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Jean-Jacques Rousseau, le contrat social égalitaire (IV)
A l'aune du siècle des lumières
Publié dans El Watan le 30 - 06 - 2005

Longtemps la médiocratique « raboujocratie » a imposé une idée totalement erronée de la laïcité, comme forme avancée, militante et institutionnelle de l'apostasie et du matérialisme. Rien n'est plus faux sauf pour les idiots et les politicards.
Locke qui était une espèce d'intégriste religieux moralisateur (huguenot et protestant) aura été le père de la laïcisation des rapports citoyens entre le religieux et le politique. Quant à la laïcité en sa version française, même si elle continue d'être caricaturale avec les conflits politiciens axés surtout sur la question du foulard d'abord puis celle de l'adhésion de la Turquie à l'Europe ensuite, pour se porter enfin sur le nombril visible de jeunes filles en fleurs provocatrices de potentiels pédophiles, cette laïcité est encore une fois paradoxalement manipulée à des fins souvent électoralistes en France (contre les communautaristes) et à des fins répressives dans les anciennes colonies musulmanes de l'Empire français (contre les républicains démocrates). Avec l'avènement du siècle des Lumières en Europe, le vieux continent devait affiner l'art de gouverner et allait le rendre de plus en plus empirique, de plus en plus fonctionnel, et de plus en plus canonique en l'éloignant des conceptions métaphysiques de la morale religieuse pour laisser la place à un droit positiviste, plus objectif, plus social, sur les traces de Machiavel et de Locke. Avec un double travail sur L'esprit des lois (Montesquieu) et sur la nécessité d'un Contrat social (J. J. Rousseau), la philosophie politique opère une rupture radicale avec la morale religieuse en tant que fondement exclusif et monopolistique du droit et du pouvoir. La part d'« animalité » naturaliste du gouvernant dont parlait fort justement Machiavel et le consensualisme moral que préconisait judicieusement Locke allaient céder le pas à une nouvelle culture des relations gouvernants-gouvernés, relations qui seraient dorénavant régies de manière contractuelle (objective) et non plus consensuelle (subjective). L'idée est véritablement révolutionnaire et coûtera à son auteur une persécution qui aboutit à l'interdiction du livre, Du Contrat social, dès sa sortie en 1662. Cette idée nouvelle, celle d'un texte fondateur et régissant, fait son chemin et les notions de Charte politique et de Constitution font leur apparition dans la culture de l'époque, limitant quoique timidement les pouvoirs de l'exécutif et du despote. Jean-Jacques Rousseau (1712-1775) concilie le besoin d'éducation (L'Emile) avec la nécessité de relations négociées et de rapports contractuels entre les citoyens. Ouvrant la réflexion sur l'origine des inégalités entre les hommes pour expliquer les processus d'aliénation, de domination et d'exploitation, Rousseau soulève la question épineuse du progrès civilisateur qu'il condamne comme générateur d'inégalités, d'injustices et d'exploitations. Aussi, va-t-il introduire dans la morale politique la prise en compte des droits des gouvernés et repenser le système antique de la démocratie représentative à l'aune des inégalités sociales (économiques, politiques, culturelles). Ainsi, prend fin le règne absolutiste du gouvernant et apparaît le droit légitime et imprescriptible du gouverné de demander des comptes au gouvernant. Cette mise en équation fonde un principe cardinal dans la culture libérale, le principe d'égalité, au point d'en constituer le véritable gradimètre plus fonctionnel et plus concret que le principe de liberté plus abstrait, plus métaphysique. Cela reste toujours valable. Actualisant La République de Platon, voire même La Cité de Dieu de saint Augustin, J.-J. Rousseau pose le problème du pouvoir politique, moins dans une perspective d'utopie comme dans les siècles passés que comme réalité aussi bien selon la tradition machiavélienne que la tradition lockienne. Dans son traité sur le contrat social, interdit aussi bien en France qu'à Genève, aussitôt que publié, Rousseau établit la règle de gouvernement selon laquelle tout être humain ne doit jamais, en toute logique, être dépossédé de sa liberté et des pouvoirs que cette liberté lui accorde et lui reconnaît de droit. Bien que relativement inspiré d'une morale de charité chrétienne qui fonde le principe d'égalité sur la base de la fraternité humaine, le projet de Rousseau est fondamentalement laïque, en ce qu'il récuse le droit divin accordé au seigneur de décider de tout. Le contrat social est construit sur 4 livres développant chacun une idée précise. Le premier est relatif à la question de la liberté qui fonde le pouvoir de tout individu à exercer en toute conscience et en toute souveraineté son propre pouvoir ou à la déléguer, selon une convention sociale bien établie. Ainsi, le pouvoir et la liberté sont-ils adossés à un socle juridique et non plus seulement moral ou religieux. Le second livre, quant à lui, établit la réalité du dédoublement singulier de sorte que chaque individu capable (capacité juridique) et conscient (volonté délibérée) puisse s'il le souhaite « s'aliéner de son plein gré à un tout », en se convainquant qu'il obéit à lui-même s'il consentait à obéir. Tel est le véritable pacte ou contrat social qui, à lui seul, autorise, par le libre engagement des volontés, la conciliation entre liberté individuelle et les libertés collectives qui assure la sécurité de chacun et de tous. C'est précisément cela qui fonde le principe de liberté et établit la réalité de l'égalité citoyenne qui permettra à chacun d'être tout à la fois citoyen et souverain, ce qui a pour vocation d'empêcher que les intérêts privés ne tuent pas le corps social et politique représentant la « volonté collective et générale » que nul ne saurait aliéner. Le troisième livre est consacré à la construction de cet équilibre si fragile qui nécessite non plus le simple recours à la morale, mais la mise en place d'un arsenal juridique de textes de lois qui régulent la vie du gouvernement. Ce dernier ne saurait être qu'un simple exécutant de la volonté collective sur laquelle veille la puissance législative. Quant au quatrième livre, il met en valeur l'idée de la nécessité d'un contrôle par le peuple de ses institutions, particulièrement un contrôle draconien contre les empiétements des religions dans le domaine public et politique. Rousseau aura été particulièrement attentif à la puissance corrosive de l'argent qui inscrit dans la société le principe même de l'inégalité entre riches et pauvres et qui permettraient aux premiers de revendiquer l'éviction « des gueux » de tout exercice du pouvoir. Rousseau démythifie la primauté de l'économique sur le politique, en dénonçant la mainmise oligarchique et ploutocratique sur la société et sur sa vie politique et sociale.
J.-J. Rousseau. Du contrat social (1762 à Amsterdam)


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