Début de la révision exceptionnelle des listes électorales    35 cargaisons de produits locaux expédiées vers 19 pays    Sonelgaz entame des opérations de maintenance des réseaux électriques    Des victimes encore sous les décombres    La propagande d'un ancien officier israélien sèchement recadrée en plateau    Demi-finale CAF : L'USMA tenue en échec, l'arbitrage au cœur de la polémique    Consensus total autour des bilans moral et financier 2025    Championnat d'Afrique de tennis (U14) : médaille de bronze pour l'Algérien Ali Moussa    Lancement de la 3ème phase du système national d'immatriculation des véhicules    L'emploi, la saison estivale 2026 et les examens scolaires officiels au menu    Rush sur les plages avant l'ouverture officielle de la saison estivale    Figure majeure de la presse algérienne    Premier tour de manivelle à Tizi-Ouzou    Le souverain pontife, Léon XIV, prononce un discours sur l'esplanade du Sanctuaire des martyrs de la Glorieuse guerre de libération nationale    Le pape Léon XIV se recueille à la mémoire des martyrs de la glorieuse Guerre de Libération nationale et prononce un discours    Le président de la République accueille le Pape Léon XIV à l'aéroport d'Alger    L'Algérie condamne avec la plus grande fermeté les frappes israéliennes barbares et sauvages sur le Liban    Le pétrole en forte hausse ce lundi matin    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un ancien chasseur alpin raconte les exactions françaises en Kabylie
Un piton séparé du reste du monde de claude georges picard
Publié dans Le Midi Libre le 07 - 04 - 2014

Un Piton séparé du reste du monde, paru aux éditions du Net est, sans nul doute, l'un des rares livres sincères écrit par un soldat français sur la Guerre d'Algérie. Il vaut son pesant de vérités.
Un Piton séparé du reste du monde, paru aux éditions du Net est, sans nul doute, l'un des rares livres sincères écrit par un soldat français sur la Guerre d'Algérie. Il vaut son pesant de vérités.
Un Piton séparé du monde est le journal que Claude Georges Picard, a écrit sur ses années passées au sein d'une section de chasseurs alpins dans un petit village de Kabylie. C'est un témoignage extrêmement important et riche en informations sur la guerre d'Indépendance. Le style de l'auteur est dépouillé, simple, direct et sans fioritures. Claude Georges Picard écrit à chaud, sans changement, hormis quelques mises en perspective pour la compréhension du texte et par ailleurs faciles à identifier.
Ce journal commence à son départ de France jusqu'à son départ. L'auteur tient vaille que vaille jusqu'à son départ la plume. Il y consigne clandestinement tout ce qu'il voit et vit et fait envoyer les feuillets en secret à son père. Et refuse donc de devenir un jour ces centaines de milliers d'anciens soldats taiseux après avoir vu l'innommable. Claude Georges Picard préfère écrire pour tenir.
L'homme est traversé de doutes sur sa place dans cette guerre. Même s'il refuse d'être un insoumis Claude Georges Picard ne se faisait pas d'illusion sur la guerre d'Algérie. « Je voudrais seulement ne pas manquer à l'honneur. Si je reviens un jour à mon pays, ne jamais être taraudé par un remord
indélébile », écrit-il le 11 janvier 1961. Il arrive le 14 janvier à El Kseur et rejoindra sa section basé à Imaghdacène, un petit village dans la forêt de Yakourène.
De là, il témoigne sur les méthodes abjectes de sa section, les tortures, les souffrances de la population, mais aussi sur les trois classes qu'il a mis en place ainsi que le petit dispensaire pour les habitants d'Imaghdacène, un village qui a pourtant refusé la soumission à l'armée française. "Habituellement, le maître d'école s'avance vers ses élèves avec un cartable bourré de livre. Moi je vais vers eux des grenades dans les poches de mon treillis et un pistolet mitrailleur en bandoulière. Je ne voulais pas prendre d'arme. L'adjudant chef a refusé", écrit-il le 26 février après qu'il fut accueilli avec des cris de joie par les élèves, les femmes et les vieillards.
Les hommes valides sont soit au maquis ou dans l'émigration.
"Il fait très froid. L'école n'est pas chauffée. La neige recouvre les toits du village et obstrue les ruelles. Aucun élève ne manque à l'appel", souligne le 14 mars 1961. C'est dire la soif d'apprendre de ces bambins.
Pour Claude Georges Picard, le camp est une prison, ses compagnons des détenus. Il est sans concession avec les soldats. Parlant d'eux, il écrit le 17 mai : "Je suis dégoûté de cette humanité, je suis entouré d'une bande d'ivrogne ...
Il est 23h45, l'étable à cloportes a pris des allures de caveau. Nous sommes rangés dans nos lits comme des morts dans leur tombe. Mais les morts n'écrivent pas, mais les morts ne se haïssent pas". Tout l'ouvrage est de la même eau: limpide et direct comme un upercut d'un champion, sans demi-mesure. Un Piton séparé du reste du monde sera à l'histoire dans cette région, ce qu'était La question de Henri Alleg à la torture pendant la guerre d'Indépendance : un témoignage de première main. A ce titre, le refus de publication opposé en 1962 à ce journal par le jury Grand prix vérité du Parisien libéré renseigne par ailleurs sur la censure qui prévalait en France sur tout ouvrage qui n'entrait pas les cases glorificatrices de la colonisation.
