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Ebola, tout savoir sur ce virus mortel
Publié dans Le Midi Libre le 20 - 08 - 2014

Le virus Ebola a été découvert en 1976 dans l'actuelle République démocratique du Congo. Si son origine reste floue, les chauves-souris d'Afrique centrale sont les principales suspectes. Elles transmettraient le virus à l'homme et à d'autres animaux par contact avec leur chair ou leurs liquides biologiques. Le virus passe ensuite d'homme à homme de la même manière.
Le virus Ebola a été découvert en 1976 dans l'actuelle République démocratique du Congo. Si son origine reste floue, les chauves-souris d'Afrique centrale sont les principales suspectes. Elles transmettraient le virus à l'homme et à d'autres animaux par contact avec leur chair ou leurs liquides biologiques. Le virus passe ensuite d'homme à homme de la même manière.
Le virus provoque une fièvre accompagnée de diarrhée et d'hémorragies externes ou internes, puis la mort du patient dans 55 à 90 % des cas. Si les symptômes sont pris en charge, il n'existe pas de vaccin homologué, simplement des traitements en cours d'expérimentation.
Bien que terrifiant et accompagné de mesures de précaution importantes - mise en quarantaine, mobilisation de l'armée, état d'urgence -, ce virus reste moins dangereux que le sida ou le paludisme. La fièvre Ebola, hautement contagieuse et le plus souvent mortelle, est à l'origine d'une nouvelle épidémie sans précédent en Afrique de l'Ouest.
Un taux de létalité pouvant atteindre 90 % Guinée, Liberia, Sierra Leone, la fièvre hémorragique virale Ebola est désormais transfrontalière en Afrique de l'Ouest. Cette épidémie est l'une de celles qui comporte "le plus de défis" depuis l'apparition de la maladie il y a 40 ans, a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette maladie est l'une des plus graves connues chez l'homme : son taux de létalité peut atteindre 90 %. La dernière manifestation du virus date de 2012, en République démocratique du Congo où il a tué 69 personnes. Depuis sa découverte en 1976 dans ce même pays, le nombre de décès total qui y sont liés avoisine les 1.600.
Son origine exacte demeure encore inconnue, mais le virus a été introduit dans la population humaine via des animaux sauvages, vivants ou morts. "En Afrique, l'infection a été constatée après la manipulation de chimpanzés, de gorilles, de chauves-souris frugivores, de singes retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale", précise l'Organisation mondiale de la santé. Il se propage ensuite dans les communautés par transmission interhumaine.
Il est souvent trop tard
Il suffit d'un contact avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques (urine, sperme) de personnes infectées ou par l'intermédiaire d'environnements contaminés pour être à son tour contaminé. Les patients atteints souffrent brutalement de fièvre intense, de douleurs musculaires, de céphalées. Ces premiers symptômes, qui ressemblent à ceux du paludisme, sont suivis de vomissements, de diarrhée, d'une éruption cutanée, d'une insuffisance rénale et, dans certains cas, d'hémorragies.
"L'Ebola est d'autant plus redoutable que ses virus ne sont pas tout de suite repérés par l'organisme. Quand ce dernier réagit, il est souvent trop tard. Les virus ont créé des caillots, bloquant les organes vitaux et provoquant d'importantes hémorragies. Les malades peuvent saigner abondamment, y compris par le nez ou via leur urine", explique Médecins sans Frontières (MSF). Les sujets restent contagieux tant que le virus est présent dans leur sang et leurs sécrétions.
La recherche au point mort Il n'existe pas de vaccin, ni pour l'homme ni pour les animaux. "Plusieurs vaccins en sont au stade des essais, mais aucun n'est disponible pour un usage clinique", précise l'OMS. Les patients ont besoin d'une réhydratation au moyen de solutions d'électrolytes ou par voie intraveineuse. "Des vitamines et des anti-douleurs peuvent aussi être utiles", affirme MSF.
