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InfoSoir s'invite chez les Magdy,
L'exemple de réussite d'une famille mixte
Publié dans Info Soir le 14 - 11 - 2009

Témoignage n Les Magdy, une famille mixte égypto-algérienne, est un exemple de réussite. Nous avons été l'hôte de cette famille, qui nous a accueillis à bras ouverts chez elle.
Malika Meraou est une Algérienne mariée à un Egyptien. Elle est originaire d'Alger, plus exactement de Zéralda. Enseignante avant son «exil», elle a été membre d'une APC et la première femme élue au niveau de l'Algérie au sein de la formation politique le FLN, il y a de cela…. 25 ans ! Comment s'est-elle retrouvée au Caire, au Degla El-Maâdi ? Elle nous dit que c'est le destin qui l'a menée là-bas. «Mon mari, je ne l'ai connu ni à Alger ni au Caire, mais dans l'avion Alger - Tunis. Nous sommes restés en relation par courrier et ce jusqu'à l'aboutissement de cette relation par le mariage», nous dit-elle savoir. Madame Meraou nous a révélé qu'elle avait insisté pour que la date du mariage soit un premier novembre. «Depuis ce jour, je fête l'anniversaire de mon mariage simultanément avec la date historique du 1er-Novembre à l'ambassade d'Algérie en Egypte. C'est une date symbolique», ajoute-t-elle fièrement. Malgré ses 25 ans de vie en Egypte, elle dit que rien ne pourra la changer. «Etant Algérienne mariée à un Egyptien, j'avais le droit de bénéficier de la nationalité de mon époux. Mais, j'ai beaucoup temporisé pour la demander car je ne pouvais pas me voir dans la peau d'une personne, autre qu'Algérienne. Mais j'ai fini par la demander pour des raisons d'intégration, mais pour ce faire, j'ai attendu 21 ans. Pendant toute cette période, j'étais indécise car je me posais beaucoup de questions. vais-je perdre mon algérianité et mon appartenance à mon pays. Je n'étais pas heureuse d'avoir bénéficié de cette nationalité, mais il fallait le faire pour ne pas perdre mes droits en Egypte», explique-t-elle. Petit à petit, la fille de Zéralda commence à se plier aux us et coutumes de son pays d'adoption. «Avec 25 ans de vie ici, je me suis habituée à la vie des Egyptiens. Pour être sincère avec vous, avec le temps, je sens que j'ai une partie égyptienne en moi. Je côtoie beaucoup les Egyptiens et j'ai enseigné le français. Après, j'ai été directrice d'école et c'est ainsi que j'ai fini par m'intégrer. L'Algérie me manque terriblement et toutes les occasions sont les bienvenues pour rejoindre les miens dans mon pays. Mais sincèrement, une fois que je suis là-bas, l'Egypte me manque aussi. C'est un quart de siècle de vécu ici en Egypte et ce n'est pas facile de se démarquer aussi facilement. Durant ces 25 ans, je n'ai jamais rencontré de problèmes ici. Je reconnais que par rapport à beaucoup d'autres femmes algériennes mariées à des Egyptiens, je suis très gâtée. J'ai un mari très gentil, très doux, compréhensif et très ouvert d'esprit.
Pour votre information, les Egyptiens aiment les étrangers et surtout les Arabes. Donc, il n'y a pas lieu de dire qu'ils n'aiment pas les Algériens. J'ai deux beaux-frères mariés à des Egyptiennes, et ma belle-mère répète tout le temps : «Les deux ne valent pas Malika.» C'est un honneur pour moi et pour mon algérianité. Donc, j'ai trouvé ma place au sein de cette société égyptienne, du moins au sein de ma belle-famille.» Madame Magdy, avec son accent algérois, malgré les 25 ans de vie dans le pays des Pharaons, nous a révélé qu'elles sont cinq sœurs à avoir épousé des Egyptiens. Entre sa famille et l'Egypte, c'est une vraie histoire d'amour.
«Je mettrai le drapeau sur le balcon» l Profitant de l'actualité – le match de football de ce soir entre l'Algérie et l'Egypte –, madame Magdy estime que l'animosité entre les deux pays, qu'engendre une rencontre de football, est essentiellement due à la force de l'Algérie. «Je vous parle, maintenant, avec l'esprit égyptien. Il faut savoir que l'Algérie avant 1989 était la meilleure équipe au niveau arabe. Cela n'est pas accepté, si l'on peut dire ainsi, par les Egyptiens. Mais depuis les événements de la décennie noire, nous avons régressé un peu. L'Egypte se retrouve face à un ogre, à chaque fois qu'un match l'oppose à l'Algérie. C'est une question de suprématie. Aujourd'hui, les deux équipes joueront un match à grand enjeu. Il s'agit d'une qualification au Mondial. Ils rêvent d'y participer.» Par ailleurs, elle estime que la presse dans les deux pays n'a rien fait pour dépassionner les débats. «Les médias ont déclenché les hostilités entre les deux galeries des deux pays. Je dis bien les supporters, pas les peuples. La presse en Algérie n'est pas aussi puissante qu'en Egypte. Elle se résume aux journaux seulement, contrairement à l'Egypte où il y a un champ médiatique plus large. Avec des journaux et des chaînes de télévisions, cela crée un énorme déséquilibre médiatique entre les deux nations.» Nous lui avons demandé comment elle voit le match, Madame Magdy semble très confiante en la qualification des Verts. «Les Egyptiens le savent. Mon entourage sait que l'équipe égyptienne n'a pas de grandes chances pour passer. Les chances de l'Algérie sont plus grandes que celles de l'Egypte. Devant cette situation, on opte pour la guerre psychologique. A chaque fois qu'ils se sentent en danger, les Egyptiens optent pour ce procédé afin de tenter de déstabiliser l'adversaire. Je pense que l'équipe algérienne, et ceux qui veillent sur elle, sont préparés psychologiquement pour cette éventualité. Je vais certainement voir le match. J'ai décidé de regrouper des Algériennes chez moi pour suivre cette rencontre avec elles. Je sais que je serai seule à la maison contre tous, mais dès que la rencontre s'achèvera, tout sera terminé. Si l'Algérie se qualifie, je mettrai le drapeau sur le balcon», conclut-elle.
