Internet et de la noosphère, l'archiviste algérien, contrairement à son homologue d'ailleurs qui s'épanouit davantage et confirme son emplacement sur l'échiquier professionnel, participe lui-même passivement à son enterrement. Peut-on incriminer les responsables face à ce désastre ? Comment expliquer alors la passivité également de ces responsables et leur manque d'entrain ?
Enfin, des archivistes passionnés par leur métier, j'en ai rencontré et qui se débattent dans des problèmes insurmontables également. Aussi, des archivistes qui prennent à cœur leur métier, il en existe. Que chacun mette sa main à la pâte et dressent une oreille d'écoute à notre adresse, disent-ils. Une louable initiative pour la création d'une association spécialisée était dernièrement tentée, mais sans aucun succès minime pour la corporation. L'avenir demeure hypothétique.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.