Cette absence de traitement efficace, de vaccin et de connaissances sur l'origine du virus montre que les recherches sur le sujet sont très limitées, "même si plusieurs pays s'y intéressent pour parer des menaces de guerre bactériologique ou de bioterrorisme", ajoute MSF. Le nombre peu élevé d'épidémies et de malades ne facilite pas les investigations. Les principaux gestes de prévention consistent à éviter tout contact avec des animaux sauvages et à respecter les règles d'hygiène, 1.013 morts sur 1.848 cas dans 4 pays d'Afrique
Ce virus, qui fait rage dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, a fait 1.013 morts sur 1848 cas. La communauté internationale et les pays de la région tentent de stopper la propagation de cette fièvre hémorragique. C'est la plus grave épidémie depuis la découverte du virus en 1976. Pour l'OMS, cette nouvelle poussée de fièvre, qui panique les pays de la région, est "une urgence de santé publique de portée mondiale".
Que sait-on de ce virus ?
Tout commence en 1976. Cette année-là, uine fièvre féroce sévit à Yambuku, une ville du Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), près de la rivière Ebola. Comme le raconte Le Monde, une équipe internationale est dépêchée sur place. Ces médecins identifient un virus géant ressemblant à un ver, jusque-là inconnu, et parviennent à stopper sa propagation. Cette première épidémie fait 318 morts au Zaïre et 284 autres au Soudan, où un foyer d'infection est découvert au même moment.
Voilà pour la petite histoire. Mais pour les scientifiques, l'origine du virus est toujours mystérieuse. En ce qui concerne l'épidémie actuelle, on ignore comment le premier malade, un Guinéen de 2 ans, a contracté le virus. Certaines espèces de chauves-souris, vivant dans les forêts tropicales d'Afrique centrale, constitueraient le réservoir naturel du virus, explique Médecins sans frontières. Ces mammifères, qui ne présentent pas les symptômes de la maladie, "semblent contaminer les grands singes et les humains par leurs fientes ou leurs morsures".
Quels sont les pays concernés ?
Selon les chiffres de l'OMS publiés le 12 août, la Sierra Leone (730 cas dont 315 décès) reste le principal foyer. Suivent le Liberia (599 cas dont 323 décès), la Guinée (506 cas dont 373 décès) et le Nigeria (13 cas dont 2 décès).
Par ailleurs, plusieurs étrangers ayant séjourné dans ces pays ont été contaminés. C'est le cas de deux Américains en mission humanitaire et d'un prêtre espagnol, infectés au Liberia. D'autres cas ont été suspectés à Hong Kong, au Sénégal et en Roumanie, mais les analyses ont innocenté le virus Ebola.
Après une période d'incubation - laps de temps entre la contamination et l'apparition des symptômes - allant de 2 à 21 jours - le virus provoque fièvre, diarrhée, douleurs musculaires, maux de tête et irritation de la gorge, détaille l'OMS. Rapidement, les caillots créés par le virus bloquent les organes vitaux et provoquent d'importantes hémorragies, internes et externes.
Depuis le début de cette nouvelle épidémie, le patient meurt dans 55 à 60 % des cas. Mais, selon l'OMS, ce chiffre peut parfois atteindre 90 %. "La forte mortalité et les signes hémorragiques sont tellement impressionnants qu'il est souvent arrivé que le personnel de santé s'enfuie en abandonnant les patients", rapporte le docteur Esther Sterk, spécialiste des maladies tropicales pour Médecins sans frontières.
Comment le virus se transmet-il ?
Comme expliqué plus haut, le virus est d'origine animale. Sa transmission à l'homme a été observée après "la manipulation de chimpanzés, de gorilles, de chauves-souris frugivores, de singes, d'antilopes des bois et de porcs-épics retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale", explique l'OMS. Les proches et le personnel de santé sont donc en première ligne. L'hospitalisation et les rites funéraires, pendant lesquels les corps sont lavés par la famille, sont des foyers importants d'infection.
