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Les étudiants marchent dans des rues quadrillées
Ils étaient des milliers à célébrer le 19 mai 1956
Publié dans El Watan le 20 - 05 - 2019

Faire écho au combat des aînés. Les étudiants ont célébré, hier, la Journée nationale de l'étudiant, qui coïncide avec le 63e anniversaire de la grève des étudiants et lycéens du 19 Mai 1956, malgré un dispositif sécuritaire impressionnant. Des cordons de sécurité ont été déployés à la Grande-Poste et sur toutes les places d'Alger : Asselah, Zighoud, Mauritania, Didouche, Audin. Des automobilistes ont dû patienter lontemps avant d'être libérés.
On nous a habitués à ces pratiques depuis 1962. Mais on finira par se libérer, cette année ou l'année prochaine», a lancé, dépité, un chauffeur de taxi, retenu à Asselah Hocine qui abrite les sièges de la wilaya et de l'APN. Les étudiants ont d'abord commencé à se réunir devant la Faculté centrale. Après une tentative échouée de se rassembler à la Grande-Poste, ils se sont dirigés vers la rue Larbi Ben M'hidi. A la rue Zighoud Youcef, la police les a empêchés de se rendre à l'APN, comme lors de mardi dernier.
Décision est prise par les meneurs de se rassembler devant le tribunal de Sidi M'hamed, où comparaissent, ces derniers jours, d'anciens hauts responsables du régime. Des affiches sont déployées sur lesquelles ont peut lire : «19 Mai 1956, système colonial dégage, 19 mai 2019 système mafieux dégage», «19 Mai 1956, 19 mai 2019, le combat continue pour une Algérie libre et démocratique», «Justice indépendante de transition, non à une justice sélective», «Pour une justice indépendante, halte aux arrestations pour délit d'opinion».
Le rôle de l'armée est également évoqué dans les slogans. «Nous ne voulons pas d'un régime militaire», «Gaïd Salah dégage», scandaient en chœur les manifestants. Traversant la rue Abane Ramdane, les étudiants se regroupent à l'intersection de l'hôtel Safir (ex-Aletti). Là ils lancent des mots d'ordre hostiles au régime : «Mouad Bouchareb (président de l'APN) dégage», «Non à l'élection de la bande», «Algérie, libre et démocratique». Revenant par la rue Ben M'hidi, les marcheurs, guère fatigués, rejoignent la Faculté centrale.
Une halte est organisée à la rue du 19 Mai 1956, longeant une aile de l'imposant immeuble de la Fac centrale. Un étendard à l'effigie de Taleb Abderrahmane (1930-1958) flottait devant la procession. Les fondateurs du FLN étaient là aussi. Les étudiants ont donné à chacun des Six du CRUA un rôle (justice, syndicalisme…). Les portraits géants ont été confectionnés par les étudiants du département d'architecture de la faculté Benyoucef Benkhedda. «Nous avons l'habitude de faire ce genre d'affiches. Une thématique est choisie à chaque fois», signale un étudiant la main tenant, très haut, l'étendard représentant la belle figure iconique de Taleb, lui-même étudiant à la Fac centrale.
«Des étudiants, pas des terroristes»
Des citoyens lambda se joignent à la marche. «Je suis sorti aujourd'hui parce que j'ai vu les étudiants défiler derrière l'étendard à l'effigie de Taleb Abderrahmane. Je suis content qu'ils se réapproprient ce symbole de la lutte qu'est Taleb Abderrahmane», se réjouit le chercheur en histoire Mohamed Rebah, tenant son livre consacré à l'artificier héros de la Bataille d'Alger. Reprenant leur marche, les étudiants, qui s'aspergent par moment d'eau, tentent à nouveau de se rassembler devant la Grande-Poste ou de rejoindre l'APN. Peine perdue.
Le face-à-face tendu avec la police finit par se dénouer. «Nous sommes des étudiants, pas des terroristes», «Ouvrez les portes aux étudiants», «Pouvoir assassin», crient à tue-tête les marcheurs. La procession s'ébranle vers le boulevard Amirouche, la place Mauritania et la place Audin, où le cordon de sécurité s'est, là aussi, reformé pour empêcher, instruction oblige, tout rassemblement. La mobilisation estudiantine ne faiblit pas à travers les universités du pays.
Si une partie des étudiants a décidé de poursuivre la grève, d'autres ont préféré reprendre les cours et rejoindre la contestation le mardi, jour consacré pour la marche hebdomadaire. A l'USTHB, qui compte au moins 44 000 étudiants, ils seraient plus de 8000 à assurer le piquet de grève quotidien. «La grève est largement suivie. Nous avons étudié à peine deux semaines après le retour des congés. Il y a une minorité qui ne dépasse pas les 5% préférant reprendre les cours dans quelques sections», signale un étudiant en troisième année spécialité géographie et aménagement du territoire. Le vote est renouvelé à partir du samedi.
«Le vote est physique, c'est-à-dire, nous comptons la présence du votant pour compter le suffrage. Les résultats sont connus le jeudi», signale Aït Saïd Abdenour, étudiant de la faculté des sciences biologiques. Les étudiants de Bab Ezzouar n'ont point apprécié les «pressions et les manipulations» du recteur et des syndicats estudiantins et des enseignants, qui «veulent saper le mouvement». «Des pressions sont exercées sur les enseignants et les étudiants de deux ou trois départements pour qu'ils reprennent les cours et assurent les TD. Il leur est exigé de passer rapidement les examens, alors que nous sommes en grève (la date du 29 juin est annoncée, ndlr)», signale notre interlocuteur.
– Une quête pour un iftar pour les résidentes
Les étudiants restent solidaires de leurs camarades originaires des régions de l'intérieur du pays. Un Iftar sera organisé au profit des résidentes des cités U filles de Ben Aknoun, Dély Ibrahim et éventuellement Bab Ezzouar. L'initiative a été prise par des étudiants algérois. «Nous sommes conscients que nos camarades n'ont pas de repas consistants. La logistique s'est organisée à travers une page ‘‘La Voix des étudiants algériens''.
Un restaurateur s'est engagé à mettre à notre disposition tout le matériel pour préparer jusqu'à 1000 repas par jour», signale l'étudiante, l'emblème national couvrant son corps. Les étudiants souhaitent une «participation plus forte de leurs camarades ou même des associations pour assurer l'iftar. «Comme la collecte n'est pas à la hauteur de nos souhaits, nous pensons assurer les repas les derniers jours du mois», signale sa camarade. N. I.


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