Le livre est précieux, son auteur est sans doute l'un des rares soldats, pour ne pas dire le seul, à avoir écrit un document pareil sur ses années de guerre en Algérie. Sincère, clair, précis et sans pathos, le soldat déroule son quotidien dans ce poste avancé au fin fond de la Kabylie et nous offre à lire aussi une page de notre histoire, non sans nuances. Un Piton séparé du reste du monde bat en brèche la vulgate militaire française et les fameux journaux de marche qui retracent d'un style policé et revisité la guerre d'indépendance. Il révèle de l'intérieur cette violence brutale qui animait nombre de soldats de l'armée française.Un Piton séparé du reste du monde est franchement un journal à lire et faire lire.
Un Piton séparé du monde est le journal que Claude Georges Picard, a écrit sur ses années passées au sein d'une section de chasseurs alpins dans un petit village de Kabylie. C'est un témoignage extrêmement important et riche en informations sur la guerre d'Indépendance. Le style de l'auteur est dépouillé, simple, direct et sans fioritures. Claude Georges Picard écrit à chaud, sans changement, hormis quelques mises en perspective pour la compréhension du texte et par ailleurs faciles à identifier.
Ce journal commence à son départ de France jusqu'à son départ. L'auteur tient vaille que vaille jusqu'à son départ la plume. Il y consigne clandestinement tout ce qu'il voit et vit et fait envoyer les feuillets en secret à son père. Et refuse donc de devenir un jour ces centaines de milliers d'anciens soldats taiseux après avoir vu l'innommable. Claude Georges Picard préfère écrire pour tenir.
L'homme est traversé de doutes sur sa place dans cette guerre. Même s'il refuse d'être un insoumis Claude Georges Picard ne se faisait pas d'illusion sur la guerre d'Algérie. « Je voudrais seulement ne pas manquer à l'honneur. Si je reviens un jour à mon pays, ne jamais être taraudé par un remord
indélébile », écrit-il le 11 janvier 1961. Il arrive le 14 janvier à El Kseur et rejoindra sa section basé à Imaghdacène, un petit village dans la forêt de Yakourène.
De là, il témoigne sur les méthodes abjectes de sa section, les tortures, les souffrances de la population, mais aussi sur les trois classes qu'il a mis en place ainsi que le petit dispensaire pour les habitants d'Imaghdacène, un village qui a pourtant refusé la soumission à l'armée française. "Habituellement, le maître d'école s'avance vers ses élèves avec un cartable bourré de livre. Moi je vais vers eux des grenades dans les poches de mon treillis et un pistolet mitrailleur en bandoulière. Je ne voulais pas prendre d'arme. L'adjudant chef a refusé", écrit-il le 26 février après qu'il fut accueilli avec des cris de joie par les élèves, les femmes et les vieillards.
Les hommes valides sont soit au maquis ou dans l'émigration.
"Il fait très froid. L'école n'est pas chauffée. La neige recouvre les toits du village et obstrue les ruelles. Aucun élève ne manque à l'appel", souligne le 14 mars 1961. C'est dire la soif d'apprendre de ces bambins.
Pour Claude Georges Picard, le camp est une prison, ses compagnons des détenus. Il est sans concession avec les soldats. Parlant d'eux, il écrit le 17 mai : "Je suis dégoûté de cette humanité, je suis entouré d'une bande d'ivrogne ...
Il est 23h45, l'étable à cloportes a pris des allures de caveau. Nous sommes rangés dans nos lits comme des morts dans leur tombe. Mais les morts n'écrivent pas, mais les morts ne se haïssent pas". Tout l'ouvrage est de la même eau: limpide et direct comme un upercut d'un champion, sans demi-mesure. Un Piton séparé du reste du monde sera à l'histoire dans cette région, ce qu'était La question de Henri Alleg à la torture pendant la guerre d'Indépendance : un témoignage de première main. A ce titre, le refus de publication opposé en 1962 à ce journal par le jury Grand prix vérité du Parisien libéré renseigne par ailleurs sur la censure qui prévalait en France sur tout ouvrage qui n'entrait pas les cases glorificatrices de la colonisation.
Le livre est précieux, son auteur est sans doute l'un des rares soldats, pour ne pas dire le seul, à avoir écrit un document pareil sur ses années de guerre en Algérie. Sincère, clair, précis et sans pathos, le soldat déroule son quotidien dans ce poste avancé au fin fond de la Kabylie et nous offre à lire aussi une page de notre histoire, non sans nuances. Un Piton séparé du reste du monde bat en brèche la vulgate militaire française et les fameux journaux de marche qui retracent d'un style policé et revisité la guerre d'indépendance. Il révèle de l'intérieur cette violence brutale qui animait nombre de soldats de l'armée française.Un Piton séparé du reste du monde est franchement un journal à lire et faire lire.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.