Les propositions du mouvement El-Islah    Toujours pas de conclusions    La sardine et le charlatan    Un ministre au cœur de la polémique    La situation sanitaire s'aggrave    La RASD exprime sa gratitude à la Namibie    139 corps découverts dans les charniers de Tarhounah    Madoui prend le relais    La «seconde jeunesse» de Koudri    Incendie au niveau du siège    Masque anti-âge avec de la vaseline    Régime et hypertension artérielle    Gâteau au chocolat sans gluten    Flâneries, émerveillement et regrets !    Après 77 jours d'isolement à Florence, Michel-Ange et Raphaël enfin déconfinés    Vente d'un manuscrit unique sur la bataille d'Austerlitz annoté par Napoléon    Acquisition de la nationalité algérienne : la longue course d'obstacles    Le procès commencera la deuxième semaine de février    Les rebelles pointés du doigt par l'ONU    Plus de 250 morts et 100 000 déplacés au Darfour    Un an de prison ferme requis    Mohamed Baba-Nedjar transféré à l'hôpital    Visite d'inspection du ministre des Travaux publics : Mise en service de plusieurs infrastructures    Les joueurs de nouveau en grève    Mourad Karouf, nouvel entraîneur    Le MJS gèle les suspensions prononcées depuis juin 2020    Les souscripteurs AADL 1 crient leur ras-le-bol    Gel des importations des viandes rouges : Quel impact sur le marché local ?    Sensibilisation des éleveurs à l'insémination artificielle    L'incontournable rendez-vous des hirakistes    Ourida Lounis. Avocate : «Nous plaidons pour la réhabilitation des victimes»    Le FFS se prononce sur le climat politique : «Les élections ne sont pas une solution à la crise actuelle»    Hosni Kitouni. Chercheur en histoire et auteur : «Ce qui nous importe, c'est le jugement que nous portons nous-mêmes sur la colonisation»    Abdelmadjid Guemguem, alias Guem, est décédé    De la philosophie comme remède à l'Institut français d'Alger    Koussaïla Adjrad ou quand passion rime avec fascination    APC d'Oran : Des logements vides mais difficiles à distribuer    La pâleur d'une façade    Tournoi de l'UNAF - U17 : Algérie - Tunisie, aujourd'hui à 14 h 30: Les Verts à une marche de la CAN    Football - Ligue 1: Un état des lieux préoccupant    Bouira - Covid-19 : 12 transporteurs verbalisés    Quand un vol de bétail se termine par un drame    Banque mondiale: Vers une reprise partielle de l'économie algérienne    De nouvelles conditions imposées sur les véhicules    245 nouveaux cas et 5 décès en 24 heures    Abdelaziz Rahabi : «Le rapport Stora ne prend pas en compte la principale demande historique des Algériens»    Ils ont été condamnés à des peines de 2 à 6 mois : Tadjadit et ses codétenus quittent la prison    «En 1981, les Américains ont proposé l'Algérie pour le prix Nobel»    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Monument aux morts de Constantine : un site qui s'offre une seconde jeunesse
Magazine : les autres articles
Publié dans El Watan le 15 - 08 - 2015

Il y a quelques années seulement, l'idée de se rendre en famille au Monument aux morts était perçue comme une initiative dangereuse.
C'était trop risqué de passer même dans les environs. Après des années d'abandon, le lieu est devenu un refuge pour les délinquants. Le gardiennage n'était pas assuré.
L'image du monument sur les cartes postales que les touristes étrangers envoyaient à leurs amis en Europe n'était plus la même. Les murs en pierre ont été «défigurés» par des graffitis, alors que tous les coins ont été transformés en urinoirs. Une image désolante.
Le 22 janvier 2013, au moment où tous les Constantinois étaient braqués sur leurs télévisions pour voir la rencontre Algérie-Tunisie, lors de la coupe d'Afrique, des malfrats munis du matériel nécessaire ont eu tout le temps pour découper une plaque en bronze portant les noms des combattants morts durant la Première guerre mondiale.
Des plaques préservées pendant plus de 50 ans, mais qui ont été détruites en quelques minutes. La mobilisation, il y a deux ans, de plusieurs mouvements citoyens à travers les réseaux sociaux a provoqué un éveil de conscience chez une bonne partie de la population. Ceci a enclenché une réaction en chaîne où des campagnes de sensibilisation ont été lancées pour la sauvegarde du site.
La manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015 a été aussi un leitmotiv qui a poussé les autorités à se réveiller de leur longue hibernation, surtout après les cris des citoyens par voie de presse pour dénoncer l'état dans lequel se trouvait le Monument aux morts. Les opérations de toilettage ont été les premières à être lancées pour débarrasser le site des ordures, et les façades du monument des innombrables graffitis.
Le Monument aux morts semble avoir retrouvé une seconde jeunesse, surtout que des associations et des mouvements de jeunes ont pris l'initiative d'appeler les familles afin que ces dernières renouent avec le site, notamment avec les fameuses rencontres du vendredi après-midi lors des traditionnelles cérémonies de «Qahwet El Asser», ou à travers les randonnées organisées au profit des jeunes.
