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Venezuela Dialogue et refus d'ingérence extérieure
Publié dans Le Maghreb le 30 - 01 - 2019

Plusieurs pays ont apporté leur soutien aux autorités légitimes au Venezuela, après la "tentative d'usurpation du pouvoir", dénonçant une "ingérence extérieure" et appelant au dialogue, alors que l'ONU a rejeté un projet de déclaration américain.
Plusieurs pays, notamment la Chine, la Russie, l'Iran, la Syrie, la Turquie, la Bolivie, le Mexique et Cuba ont exprimé leur "ferme soutien" et solidarité au Président Nicolas Maduro et dénoncé vigoureusement une "tentative d'usurpation du pouvoir" par le président du parlement, Juan Guaido, qui s'est autoproclamé mercredi dernier lors d'une manifestation à Caracas comme "président en exercice" du Venezuela.
La Chine maintient que "tous les pays doivent adhérer aux objectifs et aux principes de la charte des Nations unies, notamment les normes des relations internationales et le droit international, qui comprend la non-interférence dans les affaires intérieures d'un autre pays, le respect mutuel de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, et s'abstenir d'utiliser la menace du recours à la force".
Pour Pékin, les affaires du Venezuela "doivent et ne peuvent être choisies et décidées que par le peuple vénézuélien", appelant toutes les parties concernées à "respecter le choix du peuple vénézuélien", avant d'exprimer le soutien à "toutes les parties au Venezuela à chercher une solution politique via le dialogue pacifique, dans le cadre de la constitution du pays".
Dans le même sillage, la Russie s'est félicitée vendredi que la majorité des pays ont refusé l'ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela, affirmant que le plus important dans la situation du pays est d'éviter les interventions étrangères.
Moscou souligne que "les citoyens vénézuéliens doivent résoudre eux-mêmes les problèmes de leur pays, sans aucune intervention étrangère".
Dans ce contexte, M. Maduro se dit prêt à rencontrer son opposant, mais ce dernier refuse et appelle à une grande mobilisation la semaine prochaine pour exiger le départ de M. Maduro.

Un projet de déclaration américain bloqué
Un projet de déclaration américain au Conseil de sécurité de l'ONU sur le Venezuela visant à apporter "un plein soutien" à l'Assemblée nationale vénézuélienne dirigée par M. Guaido, a été bloqué samedi par la Russie et la Chine.
Le texte, qui souligne aussi l'engagement de cette Assemblée à "restaurer la démocratie et l'Etat de droit" au Venezuela, parlait d'une "absence de légitimité" du dernier processus électoral dans le pays et condamnait un "recours à la violence" des forces de sécurité contre des manifestants. La Russie, avec le soutien de la Chine, a rompu une procédure de silence entre les 15 membres du Conseil visant à faire adopter le document.
Selon une source diplomatique, le projet est désormais enterré, le texte proposé par la Russie demande un dialogue politique au Venezuela. Paris et Berlin ont, quant à eux, lancé samedi un "ultimatum" à M. Maduro, disant qu'ils reconnaitraient M. Guaido comme "président" si des élections n'étaient pas convoquées sous "huit jours".
La Cour suprême a renouvelé, lors d'une session spéciale, son "plein appui" à M. Maduro face à la tentative d'usurpation du pouvoir par Juan Guaido. M. Maduro, qui avait prêté serment le 10 janvier pour son second mandat à la tête du pays, a déclaré qu'il ne quitterait pas sa fonction de chef de l'Etat avant l'expiration de son mandat en 2025.

Maduro annonce des manœuvres militaires
Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a effectué une visite d'inspection dans plusieurs bases militaires du pays où il a annoncé le coup d'envoi prochainement de manœuvres militaires, qualifiées des plus importantes de l'histoire du pays, dans un contexte de forte tension diplomatique entre Caracas et Washington, ont rapporté lundi des médias locaux. Le président vénézuélien s'est rendu notamment dans une base militaire dans l'Etat de Carabobo (nord), lançant à cette occasion : "Traîtres jamais, loyaux toujours pour la Nation", ont indiqué des médias vénézuéliens.
Lors de son déplacement dimanche à Fort Paramacay dans la ville de Valencia, Nicolas Maduro, accompagné du ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a supervisé les préparatifs pour des exercices qualifiés de "plus importants dans l'histoire du pays". Il s'est rendu également dans plusieurs bases militaires pour confirmer le soutien dont il dispose de la part de l'Armée nationale.
La visite d'inspection effectuée par le Président Maduro auprès des troupes de l'Armée intervient dans le contexte d'une forte tension avec les Etats-Unis qui n'avaient pas exclu la possibilité d'une intervention militaire après avoir exprimé leur soutien à l'opposant Juan Guaido, autoproclamé président en exercice du Venezuela.
Face aux menaces de Washington d'intervenir militairement, le président vénézuélien a déclaré à l'occasion que "l'Armée devait être prête à défendre le Venezuela et sa souveraineté". En conséquence, il a annoncé le lancement de manœuvres militaires massives qui se dérouleront du 10 au 15 février prochain.
"Nous nous préparons aux plus importants exercices militaires de notre histoire, en hommage au Bicentenaire d'Angostura, dans le but de réunir toutes les capacités opérationnelles, organisationnelles, militaires et syndicales pour défendre notre patrie", a-t-il souligné. Selon des experts militaires russes, l'Armée du Venezuela est l'une des mieux préparées d'Amérique latine à mener une guerre face à un ennemi extérieur.
S'exprimant récemment à l'agence russe Sputnik, l'expert militaire Igor Korotchenko a affirmé en effet que "le défunt président du pays, Hugo Chavez, avait lancé un vaste programme de modernisation de l'Armée vénézuélienne pour défendre le pays et l'ordre constitutionnel". "Grâce aux importantes réserves d'armes russes et à la préparation de spécialistes locaux à leur utilisation, dont la plupart ont encore été effectuées sous la présidence du défunt président Hugo Chavez et se sont achevées avec Nicolas Maduro, l'Armée du Venezuela reste l'une des plus préparées d'Amérique latine à faire face à une éventuelle guerre ", a-t-il fait savoir. Pendant près de 10 ans, le Venezuela a acquis une grande quantité d'armes et d'équipements russes, notamment des systèmes anti-aériens Pechora-2M, S-300, Buk-M2EK, Igla-S, des blindés de transport BTR-80A, des chars T-72B1V, ainsi que des navettes multiples Smerch et Grad, a précisé encore ce spécialiste des questions d'armements.


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