Théoriquement, il est également possible d'être infecté lors d'un rapport sexuel. Mais la probabilité de contracter le virus de cette façon est faible : "Contrairement au sida, les malades ne sont contagieux qu'après l'apparition des symptômes, explique le docteur William Schaffner au site Live Science. A ce moment-là, faire l'amour est la dernière chose à laquelle pense le malade."
Il n'existe pas de vaccin homologué contre la maladie. Des traitements sont cependant en cours d'expérimentation. Les deux Américains contaminés cette année ont d'ailleurs testé l'un d'entre eux, le ZMapp, un cocktail de trois anticorps dont l'utilisation divise la communauté médicale. Même si le traitement a eu un effet spectaculaire sur l'un des deux patients, c'est la première fois qu'il est utilisé sur l'homme. "Aujourd'hui, il ne semble pas éthique de proposer une molécule, dont on ne connaît rien des effets secondaires, à des patients qui, dans 40 % des cas, vont guérir naturellement", met en garde le docteur Sylvain Baize, de l'Institut Pasteur, interrogé par La Croix.
En outre, les résultats observés sur le patient américain sont à prendre avec des pincettes. "Ce n'est pas à partir de seulement deux cas qu'on peut conclure à l'efficacité de ce traitement, qui, en outre, ne semble pas pouvoir être produit aujourd'hui à une large échelle", poursuit le médecin. Pour l'instant, les professionnels se contentent de soigner les symptômes : réhydratation par voie orale ou intraveineuse, administration de médicaments contre la diarrhée, vitamines, antalgiques, etc.
Quelles mesures prendre pour juguler l'épidémie ?
Puisqu'il n'existe pas de vaccin, la priorité est de limiter la propagation du virus. Pour ce faire, les pays concernés ont pris toute une batterie de mesures.
Les personnels de santé protégés, les malades isolés. Dans les hôpitaux où sont soignés les malades du virus Ebola, des règles draconiennes sont mises en place pour placer ces derniers en quarantaine. Les personnels soignants portent une combinaison imperméable, des gants, un masque et des lunettes de protection. Mais comme le virus frappe des endroits reculés, ces moyens de protection ne sont pas toujours au rendez-vous.
"Il faut souvent beaucoup de matériel pour isoler les patients et éviter toute contamination avec le personnel soignant", reconnaît Esther Sterk, de MSF. L'état d'urgence décrété, l'armée appelée en renfort. Dans trois des quatre pays concernés, le Liberia, le Nigeria et la Sierra Leone, l'état d'urgence a été décrété.
Au Liberia, les écoles et les administrations sont fermées, la campagne pour les élections sénatoriales reportée. Les liaisons aériennes coupées, les aéroports contrôlés. Moins touché, le Nigeria a suspendu les vols de la compagnie nationale gambienne sur son territoire, jugeant ses mesures de précaution "insatisfaisantes" alors qu'elle opère notamment au Liberia et en Sierra Leone. Une enveloppe de 11,5 millions de dollars a également été débloquée pour lutter contre le virus.
La Guinée, elle, avait annoncé samedi la fermeture de ses frontières terrestres avec le Liberia et la Sierra Leone. Mais elle est revenue sur cette décision quelques heures plus tard pour éviter une multiplication de déplacements transfrontaliers clandestins.
Les contrôles, avec pistolet laser pour prendre la température, sont cependant renforcés à l'aéroport de Conakry, rapporte RFI. D'autres pays de la région, non contaminés, ont pris leurs précautions. La Côte d'Ivoire a suspendu lundi les vols de sa compagnie nationale vers et depuis les pays affectés par la fièvre Ebola, et interdit à toutes les compagnies de transporter les passagers de ces pays vers Abidjan.
La fièvre Ebola, aussi terrifiante soit-elle, est une maladie rare. "Les épidémies sont limitées, mais elles créent à chaque fois la panique", observe Esther Sterk, de Médecins sans frontières. Si on compare l'épisode actuel à d'autres épidémies de maladies infectieuses, les 8.791 morts du choléra entre 2010 et 2013 à Haïti et les 18.449 morts de la grippe H1N1 en 2008 permettent de relativiser le bilan de la fièvre Ebola.
