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Economie numérique : Alger abrite une conférence régionale de haut niveau
Publié dans Le Maghreb le 26 - 03 - 2018

Organisée par le ministère des Finances, en collaboration avec la Banque Mondiale et le Fonds monétaire arabe, une conférence régionale de haut niveau se tiendra à Alger à partir d'aujourd'hui jusqu'à demain. En effet ce rendez-vous sera l'occasion pour évoquer le sujet de la contribution de l'économie numérique à la croissance des pays de la région Mena et la promotion de l'innovation.
La conférence se tiendra sous le haut patronage du président de la République et s'inscrit en droite ligne de son programme qui accorde une priorité élevée aux questions de développement des technologies de l'information, de l'innovation et de l'emploi des jeunes. Elle réunira des décideurs publics, des entrepreneurs et des chercheurs de la région et d'ailleurs. La BM a annoncé à Washington la participation de son vice-président pour la région Mena, Hafez Ghanem. Le président du groupe de la BM, Jim Yong Kim, devrait intervenir, quant à lui, par visioconférence. Parmi les participants, figure Mudassir Sheikha, directeur général de Careem, une application de mise en relation entre conducteurs et passagers, devenue concurrente de l'américain Uber. La conférence verra également la participation de Riad Hartani, cofondateur de Xona Partners et Ivalley.Co. Ce chercheur algérien basé à la Sillicone Valley est aussi consultant sur le projet Alger Smart City.
La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) devrait créer des centaines de millions d'emplois au cours des trois prochaines décennies, a expliqué la BM dans un communiqué diffusé à l'occasion de cette conférence qui se tiendra sous le thème "les jeunes, la technologie et la finance". Ce défi est aussi une opportunité pour les pays de la région pour transformer leur économie et tirer parti, d'une part, de la créativité que recèle leur importante population jeune et, d'autre part, de la force de rupture que constituent les nouvelles technologies pour en faire des moteurs de croissance, souligne-t-on de même source. La conférence s'attachera à mettre en évidence les éléments fondamentaux d'une nouvelle économie.
Les discussions porteront notamment sur le rôle des systèmes éducatifs dans le changement d'état d'esprit des jeunes générations à l'égard de l'innovation et dans la promotion des comportements innovants, précise la BM. L'usage des smartphones et des réseaux sociaux est généralisé chez les jeunes de la région, qui enregistre, par ailleurs, un essor rapide du nombre de diplômés. Pourtant, peu d'entre eux allient leurs compétences aux nouvelles technologies pour se lancer dans l'entrepreneuriat. Alors que le site d'e-commerce Souq.com et l'application mobile de mise en relation entre conducteurs et passagers Careem constituent des exemples convaincants du champ des possibles, la conférence se penchera sur les conditions à mettre en place pour multiplier ces premières initiatives encourageantes.
Il y sera notamment question de la réforme des systèmes éducatifs pour doter les jeunes des compétences indispensables, mais aussi des règlementations à mettre en œuvre pour promouvoir l'innovation comme moteur de développement du secteur privé et de la création d'emplois. La conférence tentera aussi de tirer les leçons de la mise en place des infrastructures techniques nécessaires, telles que l'accès à l'internet haut débit et les systèmes de paiement numériques.
La BM relève que la nouvelle économie sera portée par des innovations technologiques qui ont pour effet d'étendre l'accès aux formations et de réduire leur coût, de révolutionner le rapprochement entre l'offre et la demande d'emploi et de diminuer le coût d'incubation des start-up. La réussite de plusieurs "licornes" régionales sera également mise en avant, afin de mettre en lumière des personnalités qui ont su exploiter des technologies disruptives pour lancer et développer des entreprises, et de donner ainsi à voir ce que pourrait être l'avenir de la région.

Un moteur de croissance pour la région
Le développement de l'économie numérique pourrait devenir un levier de croissance pour les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord et contribuer à accroître les gains de productivité dans cette région, a indiqué l'économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Mena, Rabah Arezki. Dans un entretien accordé à l'APS à la veille de la tenue de cette conférence, Rabah Arezki, revient sur les " balbutiements de cette économie " dans les pays de la région qui pourraient devenir dans un avenir proche, si les conditions s'y prêtent, des superstars technologiques à l'instar de l'Inde.
L'économiste en chef précise que la région Mena qui pâtit dans l'ensemble d'un ralentissement économique, " devrait réfléchir à d'autres sources de croissance " et il se trouve que les nouvelles technologies de l'information et de la communication pourraient être ce moteur en mesure de doper les économies de la région.
"Miser sur l'industrie est devenu beaucoup plus difficile avec l'émergence de la Chine comme puissance industrielle " qui capte le gros des investissements, constate cet économiste, qui explique que les services pourraient constituer un tremplin pour une croissance à long terme de la région.
Le potentiel est là : une jeunesse formée qui a la capacité de développer des projets dans le e-commerce et l'économie de l'internet.
Pour participer à l'essor de l'économie digitale, les pays de la région auront besoin d'améliorer trois aspects importants, à savoir l'accompagnement financier des porteurs de projets, la régulation et l'apprentissage, résume M. Arezki.
La mise en relation des porteurs de projets avec les entreprises qui financent ces initiatives s'avère d'une importance cruciale. Les plateformes en ligne pourraient favoriser ce rapprochement.
Il s'agit " d'appareiller l'offre et la demande d'emploi en ligne de sorte que ces jeunes innovateurs puissent trouver des entrepreneurs intéressés par le financement de leurs projets", explique ce responsable de la BM.