Dina
L'intellectuelle au caractère algérien l Même si elle dit qu'elle est plutôt Egyptienne, Dina, la fille aînée des Magdy, ne renie pas son algérianité. Elle vient de terminer des études universitaires avec un diplôme, décroché haut la main, en sciences biotechnologiques. «Nous avons hérité certains traits de caractère de notre mère et d'autres de notre père. Nous avons de bonnes choses algériennes. Nous sommes quelque peu nerveux (rires), mais nous sommes aussi propres que les Algériens, chose que nous avons hérité de notre mère. C'est le système algérien quoi. Nous sommes vraiment une famille unie, sauf que lors des confrontations footballistiques entre l'Egypte et l'Algérie, chacun choisit son camp. Je sens que l'Algérie va gagner ce samedi, mais je dois supporter l'Egypte... Je serai déçue si l'Egypte ne va pas au Mondial surtout que tous ceux qui m'entourent le seront aussi. J'aurais, peut-être, eu un sentiment différent si je vivais en Algérie. Mes amis me demandent toujours des explications lorsqu'il s'agit d'événement algérien. Par exemple, dernièrement, on m'a demandé des invitations pour assister au gala animé par Cheb Khaled. C'est la preuve qu'il n'y a aucun problème d'avoir une appartenance, même à moitié, algérienne. Au contraire c'est un avantage. J'écoute le raï et je vais souvent voir ce beau pays, notamment Zéralda, une ville côtière magnifique. Je vous annonce que nous allons, prochainement, assister au mariage d'une cousine. Ce sera une immense occasion pour nous de voir la neige. C'est la période en ce moment en Algérie et je serai ravi de voir la neige surtout qu'ici en Egypte, nous n'en avons pas.»
Le mari, un éminent réalisateur
La famille Magdy est un exemple de réussite. Ahmed Ali, le père, a tracé le chemin à sa progéniture. Il est réalisateur de cinéma. Il a reçu le premier prix au festival du film qui s'est déroulé chez nous, à Oran, pour le film ‘Khaltat Fawziya'. Il a fait des études de pharmacie, mais il a voulu faire du cinéma après avoir obtenu son diplôme. Sa mère voulait qu'il soit médecin et il a, en partie, réalisé son vœu. Mais après, il a choisi son chemin en optant pour le cinéma. Il était assistant réalisateur de Mohamed Khan, de Kheïri Bichara et de Youcef Chahine. Il a réalisé son premier film ‘Ya douniya ya gharami' ensuite ‘Al batal', ‘srar al banat' pour le cinéma. En ce qui concerne la télévision, il a réalisé plusieurs feuilletons, à l'image de ‘El houbou mawtan', ‘Friskaé et il vient de sortir son dernier film ‘Assafir ennil', avec lequel il va participer au festival du Caire.
Ahmed sur les traces de son père
Ambition n Posé et bien dans sa peau, Ahmed, l'héritier des Magdy, est l'exemple de la réussite dans les études et la passion.
Le garçon de la famille Magdy, Ahmed, est un diplômé de l'Université de droit de Aïn Shams. Il ne s'est pas arrêté là. Le cœur l'a guidé pour suivre sa passion. Il a décidé d'étudier le cinéma pendant une année et il a réussi à devenir un réalisateur indépendant et acteur en même temps. Ce garçon, aux traits algériens, a suivi le chemin de son père tout en réussissant un parcours parfait dans ses études. Pour sa moitié algérienne, Ahmed Magdy semble très fier, même s'il se sent beaucoup plus Egyptien. «Je trouve que c'est un privilège d'être doté d'une double nationalité. Il faut savoir que ce n'est pas un fait nouveau chez nous. Ma grand-mère paternelle est d'origine turque et mon grand-père est Egyptien, alors que mes grands- parents du côté maternel ont des origines arabe et berbère. Donc, ce n'est pas nouveau pour moi. C'est un amalgame très particulier et j'en suis très fier. Dans mon enfance, je passais des vacances en Algérie et j'ai toujours éprouvé du plaisir à me rendre dans ce pays», nous dira-t-il. Cependant, son penchant va pour le pays des Pharaons, là où il a grandi et vécu. «Sincèrement, je suis plus intégré dans le système politique, culturel et éducatif égyptien. Je ne me suis jamais senti Algérien de par mon vécu permanent en Egypte. Cependant, lorsque je me rends en Algérie, je sens que je peux facilement m'intégrer dans les habitudes de ce pays.