Depuis 1976, le virus a tué près de 2 500 personnes, contre 36 millions depuis 1983 pour le sida, observe Le Monde.fr. Et, en 2012, 627.000 personnes sont mortes du paludisme et 1,3 million de la turberculose, selon les chiffres de l'OMS.
Le virus provoque une fièvre accompagnée de diarrhée et d'hémorragies externes ou internes, puis la mort du patient dans 55 à 90 % des cas. Si les symptômes sont pris en charge, il n'existe pas de vaccin homologué, simplement des traitements en cours d'expérimentation.
Bien que terrifiant et accompagné de mesures de précaution importantes - mise en quarantaine, mobilisation de l'armée, état d'urgence -, ce virus reste moins dangereux que le sida ou le paludisme. La fièvre Ebola, hautement contagieuse et le plus souvent mortelle, est à l'origine d'une nouvelle épidémie sans précédent en Afrique de l'Ouest.
Un taux de létalité pouvant atteindre 90 % Guinée, Liberia, Sierra Leone, la fièvre hémorragique virale Ebola est désormais transfrontalière en Afrique de l'Ouest. Cette épidémie est l'une de celles qui comporte "le plus de défis" depuis l'apparition de la maladie il y a 40 ans, a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette maladie est l'une des plus graves connues chez l'homme : son taux de létalité peut atteindre 90 %. La dernière manifestation du virus date de 2012, en République démocratique du Congo où il a tué 69 personnes. Depuis sa découverte en 1976 dans ce même pays, le nombre de décès total qui y sont liés avoisine les 1.600.
Son origine exacte demeure encore inconnue, mais le virus a été introduit dans la population humaine via des animaux sauvages, vivants ou morts. "En Afrique, l'infection a été constatée après la manipulation de chimpanzés, de gorilles, de chauves-souris frugivores, de singes retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale", précise l'Organisation mondiale de la santé. Il se propage ensuite dans les communautés par transmission interhumaine.
Il est souvent trop tard
Il suffit d'un contact avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques (urine, sperme) de personnes infectées ou par l'intermédiaire d'environnements contaminés pour être à son tour contaminé. Les patients atteints souffrent brutalement de fièvre intense, de douleurs musculaires, de céphalées. Ces premiers symptômes, qui ressemblent à ceux du paludisme, sont suivis de vomissements, de diarrhée, d'une éruption cutanée, d'une insuffisance rénale et, dans certains cas, d'hémorragies.
"L'Ebola est d'autant plus redoutable que ses virus ne sont pas tout de suite repérés par l'organisme. Quand ce dernier réagit, il est souvent trop tard. Les virus ont créé des caillots, bloquant les organes vitaux et provoquant d'importantes hémorragies. Les malades peuvent saigner abondamment, y compris par le nez ou via leur urine", explique Médecins sans Frontières (MSF). Les sujets restent contagieux tant que le virus est présent dans leur sang et leurs sécrétions.
La recherche au point mort Il n'existe pas de vaccin, ni pour l'homme ni pour les animaux. "Plusieurs vaccins en sont au stade des essais, mais aucun n'est disponible pour un usage clinique", précise l'OMS. Les patients ont besoin d'une réhydratation au moyen de solutions d'électrolytes ou par voie intraveineuse. "Des vitamines et des anti-douleurs peuvent aussi être utiles", affirme MSF.
Cette absence de traitement efficace, de vaccin et de connaissances sur l'origine du virus montre que les recherches sur le sujet sont très limitées, "même si plusieurs pays s'y intéressent pour parer des menaces de guerre bactériologique ou de bioterrorisme", ajoute MSF. Le nombre peu élevé d'épidémies et de malades ne facilite pas les investigations. Les principaux gestes de prévention consistent à éviter tout contact avec des animaux sauvages et à respecter les règles d'hygiène, 1.013 morts sur 1.848 cas dans 4 pays d'Afrique
Ce virus, qui fait rage dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest, a fait 1.013 morts sur 1848 cas. La communauté internationale et les pays de la région tentent de stopper la propagation de cette fièvre hémorragique. C'est la plus grave épidémie depuis la découverte du virus en 1976. Pour l'OMS, cette nouvelle poussée de fièvre, qui panique les pays de la région, est "une urgence de santé publique de portée mondiale".
