Zoukh, Karim Djoudi et Amar Tou devant le juge    La société civile dévoile son projet    Levée d'immunité pour Boudjema Talai    Un avion d'Air Algérie rebroussechemin !    La situation s'enlise    Abdelkader El Gouri élu    Affrontements meurtriers à Nzérékoré    Nouvelle escalade entre les Etats-uniset l'iran    Nouveau dérapage de Naïma Salhi    Le prix du chef de l'Etat Ali-Maâchi décerné à 24 jeunes talents    Andy Delort : «C'est une fierté d'être là»    Sénégal: Mauvaise nouvelle pour Sadio Mané    PLUS DE 600.000 CANDIDATS CONCERNES : Début aujourd'hui des épreuves du Bac    LE PARTI TOURNE LA PAGE D'OUYAHIA : Vers l'effondrement du RND ?    COUR SUPREME : Chakib Khelil, Djoudi et Tou convoqués    Le récent mouvement populaire que notre pays connait témoigne de la vitalité du peuple algérien    Le ministère tunisien rejette les pseudo-partis politiques nouvellements créés    Le gouvernement de Hong Kong essuie des critiques de son camp    L'UE insiste sur le traité négocié avec Londres    Bensalah et Bedoui sommés de partir    Pour le régime Bouteflika, la chute est brutale    «Le résultat du match CSC-USMA est douteux»    Helaïmia s'engage avec les Belges de Beerschot Anvers    Ali Ghediri écroué    Des citoyens bloquent le siège de l'APC de Bouti Sayeh    24 hectares de récoltes sur pied ravagés par le feu    Gendarmerie nationale : Saisie de 9,3 kg de kif traité, une arrestation    «Le certificat prénuptial est très important»    9 affaires de drogue traitées en mai    Le fils de Ould Abbès sous mandat de dépôt    Le bleu pour le Soudan sur les réseaux sociaux    Fidèle à la mémoire de Fouad Boughanem    Chef d'entreprise en Algérie, il est devenu vendeur de fripe aux «puces» de Montreuil    Le retour de La Dolce Vita    NAHD: Le CSA cible deux coaches    L'usine étatique d'eau minérale de Laghouat : L'APW dénonce un blocage intentionnel    Mercato d'été    Bouira: Trois morts et quatre blessés dans un accident de la route    11ème congrès international des gynécologues privés: 10 à 12% des couples présentent une infertilité    Constantine - CHU Constantine: Le DG, le chef de bureau des marchés et un fournisseur sous contrôle judiciaire    La protection de l'environnement en question    Dréan: Le marché hebdomadaire adjugé pour 1,7 milliard de cts     MC Oran: A quand le bout du tunnel ?    Volley-ball - Super division - Play down: Les prétendants de sortie    «J'ai couru vers le Nil»* de Alaa El Aswany: Comment la révolution égyptienne a été brisée ?    Mohamed Zerrouki (1902-1957): Un écrivain visionnaire précoce resté méconnu    LES AIGLES EN CARTON    Les Sénats européens et africains expriment leur volonté de promouvoir les valeurs communes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Quand l'URSS aspirait à rejoindre l'Otan
Publié dans Le Maghreb le 20 - 05 - 2019

Le 31 mars 1954, l'URSS a entrepris une tentative résolue d'adhérer à l'Otan. La note officielle demandant d'adhérer à l'Alliance avait été adressée aux gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France.
La requête de l'URSS d'il y a 65 ans de rejoindre l'Otan rappelait que la formation de blocs militaires avait précédé les deux Guerres mondiales, écrit le site d'information Gazeta.ru. Selon Moscou, en approuvant la candidature soviétique les puissances occidentales auraient mis en avant les objectifs pacifiques du projet, et non son orientation nette contre l'URSS - ce dont l'Otan était soupçonnée à raison.
"L'Organisation du traité de l'Atlantique nord cesserait d'être un groupe militaire fermé d'États et serait ouverte à l'adhésion d'autres pays européens - ce qui aurait une importance primordiale pour le renforcement de la paix globale tout en créant un système efficace de sécurité collective en Europe", affirmait la note de l'Union soviétique.
Les pays occidentaux ont fermement rejeté l'initiative soviétique. Toutefois, il est tout à fait possible également que le Kremlin n'espérait pas sérieusement rejoindre le club de ses opposants idéologiques, avec lesquels la confrontation montait en puissance depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale à travers la planète, de l'Allemagne jusqu'à la Corée. La Guerre froide s'aggravait, qui avait commencé après le discours de Fulton prononcé par Winston Churchill en 1946 et après lequel les Américains, les Britanniques et les Français avaient commencé à voir leur récent allié de la coalition antihitlérienne comme un dangereux ennemi.
