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Quel avenir pour l'Ukraine ?
Affaiblie par l'annexion de la Crimée à la Russie et prise en étau
Publié dans La Tribune le 24 - 03 - 2014

Au lendemain de l'intégration officielle de la péninsule de la Crimée dans le giron du nouvel empire russe de Vladimir Poutine, les analystes se sont empressés prévoir l'option armée dans le règlement de la crise politique en Ukraine, qui venait d'être amputée d'une partie stratégique de son territoire. Mais rien de toutes ces analyses qui prédisaient le chaos n'a été vrai. La Crimée, désormais faisant partie de la Russie, a commencé son processus d'intégration en adoptant la monnaie russe, en permettant à la marine moscovite de prendre le contrôle des anciennes bases militaires qui appartenaient, il y a quelques jours, à Kiev. En réponse à l'annexion de la Crimée, l'Union européenne a signé à Bruxelles le volet politique de l'accord d'association avec le gouvernement intérimaire de Kiev qui cherche à sortir l'Ukraine de l'influence du Kremlin. Mais dans cet accord entre Bruxelles et Kiev, les signataires n'ont pas fait mention d'une intégration imminente de l'Ukraine dans l'Union européenne, tout comme Moscou n'avait pas fait référence, en annexant la Crimée, à une éventuelle intervention militaire pour forcer tous les Ukrainiens à devenir citoyens russes. Prise entre le marteau et l'enclume, l'Ukraine, qui vit aussi dans le chaos économique, est-elle en phase de devenir la pièce maîtresse d'une nouvelle guerre froide entre l'ancien empire soviétique et les Etats-Unis qui cherchent à tout prix de ramener ce pays à l'UE et à l'Otan ? Avec l'épisode de l'indépendance de la Crimée, l'Ukraine est-elle menacée de sécession en raison de sa composante sociolinguistique et culturelle très diverse ? Ou saura-t-elle rester indépendante et unie, tout en essayant de jouer le rôle clé de pont entre l'Europe et l'Asie ? Vladimir Poutine va-t-il vraiment renoncer à l'Ukraine qu'il veut à tout prix ramener sous son aile pour réaliser son cher projet d'une union politique et économique de l'Eurasie ? La liste des questions qui se posent, en termes claires, sur l'Ukraine, est longue, mais ce sont surtout celles liées à son avenir immédiat et à moyen terme qui peuvent intéresser les observateurs de la scène internationale et les analystes en matière de géostratégie. Que sera l'avenir de l'Ukraine qu'on ne peut pas déconnecter des enjeux régionaux et internationaux, dans un début de millénaire marqué par la crise économique et de nouvelles reconfigurations des équilibres géopolitiques ? Les analystes prévoient plusieurs scénarios, mais aucun d'eux n'est envisageable pour le moment. L'Ukraine n'a aucune chance d'intégrer la communauté européenne tant qu'elle n'a pas encore réussi à se remettre sur orbite sur le plan politique et économique. Le respect des droits des minorités, l'instauration d'un Etat de droit et le respect du jeu démocratique font partie des conditions que Kiev n'a pas encore pu réunir pour adhérer au bloc européen. Le système du président déchu, Viktor Ianoukovitch, n'est pas totalement démantelé malgré l'arrivée au pouvoir d'hommes et de femmes qui ont affirmé leur détermination à sortir de l'ère soviétique. L'émergence de la droite extrémiste n'arrange pas aussi une adhésion de l'Ukraine à l'UE. Sur le plan économique, l'Ukraine doit lutter contre la corruption que le système Ianoukovitch a fortement favorisée. Sans oublier la dépendance de ce pays de Moscou qui vient de lui réclamer un prêt frôlant les douze milliards de dollars, contracté par Kiev en échanges de tarifs avantageux dans l'achat du gaz russe et contre l'utilisation par l'armée russe des bases militaires en Crimée. Maintenant que la Crimée est russe et que le gouvernement de Kiev a orienté son regard vers l'Ouest, Moscou juge que l'accord en question n'est plus valide, demandant ainsi le remboursement de sa dette dans les meilleurs délais. Concernant donc l'adhésion de Kiev au groupe des 28 capitales qui sont unies à Bruxelles, ce ne sont pas tous les Ukrainiens qui sont prédisposés à accepter l'ensemble des lois et textes en vigueur dans l'espace de l'UE. Autant la possibilité d'une intégration de l'Ukraine à l'UE est écartée, le risque d'une sécession de ce pays n'est pas à l'ordre du jour. Cette option est combattue aussi bien sur le plan interne qu'externe. Les nouveaux dirigeants doivent toutefois consentir de grands efforts dans un pays où vivent plusieurs communautés dont l'orientation politique est, soit pro-européenne, soit pro-russe. Si les forces extérieures (Etats-Unis, Union européenne et Russie) n'interviennent pas dans l'actuel processus de remise sur rail de la République ukrainienne d'une manière positive, le risque de voir ce pays se diviser en micro-Etats n'est pas à écarter. L'Ukraine peut par ailleurs reprendre son indépendance, sur tous les plans, si ses nouveaux dirigeants se décident à éviter de jouer le rôle de vassal. Kiev peut prétendre à jouer le rôle d'un véritable trait d'union entre l'Europe occidentale et un continent asiatique en pleine mutation. Il faudrait peut-être que l'Europe cesse d'écouter les Etats-Unis qui n'ont aucun intérêt à ce que ce lien se fasse entre le Vieux continent et la Russie, qui dispose actuellement d'assez de pouvoirs et de moyens pour contrebalancer l'influence américaine dans cette région du monde.
L. M.

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