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Vers la création d'une tannerie pilote à In Zaouen
Développement et promotion de la filière cuir à Tamanrasset
Publié dans El Watan le 10 - 12 - 2014

La réalisation d'une tannerie végétale est le projet sur lequel mise la Chambre d'artisanat et des métiers (CAM) de la wilaya de Tamanrasset, afin de promouvoir le travail du cuir et surtout, pour développer le créneau de la maroquinerie qui bute réellement sur les problèmes de l'indisponibilité et de la cherté de la matière première.
La tannerie, dont l'activité consiste à transformer les peaux d'animaux en cuir, en les rendant imputrescibles, souples et résistants, permettra ainsi de couper l'herbe sous le pied des lobbies qui exportent frauduleusement les peaux provenant des dépouilles d'animaux amassées dans les abattoirs de la wilaya pour traitement en tannerie.
Une unité pilote sera prochainement installée au village d'In Zaouen, situé à 5 km du chef-lieu communal, afin de mettre en valeur toutes les potentialités existantes et mettre fin à la concurrence déloyale, affirme le directeur de la CAM, Saidani Mourad. L'objectif consiste aussi à mettre le capital humain au diapason des exigences du marché local et national en alliant tradition et modernité, et surtout pour éviter les opérations inutiles au cours du processus de production développées à travers des siècles et des générations millénaires de l'Ahaggar.
Pour ce faire, la CAM de Tamanrasset a organisé, dans le cadre d'une convention conclue dernièrement avec l'Agence locale de gestion du microcrédit (Angem), une formation au profit de 53 artisans, tout sexe confondu, aux techniques de tannage du cuir. De nouveaux procédés de fabrication visant à améliorer leurs conditions de travail d'une part et promouvoir le système de production local (SPL) de l'autre ont été ainsi adoptés dans le but d'améliorer le rendement à moindre effort.
Les participants, issus de la commune de Tamanrasset pour la plupart d'entre eux, ont également été sensibilisés à l'utilisation de tanins et de produits chimiques constituant un risque redoutable pour leur santé. D'ailleurs c'est l'une des raisons qui a poussé les autorités compétentes à choisir une assiette loin des habitations pour construire le projet susceptible de booster cette activité juteuse. L'Angem s'engage, pour sa part, à accompagner financièrement les artisans qui seront conviés désormais à toutes les manifestations locale, régionale, nationale et internationale afin de leur permettre de véhiculer leur culture et d'échanger les expériences.
Les artisans bénéficiaires dans le cadre de ce dispositif auront la possibilité de contracter d'autres prêts pour l'achat de matières premières nécessaires au lancement de leur activité, souligne le directeur de l'Angem à Tamanrasset, Laraba Mahdi, en exigeant seulement le remboursement des échéances précédentes. Ce qui est à signaler, c'est que 90% des artisans, inscrits sur le fichier de la CAM, n'ont jamais bénéficié de prêts de quelque nature que ce soit.
En dépit de la multitude de compagnes de sensibilisation menées par les dispositifs de soutien à l'emploi mis en place, «les artisans restent insensibles et peu convaincus par peur de poursuites judiciaires», nous confie M. Saïdani. Revenant aux potentialités existantes, notre interlocuteur estime que 1800 peaux de chameau et 12 000 peaux de caprins sont produites mensuellement dans les abattoirs de la commune de Tamanrasset. Ces peaux seraient exportées illicitement vers le Niger pour traitement puis réimportées par l'Algérie à des prix exorbitants.
La réalisation d'une tannerie au niveau local permettrait par conséquent d'exploiter cette matière première et créer plusieurs opportunités d'embauche. Le directeur de la CAM a fait savoir que toutes les parties concernées par le projet, chacune dans son domaine de compétence, ont été consultées afin d'accélérer les procédures et les formalités y afférentes. Il s'agit de la direction des services agricoles, de la conservation des forêts et de la direction de l'environnement ayant pour mission de veiller à l'utilisation rationnelle des végétaux exploités à travers les différents procédés du tannage, à savoir le planage, l'ébourrage et l'écharnage des peaux, lesquelles sont immergées dans des tonneaux (foulons) ou des cuves contenant de l'eau et du tan.
Ce dernier est obtenu par le broyage d'écorces de certaines espèces d'arbres, notamment le chêne et l'acacia, qui s'effectue d'une manière artisanale. Les services des Douanes, l'Institut national de la recherche forestière, la Chambre de commerce et la direction de l'énergie et des mines ont été aussi sollicités pour ce qui est de l'utilisation des produits soumis à autorisation. «L'ajout d'autres extraits végétaux tannants en substitution aux produits chimiques reste une solution adéquate pour protéger l'homme et l'environnement», a conclu M. Saïdani.


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