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Les familles des otages en Somalie entre détresse et colère
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Publié dans El Watan le 04 - 03 - 2011

Voilà soixante jours que les familles des dix-sept Algériens retenus en otages par des pirates somaliens attendaient des nouvelles de leur fils, frère ou mari. Angoissées par leurs mauvaises conditions de détention, elles ont décidé d'adresser une lettre au président Bouteflika dès la semaine prochaine. Témoignages.
-Abdelkader Achour : Où sont Louisa Hanoune et Saïd Sadi ?
«Je ne m'adresse pas à vous en tant que directeur, je m'adresse à vous en tant que père de famille !» D'une voix vibrante, Abdelkader Achour regarde son interlocuteur, Nasser Mansouri, directeur général d'IBC, dans le blanc des yeux. «Monsieur, vous êtes responsable de ces dix-sept personnes devant Dieu.» Sans pour autant lui faire de reproches, il reconnaît : «L'entreprise ne peut rien faire, on l'a bien compris. Une cellule de crise a bien été installée mais depuis, plus rien !» Après le dernier appel de son frère, Abdelkader s'est retrouvé à l'hôpital. «Mon angoisse montait au fur et à mesure qu'il me parlait et je n'ai pas pu gérer mes émotions.». Le ton monte, l'émotion l'emporte et la colère s'exprime par chaque geste, chaque regard, chaque déclaration.
«Je vois à la télévision Louisa Hanoune ou Saïd Sadi prétendre représenter les travailleurs. Où sont-ils en ce moment ? Représentent-ils autre chose que leurs fauteuils ? s'indigne-t-il. Ça me désole de voir le président Sarkozy remuer ciel et terre pour ses ressortissants pris en otages dans le monde alors que personne ne se remue pour les nôtres.» Aujourd'hui, il parle au nom de toutes les familles lorsqu'il lance un ultime appel destiné au président Abdelaziz Bouteflika. L'ambiance est déjà tendue et l'émotion palpable lorsque Abdelakder finit par s'excuser auprès de tous, pour ce qu'il va déclarer, la voix un peu plus aiguë et le regard voilé. «Heureusement que ma mère n'est plus là pour vivre ça…» Une vague d'émotion submerge la salle et quelques regards s'embrument à leur tour.
-Nassima Djenada : Mon mari pleurait à chaudes larmes
Son fils de quatre ans dans son giron, Nassima Djenada évoque l'état de son mari auquel elle a pu parler brièvement au téléphone. «En janvier, ça allait, mais depuis un mois ils vivent dans des conditions lamentables sans nourriture ni eau», raconte-t-elle. Pour elle, impossible que son mari ait pu donner ces informations sous la pression de ses bourreaux. «Nous sommes mariés depuis onze ans, je connais mon mari, je sais déceler le vrai du faux dans ce qu'il dit, insiste-t-elle avant un silence. Il pleurait à chaudes larmes.» De leur union sont nés deux enfants, dont l'aînée de 8 ans ignore tout de la situation et à ses questions désarmantes, on est contraint de répondre par des mensonges. Mais la situation de Nassima Djenada s'est dégradée lorsqu'en l'absence de son mari, sa maison prit feu. «J'y vis depuis un an et demi, les prises et les robinets sont délabrés…»
En une fraction de seconde, le feu s'est propagé dans sa petite maison de Bab El Oued. Elle aura à peine le temps d'échapper aux flammes et emporter ses deux enfants. «Aujourd'hui, je vis chez ma sœur, puisque ma propriétaire m'a chassée de chez moi et a refusé de me rendre les huit mois de loyer de l'année en cours.» Cette sœur, qui l'héberge et la soutient, l'interrompt : «Mon mari a pris attache avec le maire de Bab El Oued, mais cela n'a rien donné. Qu'on leur accorde un chalet, n'importe quoi, pourvu qu'ils aient un toit ! Voyez-vous, je souffre de diabète et cette situation bouleverse mes habitudes et me stresse beaucoup.» IBC leur a bien proposé de payer un an de loyer, mais la famille n'a toujours pas trouvé d'appartement à louer dans les environs de l'école de la petite fille «Elle est déjà sous le choc, se justifie Nassima, désemparée. On ne voudrait pas en plus la déraciner.»