Que sait-on de ce virus ?
Tout commence en 1976. Cette année-là, uine fièvre féroce sévit à Yambuku, une ville du Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), près de la rivière Ebola. Comme le raconte Le Monde, une équipe internationale est dépêchée sur place. Ces médecins identifient un virus géant ressemblant à un ver, jusque-là inconnu, et parviennent à stopper sa propagation. Cette première épidémie fait 318 morts au Zaïre et 284 autres au Soudan, où un foyer d'infection est découvert au même moment.
Voilà pour la petite histoire. Mais pour les scientifiques, l'origine du virus est toujours mystérieuse. En ce qui concerne l'épidémie actuelle, on ignore comment le premier malade, un Guinéen de 2 ans, a contracté le virus. Certaines espèces de chauves-souris, vivant dans les forêts tropicales d'Afrique centrale, constitueraient le réservoir naturel du virus, explique Médecins sans frontières. Ces mammifères, qui ne présentent pas les symptômes de la maladie, "semblent contaminer les grands singes et les humains par leurs fientes ou leurs morsures".
Quels sont les pays concernés ?
Selon les chiffres de l'OMS publiés le 12 août, la Sierra Leone (730 cas dont 315 décès) reste le principal foyer. Suivent le Liberia (599 cas dont 323 décès), la Guinée (506 cas dont 373 décès) et le Nigeria (13 cas dont 2 décès).
Par ailleurs, plusieurs étrangers ayant séjourné dans ces pays ont été contaminés. C'est le cas de deux Américains en mission humanitaire et d'un prêtre espagnol, infectés au Liberia. D'autres cas ont été suspectés à Hong Kong, au Sénégal et en Roumanie, mais les analyses ont innocenté le virus Ebola.
Après une période d'incubation - laps de temps entre la contamination et l'apparition des symptômes - allant de 2 à 21 jours - le virus provoque fièvre, diarrhée, douleurs musculaires, maux de tête et irritation de la gorge, détaille l'OMS. Rapidement, les caillots créés par le virus bloquent les organes vitaux et provoquent d'importantes hémorragies, internes et externes.
Depuis le début de cette nouvelle épidémie, le patient meurt dans 55 à 60 % des cas. Mais, selon l'OMS, ce chiffre peut parfois atteindre 90 %. "La forte mortalité et les signes hémorragiques sont tellement impressionnants qu'il est souvent arrivé que le personnel de santé s'enfuie en abandonnant les patients", rapporte le docteur Esther Sterk, spécialiste des maladies tropicales pour Médecins sans frontières.
Comment le virus se transmet-il ?
Comme expliqué plus haut, le virus est d'origine animale. Sa transmission à l'homme a été observée après "la manipulation de chimpanzés, de gorilles, de chauves-souris frugivores, de singes, d'antilopes des bois et de porcs-épics retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale", explique l'OMS. Les proches et le personnel de santé sont donc en première ligne. L'hospitalisation et les rites funéraires, pendant lesquels les corps sont lavés par la famille, sont des foyers importants d'infection.
Théoriquement, il est également possible d'être infecté lors d'un rapport sexuel. Mais la probabilité de contracter le virus de cette façon est faible : "Contrairement au sida, les malades ne sont contagieux qu'après l'apparition des symptômes, explique le docteur William Schaffner au site Live Science. A ce moment-là, faire l'amour est la dernière chose à laquelle pense le malade."