La régulation pour encourager l'innovation
A la Banque Mondiale " les données nous indiquent qu'avec ces micro entreprises, la création d'emploi sera plus importante ", relève cet associé non résident du prestigieux Think Tank américain Brooking Institution et de l'université d'Oxford. La régulation devrait jouer, par ailleurs, un rôle de catalyseur en la matière, estime M. Arezki. " La régulation ne doit pas être un outil utilisé uniquement pour limiter les risques mais doit contribuer à accélérer le développement de l'innovation et de l'entreprenariat ".
Aussi, il est essentiel pour les régulateurs de comprendre ces écosystèmes car il s'agit de nouvelles technologies qui nécessitent des politiques adaptées, souligne l'économiste en chef.
Encore faut-il souligner que pour faciliter l'émergence des startups et le développement de tout cet écosystème, il est primordial en matière de régulation de concilier l'objectif de limiter les risques avec la nécessité de promouvoir l'innovation et la compétitivité, enchaîne-t-il.
La Banque Mondiale pourrait dans ce cadre aider les pays de la région à comprendre ces écosystèmes, à accroître cette économie de l'apprentissage et à promouvoir la qualité des services dans certains domaines, relève M. Arezki.

La réforme de l'apprentissage
Les pays de la région doivent également préparer la jeunesse à ce nouvel environnement. La refonte de l'apprentissage devient une nécessité pour adapter les systèmes éducatifs aux besoins du marché et de l'économie du savoir, soutient l'économiste.
" Apprendre à apprendre pour être capable de se transformer ", indique Rabah Arezki qui souligne la nécessité de mettre en place " un système de formation permettant d'être constamment à la pointe du développement technologique ".
C'est " la refonte de la façon, dont on éduque, c'est aussi accorder plus d'importance aux sciences et aux mathématiques et à tout ce qui peut soutenir l'économie de l'innovation ", note-t-il.
L'Inde, où le développement des Tic est devenu un levier de croissance, représente un modèle en la matière, et pourrait servir d'expérience pour les pays de la région afin d'en tirer les enseignements.
D'ailleurs, l'exemple de l'Inde et du Pakistan sera discuté lors de cette conférence Selon l'économiste en chef. Les organisateurs de la conférence annoncent la participation de plusieurs responsables de Start-ups qui ont réussi à révolutionner le marché dans la région.

Faciliter l'émergence d'un secteur privé créatif et innovant
Dans une autre intervention, M. Arezki, rappelle que pendant très longtemps, les moteurs de croissance de cette région ont reposé sur le secteur public.
Accueilli dimanche à l'émission l'Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio algérienne, l'intervenant estime que le moment est venu de faire du secteur privé le moteur principal de cette croissance dans lequel, indique-t-il, l'économie numérique est appelée à jouer un grand rôle, pour autant que soient libérés les freins de mise en connexion entre la technologie et les jeunes qui sont en contact avec cette dernière.
Il considère cependant que pour réussir cette transition, il reste un certain nombre d'obstacles à lever, notamment pour ce qui concerne l'éducation, la finance ou la régulation, afin que cette technologie soit plus productive " qu'elle ne l'est aujourd'hui ".
L'économie numérique, déclare-t-il, peut être génératrice d'emplois, d'amélioration des services, de plus grande concurrence pour créer des leviers de croissance par un secteur privé " plus créatif et plus innovant ".
Revenant aux résultats attendus de cette conférence, M. Arezki explique qu'elle devrait notamment permettre au ministère des Finances et au Fonds monétaires Arabe, de comprendre tout l'intérêt d'émergence de cette nouvelle économie.
Pressé de donner quelques indicateurs chiffrés, en termes d'emplois particulièrement, des expériences réalisées par l'économie numérique dans les pays où elle a été expérimentée, l'intervenant répond que ces chiffres ne sont pas disponibles " parce que, déclare-t-il, il y a eu très peu d'analyses concernant cette dernière.
Il rappelle à nouveau, que la conférence de demain se propose de donner une " place proéminente " à l'étude de cette nouvelle économie, de la comprendre " et peut-être de l'accélérer avec des politiques publiques.


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