-Lila Kahlil : Ma belle-sœur reste prostrée
Digne, le ton neutre et une flamme de détermination dans les yeux, Lila Kahlil conteste toute possibilité de manipulation des dix-sept otages, dont son frère, par leurs ravisseurs. «Il y a bien pression, on en a bien conscience, mais pensez-vous qu'on puisse faire pleurer un homme sur commande ?» demande-t-elle. Son frère, Smaïn Kahlil, à l'aube de ses 60 ans, a deux enfants et compte quarante ans de carrière. Alors que la mère du marin a été victime d'un accident vasculaire cérébral, l'épouse de ce dernier reste prostrée, silencieuse dans son coin. Pour Mme Kahlil, seul le président de la République serait capable de ramener son frère auprès d'elle sain et sauf. «On a bien payé des chanteuses étrangères en dollars pour venir donner des concerts, pourquoi pas payer une rançon pour retrouver nos proches ? s'interroge-t-elle. Nous avons pu voir à la télévision les otages libérés précédemment, titubant, sous une couverture. Nous ne voulons pas retrouver nos frères dans cet état !» gronde-t-elle, avant que la colère ne cède à l'émotion.
-S. Sifaoui : Ma petite-fille veut connaître la vérité
Blême, l'air étourdi, elle parle péniblement. S. s'inquiète de l'état de sa petite-fille de 14 ans. «Elle passe du rire aux larmes», confie-t-elle. Alertée par la baisse des notes de la jeune fille, l'école a contacté la famille qui s'est contentée de montrer la une des journaux pour expliquer le désintérêt scolaire de la petite, pourtant bonne élève. «‘'Comprenez-moi, je veux le voir !'' criait-elle avant de nous supplier de lui dire la vérité. Elle voulait savoir si son père était mort», raconte sa grand-mère, la gorge serrée. Contrairement aux autres membres des familles des otages, S. précise qu'elle avait bien senti quelqu'un à côté de son fils. La première fois qu'elle l'a eu au bout du fil, elle le trouva bizarre. «Lorsque je lui ai demandé pourquoi il me parlait de cette façon, il m'a répondu : ‘'il est juste à côté de moi, comment veux-tu que je te parle ? ‘'». Avec naïveté, elle propose que les familles ne touchent pas les salaires des dix-sept otages pour les verser aux ravisseurs en plus de la contribution de l'Etat. Bien sûr, elle a conscience que cela ne suffit pas mais «c'est le cœur qui parle», confie-t-elle, dépitée.
-Nasser Mansouri. DG de IBC (armateur du MV Blida) : Aucune rançon n'a été demandée
Nasser Mansouri, directeur général d'International Bulk Carriers, filiale de CNAN Group, a reçu hier les membres des familles des dix-sept otages algériens détenus en Somalie depuis deux mois. D'après lui, «l'expérience a démontré que les ravisseurs obligeaient leurs otages à noircir le tableau pour alarmer les familles et mettre la pression sur les gouvernements». Se montrant rassurant et confiant, il a déclaré que ce n'était plus qu'une «question de temps et de patience». Le responsable s'est dit optimiste dans la mesure où les négociations et les procédures «se déroulent normalement». Il a, de plus, évoqué le cas du navire tunisien Hannibal II, dont un des otages, malade, a été relâché un mois avant les autres. «Aucune rançon n'a été demandée par les ravisseurs», a-t-il affirmé avant d'expliquer cela par le temps que prennent, généralement, les pirates pour évaluer le navire et sa marchandise et la recherche d'un bon intermédiaire.


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