Il n'existe pas de vaccin homologué contre la maladie. Des traitements sont cependant en cours d'expérimentation. Les deux Américains contaminés cette année ont d'ailleurs testé l'un d'entre eux, le ZMapp, un cocktail de trois anticorps dont l'utilisation divise la communauté médicale. Même si le traitement a eu un effet spectaculaire sur l'un des deux patients, c'est la première fois qu'il est utilisé sur l'homme. "Aujourd'hui, il ne semble pas éthique de proposer une molécule, dont on ne connaît rien des effets secondaires, à des patients qui, dans 40 % des cas, vont guérir naturellement", met en garde le docteur Sylvain Baize, de l'Institut Pasteur, interrogé par La Croix.
En outre, les résultats observés sur le patient américain sont à prendre avec des pincettes. "Ce n'est pas à partir de seulement deux cas qu'on peut conclure à l'efficacité de ce traitement, qui, en outre, ne semble pas pouvoir être produit aujourd'hui à une large échelle", poursuit le médecin. Pour l'instant, les professionnels se contentent de soigner les symptômes : réhydratation par voie orale ou intraveineuse, administration de médicaments contre la diarrhée, vitamines, antalgiques, etc.
Quelles mesures prendre pour juguler l'épidémie ?
Puisqu'il n'existe pas de vaccin, la priorité est de limiter la propagation du virus. Pour ce faire, les pays concernés ont pris toute une batterie de mesures.
Les personnels de santé protégés, les malades isolés. Dans les hôpitaux où sont soignés les malades du virus Ebola, des règles draconiennes sont mises en place pour placer ces derniers en quarantaine. Les personnels soignants portent une combinaison imperméable, des gants, un masque et des lunettes de protection. Mais comme le virus frappe des endroits reculés, ces moyens de protection ne sont pas toujours au rendez-vous.
"Il faut souvent beaucoup de matériel pour isoler les patients et éviter toute contamination avec le personnel soignant", reconnaît Esther Sterk, de MSF. L'état d'urgence décrété, l'armée appelée en renfort. Dans trois des quatre pays concernés, le Liberia, le Nigeria et la Sierra Leone, l'état d'urgence a été décrété.
Au Liberia, les écoles et les administrations sont fermées, la campagne pour les élections sénatoriales reportée. Les liaisons aériennes coupées, les aéroports contrôlés. Moins touché, le Nigeria a suspendu les vols de la compagnie nationale gambienne sur son territoire, jugeant ses mesures de précaution "insatisfaisantes" alors qu'elle opère notamment au Liberia et en Sierra Leone. Une enveloppe de 11,5 millions de dollars a également été débloquée pour lutter contre le virus.
La Guinée, elle, avait annoncé samedi la fermeture de ses frontières terrestres avec le Liberia et la Sierra Leone. Mais elle est revenue sur cette décision quelques heures plus tard pour éviter une multiplication de déplacements transfrontaliers clandestins.
Les contrôles, avec pistolet laser pour prendre la température, sont cependant renforcés à l'aéroport de Conakry, rapporte RFI. D'autres pays de la région, non contaminés, ont pris leurs précautions. La Côte d'Ivoire a suspendu lundi les vols de sa compagnie nationale vers et depuis les pays affectés par la fièvre Ebola, et interdit à toutes les compagnies de transporter les passagers de ces pays vers Abidjan.
La fièvre Ebola, aussi terrifiante soit-elle, est une maladie rare. "Les épidémies sont limitées, mais elles créent à chaque fois la panique", observe Esther Sterk, de Médecins sans frontières. Si on compare l'épisode actuel à d'autres épidémies de maladies infectieuses, les 8.791 morts du choléra entre 2010 et 2013 à Haïti et les 18.449 morts de la grippe H1N1 en 2008 permettent de relativiser le bilan de la fièvre Ebola.
Depuis 1976, le virus a tué près de 2 500 personnes, contre 36 millions depuis 1983 pour le sida, observe Le Monde.fr. Et, en 2012, 627.000 personnes sont mortes du paludisme et 1,3 million de la turberculose, selon les chiffres de l'OMS.


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