Un très beau coucher du soleil
Le coucher du soleil est d'une tout autre beauté au Monument aux morts de Constantine. Depuis quelques mois, elles sont aussi nombreuses les familles qui prennent la route de l'hôpital avant de monter en voiture sur la pente de la cité Emir Abdelkader, puis emprunter le chemin situé juste derrière la maternité du CHU Ben Badis. D'autres préfèrent escalader les escaliers qui montent depuis la sortie du pont suspendu de Sidi M'cid pour arpenter un parcours abrupt, offrant une vue insaisissable en bas sur la fameuse corniche.
Tous les étrangers qui visitent la ville sont éblouis par ce site, devenu une destination touristique incontournable, notamment pour ceux qui préfèrent la randonnée pédestre à partir du boulevard Zighoud Youcef (ex-boulevard de l'Abîme) longeant ces magnifiques balcons posés sur la falaise et admirer en bas la vallée verdoyante de Hamma Bouziane.
Toutefois, une halte est inévitable sur la vaste terrasse qui se trouve juste à la sortie du dernier tunnel du boulevard de l'Abîme, au dessus duquel se trouve le fameux et sinistre Kef Chekara (pic des sacs) où la légende racontait qu'à l'époque de certains beys de Constantine, tout condamné à mort est mis dans un sac en compagnie d'un chat, avant d'être jeté du haut du rocher.
A la faveur des journées d'été, nombreuses sont les familles qui venaient passer une partie de la nuit du Ramadhan pour profiter de l'air frais. La terrasse située juste en contrebas du Monument et offrant une belle vue panoramique du nord au sud de la ville est devenue la destination préférée en fin d'après-midi.
Une patrouille de police, présente toute la journée sur les lieux, veille sur la sécurité des visiteurs. «La sécurité est importante dans ces lieux publics, ce qui encourage beaucoup de familles à venir se détendre ici et passer des moments agréables», nous révèle Madjid, fonctionnaire habitué du site. Fait nouveau ou phénomène de société, les cortèges nuptiaux commencent à affluer ces derniers jours vers le Monument aux morts, où jeunes mariés et convives marquent une halte pour prendre des photos souvenirs.
Hommage aux enfants de la ville
Après avoir escaladé les 36 marches en pierre taillée, on arrive devant le monumental arc de triomphe. Pour le construire, les Français se sont inspirés de celui de Trajan, situé dans les ruines de Timgad. En levant la tête, on observe une énorme statue. C'est la fameuse statue de la Victoire réalisée par Ebstein. Il s'agit en fait d'une reproduction à grande échelle de la statuette romaine en bronze, nommée «La Victoire de Constantine», découverte lors des fouilles effectuées dans La Casbah durant l'occupation française. Elle est conservée actuellement au Musée Cirta du Coudiat.
Décidée par la mairie de Constantine, présidée à l'époque par Emile Morinaud, la conception du Monument aux morts a été confiée au cabinet d'architecture Marcel Dumoulin et Maurice de La Chapelle, dont les bureaux se trouvaient au 92, rue Georges Clémenceau (actuelle rue Larbi Ben M'hidi, plus connue par Trik Djedida).
La première pierre a été posée le 18 novembre 1918. Il s'agit, pour l'histoire, du premier monument du genre réalisé à l'époque en hommage aux soldats de la ville morts pour la France durant la Grande guerre (1914-1918).
Après douze ans de travaux, le Monument est inauguré le 7 mai 1930, en présence de Gaston Doumergue, président de la République française, Paul Doumer, président du Sénat, Ferdinand Buisson, président de la Chambre des députés, de ministres et de M. Morinaud, maire de Constantine.
L'on dénombre ainsi plus de 800 soldats musulmans, chrétiens et juifs, tous originaires de la ville de Constantine, qui ont vu leurs noms gravés sur des plaques en bronze. Comme au front, le destin les aura réunis, encore une fois, sans aucune distinction de race ou de religion.
Une table d'orientation originale
A plus de 695 mètres d'altitude, la table d'orientation réalisée en 1936 par le Touring Club de France est le meilleur guide pour les visiteurs du site qui veulent mieux connaître la région de Constantine. Sur un balcon semi-circulaire, on peut voir à quelques kilomètres au nord, dans la direction de Skikda, la localité de Bekira, Oued Ziad, Hamma Bouziane, le col de Bizot et le rocher de Sidi M'cid situé à moins d'un kilomètre à une altitude de 785 mètres.
A l'ouest, en bas, on distingue le pont d'Aumale, l'un des sept ponts de la ville, qui enjambe le Rhummel à 2 km, alors que la vallée de Sidi M'cid occupe une bonne partie d'une toile naturelle dominée au fond par Djebel Akral à 26 km. Au sud-ouest, le quartier de Belouizdad (ex-Saint Jean) est visible à un jet de pierre, et un peu vers le sud c'est le boulevard Zighout Youcef (boulevard de l'Abîme) et le quartier de La Casbah perchés sur le rocher.
On ne le dira jamais assez, une visite au Monument aux morts est plus qu'une incitation pour y revenir. Une invitation pour une exploration du temps, des lieux et de la mémoire. Une mémoire toujours en quête de réhabilitation.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.