En grandissant, j'ai pris conscience que l'Algérie est mon deuxième pays. D'ailleurs, j'aimerai bien réaliser un projet d'enfance là-bas. Je voudrai découvrir l'arbre généalogique de ma famille en Algérie.» Pour le match de ce samedi, il révèle qu'il n'est pas trop football. «Néanmoins, je dirai que l'ébullition médiatique entre les médias des deux pays est absurde. Ils sont allés trop loin. Ce qui s'est passé hier à l'hôtel de l'équipe nationale algérienne est déplorable. Je souhaite que la rencontre soit caractérisée par un fair-play total. Pour le match, j'avoue que je serai pour l'Egypte. Cependant, je serai très fier si l'Algérie passe au Mondial.»
Racha
Une Egyptienne, mais qui adore l'Algérie l Universitaire en deuxième année à l'Académie navale, Racha, est la plus jeune de la famille. Pour elle, sa double nationalité, elle la vit normalement. «Je dirai même que cela me fait un énorme plaisir.»
Mais pour le match de ce soir, elle déjà choisi son camp. «Je vais, peut-être, vous décevoir, mais je supporterai l'Egypte face à l'Algérie. Nous allons gagner. Nous allons laisser ma mère seule pour une fois. Chacun doit choisir son camp, nous c'est l'Egypte et notre mère a opté pour l'Algérie.
C'est vrai qu'on me dit toujours que je n'ai pas le type égyptien, mais cela ne me dérange guère.
Je vis cette situation normalement même si je sens que les gens me regardent différemment. Cela dit, je suis Egyptienne mais j'aime énormément l'Algérie.»
Houria Karouri (Sidi Bel Abbes 45 ans)
«Plus l'échéance approche, plus les Egyptiens changent de comportement» l Nous avons aussi trouvé une Algérienne à l'aéroport. Elle est venue accueillir la sélection nationale qui venait d'arriver d'Italie. Elle porte sa petite fille drapée dans un drapeau algérien. Houria Karouri, 45 ans, est originaire de Sidi Bel Abbes. Elle vit en Egypte depuis cinq ans et affirme qu'elle s'y plaît. Toutefois, elle a assisté à la tentative d'agression dont ont été victimes les supporters et les journalistes algériens à l'aéroport. «Ils ne vont pas nous faire peur. Je les plains car ce sont eux qui ont peur de nous. Ils savent que nous avons une bonne équipe et que sur le terrain, leurs chances de passer l'écueil algérien sont presque inexistantes», nous dira-t-elle d'emblée. La dame affirme, par ailleurs, qu'elle n'a jamais rencontré de problème avec les Egyptiens depuis qu'elle est là. «Nous sommes deux peuples frères et ce n'est pas un match de football qui va tout chambouler. Il existe des ultras dans les deux camps, mais ce n'est qu'une minorité. La preuve, vous avez vu le nombre qui était présent devant l'aéroport. Il est insignifiant par rapport aux 80 millions que compte l'Egypte.»
Une dame de Beaufraisier à l'accueil des Algériens l Voilée et accompagnée de son petit fils, Madame Mohamed Abdelkader Zidan, n'a pas hésité à effectuer le déplacement à l'aéroport, ces tris derniers jours, pour accueillir les supporters algériens. Nous l'avons approchée pour en savoir un peu plus sur ses rapports avec les Egyptiens. Madame Zidan affirme qu'il n'existe aucune animosité entre les Algériens et les Egyptiens. Une petite tension émerge à l'approche d'un match de football entre les deux pays, mais elle est vite dissipée quand tout le monde rentre chez lui.
Accompagnée de son enfant de 4 ans, madame Zidan n'hésite pas à afficher son algérianité. Son fils tient à la main le drapeau vert et blanc floqué d'un croissant et d'une étoile rouges, histoire de lui inculquer , dès son plus jeune âge, qu'il est aussi Algérien. «Cela fait cinq ans que je vis en Egypte. Je suis Algéroise, j'habite Beaufraisier du côté de Bouzaréah.
Sincèrement, je n'ai jamais eu de problème avec les Egyptiens.
Même au sein de ma belle-famille, je suis bien considérée. Mon époux est très respectueux et cela me comble. Aujourd'hui, je me suis déplacé à l'aéroport dans l'espoir d'avoir un drapeau algérien. Je veux que dans l'esprit de mon fils soit ancré l'amour d'un pays, qui est l'Algérie», nous dira cette dame avec fierté. Nous lui avons demandé quel est son lien avec Zidan, l'avant-centre égyptien, elle rétorque : «C'est Zidane, le nôtre.»


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