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Entretien express avec Mahoud Ben Mahmoud
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Publié dans El Watan le 22 - 12 - 2012

- Votre film se passe à Tunis en 1977. Pourquoi cette année ?

Pour moi, 1977 a été un tournant dans l'histoire contemporaine pour au moins deux raisons. C'est l'année de la légalisation de la Ligue tunisienne des droits de l'homme. La même année, le gouvernement a autorisé deux nouveaux journaux, «Al Ray» et «Démocratie». C'est une période marquante pour les combats démocratiques en Tunisie. J'ai choisi cette période également en raison des troubles qu'avait connus le pays avec l'affrontement entre UGTT et gouvernement. Le «jeudi noir» (26 janvier 1978) est le résultat de cette situation. Il s'agit d'une répression dans le sang. Il y a donc du chaud et du froid durant cette période. Ces événements n'existent pas dans les manuels scolaires. On ne trouve aucune trace historique ou médiatique. J'ai voulu raviver un peu les mémoires. Les jeunes tunisiens ne connaissent rien ou presque de cette période.

- Comment le ministère de la Culture de Ben Ali a traité votre scénario ?

Je peux dire que la commission de lecture du ministère, composée de professionnels indépendants, a fait des réserves sur le film, mais pas sur le scénario ou la construction dramatique. La commission a observé que «Le Professeur» aborde la politique d'une manière directe en mettant à nu les pratiques du régime de Bourguiba, reconduites sous Ben Ali. La commission a adopté une attitude neutre. Elle a adopté le scénario comme matière dramatique, mais pas comme contenu. Elle a laissé le soin au ministre de la Culture, Abdelatif Al Basti, de trancher. Le ministre a alors lu le scénario et donné son accord pour donner un financement. Accord donné sûrement par le Palais présidentiel. Ben Ali avait décidé durant cette période de laisser une petite marge de liberté aux intellectuels pour envoyer un message à l'étranger et éloigner la réputation de régime répressif qui met les opposants en prison. Le film a été quelque peu perturbé durant le tournage par des considérations économiques et par l'arrivée tardive de l'autorisation de tournage.

- Le régime Ben Ali voulait peut-être se blanchir en montrant que Bourguiba a régné par l'oppression ?

Le public ne se trompe pas. Il le sait. J'aurais aimé voir le film projeté durant le règne de Ben Ali. Mais, tant mieux, on s'est débarrassé de lui. A la lecture du scénario, ceux qui n'ont pas connu l'époque Bourguiba ont fait un parallèle avec la Tunisie de Ben Ali. La même chose ! Il n'y a donc aucune volonté dans ce film de donner une mauvaise image de Bourguiba. Il est vrai que des voix se lèvent aujourd'hui en Tunisie, après la Révolution, pour le «réhabiliter». Tout ce qui j'ai montré dans le film est bâti sur des faits réels. Ce n'est pas de la pure fiction. Le régime Ben Ali est l'héritier de celui de Bourguiba. Ben Ali a fait dans l'excès de zèle. Il est allé jusqu'à la caricature (…) On ne montre pas tout dans «Le Professeur», ce n'est pas une écriture de l'histoire. Il y a encore à faire pour lever le voile sur la période Bourguiba.

- Quel est le degré de compromission de l'élite tunisienne avec les régimes Bourguiba puis Benali ?

Dans le milieu artistique, ils n'étaient pas nombreux à s'être soulevés contre le régime ou exprimé une opposition. Par contre, des avocats, des syndicalistes, des universitaires ont résisté à l'oppression. Parmi eux, les fondateurs de la LTDH. La compromission de l'élite est une vérité. Je peux citer l'exemple de la pétition lancée en août 2010 par des intellectuels pour demander à Ben Ali de se présenter pour un quatrième mandat en 2014. Elle était signée également par des dramaturges, des cinéastes, des universitaires, des compositeurs, des plasticiens... L'intellectuel tunisien a un complexe avec le pouvoir. C'est une tache sombre dans l'histoire de notre culture. Certains soutiens de Ben Ali n'ont aujourd'hui aucune honte de monter sur la vague de la Révolution. Ils prétendent qu'ils ont signé cette pétition sous la contrainte. Ils essaient de réécrire l'histoire à leur manière pour la débarrasser de leur trahison et de leur docilité devant la dictature. Et ils occupent tous les espaces médiatiques !


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