La diplomatie soviétique, sous la direction de Viatcheslav Molotov, a donc joué un coup rusé dont l'issue, quelle qu'elle fût, ne pouvait être que favorable pour l'URSS.
En cas de réponse positive, l'Union soviétique se rangeait non seulement du côté de ses récents adversaires, mais recevait également l'opportunité de "percer les véritables intentions de l'Otan de l'intérieur". En cas de refus plus clair de l'Occident d'accepter Moscou dans son équipe, le Kremlin pouvait annoncer un isolement provoqué et avoir un prétexte pour créer sa propre organisation militaire.
En déposant sa demande d'adhésion à l'Otan, le nouveau gouvernement soviétique cherchait notamment à atténuer la situation internationale après la mort de Joseph Staline. Ce dernier avait également cherché à se lier d'amitié avec l'Occident, ou du moins à afficher une telle volonté. Début 1949 déjà, le ministre des Affaires étrangères de l'URSS Andreï Vychinski, avec la médiation du parti communiste britannique, avait envoyé à Londres une note proposant d'aborder la participation de Moscou à l'Union de l'Europe occidentale - le prédécesseur idéologique de l'Otan. La réponse négative qui avait été opposée à cette proposition avait permis à Staline de qualifier cette alliance de "minage sous l'Onu".
Le thème de l'adhésion soviétique à l'Alliance est revenu à l'ordre du jour en 1952 après la première expansion de l'Otan, qui s'était rapprochée des frontières méridionales de l'URSS avec l'adhésion de la Turquie. Lors de son entretien avec l'ambassadeur français Louis Joxe, en entendant que le président Charles de Gaulle considérait l'Alliance uniquement comme une organisation pacifique, Staline a ironiquement demandé à Andreï Vychinski: "Dans ce cas, ne devrions-nous pas adhérer à l'Otan?"
L'URSS cherchait comment obtenir des membres de l'Otan la promesse de ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays. L'un des partisans convaincus du dépôt d'une demande d'adhésion à l'Otan en 1954 était l'expert du ministère des Affaires étrangères Andreï Gromyko. Le projet soviétique de traité paneuropéen sur la sécurité collective avait été élaboré avec sa participation active: l'Union soviétique suggérait d'examiner ce document en parallèle avec la question de l'adhésion à l'Otan.
Le 19 mars, une note a été envoyée au présidium du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), affirmant: "Le ministère des Affaires étrangères juge utile d'adhérer au traité de l'Atlantique nord. Cette déclaration mettrait dans une situation difficile les organisateurs de l'Alliance de l'Atlantique nord qui soulignent sa prétendue nature défensive et le fait qu'elle ne serait pas dirigée contre l'URSS ou les pays de la démocratie populaire."
En même temps que l'Union soviétique, les républiques socialistes soviétiques d'Ukraine et de Biélorussie ont également déposé des demandes d'adhésion à l'Otan. Comme dans le cas de l'adhésion à l'Onu en 1945, quand il fallait accroître son influence, Moscou cherchait à persuader le monde du statut indépendant de ces républiques qui faisaient partie de l'Union de leur plein gré.
Les gouvernements des principales puissances occidentales n'ont pas cru Moscou, supposant la nature populiste des propositions soviétiques. Prévalait l'avis selon lequel les véritables intentions de l'Union soviétique étaient, premièrement, de repousser les États-Unis d'Europe et, deuxièmement, de détruire l'Otan de l'intérieur. Rien que pour commencer les discussions sur les deux questions, il a été exigé de l'URSS de quitter l'Allemagne et l'Autriche, de renoncer à ses bases militaires en Extrême-Orient et de signer un accord sur le désarmement.
Inutile de dire que l'Occident avait également conscience du caractère irréaliste de telles conditions.
Le gouvernement soviétique s'est démonstrativement offusqué du refus de l'Otan. Le communiqué officiel publié à l'époque exprimait le regret par rapport aux positions de Washington, de Londres et de Paris qui, en paroles, déclaraient leur aspiration "à contribuer à la détente dans les relations internationales", mais montraient "autre chose" dans les faits.
En 1955, le statut de membre de l'Otan a été accordé à la RFA, ce qui a définitivement dissipé toutes les illusions concernant l'orientation de l'Alliance. La même année a été signé un accord sur la création d'une alliance militaire des pays socialistes d'Europe: elle incluait, hormis l'URSS, l'Albanie, la Bulgarie, la Hongrie, la RDA, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie. En 1961 est apparue une autre organisation rassemblant près de 120 États refusant de faire partie de l'Otan ou du pacte de Varsovie: le Mouvement des non-alignés, mené par la Yougoslavie socialiste, l'Inde et l'Égypte.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.