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Parasite du Sud-Coréen Bong Joon-ho remporte la Palme d'or
Cannes 2019
Publié dans Le Soir d'Algérie le 27 - 05 - 2019

Le film Parasite du Sud-Coréen Bong Joon-ho, qui dépeint la violence des inégalités sociales, a remporté la Palme d'or samedi en clôture du 72e Festival de Cannes, ont rapporté des médias locaux. «Merci beaucoup. Je suis très honoré, j'ai toujours été très inspiré par le cinéma français, je remercie Henri-Georges Clouzot et Claude Chabrol», a commenté Bong Joon-ho, premier cinéaste de son pays à décrocher la suprême récompense cannoise.
Bong Joon-ho est considéré comme le grand représentant de la nouvelle vague cinématographique de Corée du Sud. Il fait partie d'une génération dite les «enragés», ainsi qu'ils sont surnommés dans leur pays, dont figure Park Chan-wook qui avait remporté le Grand Prix de Cannas en 2004, avant celui du Jury en 2009 pour Thirst, ceci est mon sang. Le film Parasite relate un drame familial mâtiné de thriller, qui dépeint la violence des inégalités sociales avec une immense maîtrise formelle, que Bong, ancien étudiant en sociologie à l'Université Yonsei de Séoul, obtient la reconnaissance suprême.
Le Festival de Cannes a donc sacré samedi soir Bong Joon-ho, premier cinéaste sud-coréen à recevoir la Palme d'or, laquelle échappe une nouvelle fois à l'Espagnol Pedro Almodovar, l'autre grand favori de la compétition, qui tentait de l'obtenir pour la sixième fois. Lot de consolation pour Douleur et Gloire, film le plus personnel du cinéaste espagnol: l'acteur Antonio Banderas remporte le prix d'interprétation masculine. L'Américain Quentin Tarantino est lui reparti bredouille avec son Once upon a time... in Hollywood, l'un des films les plus attendus de la compétition, qui avait assuré le show sur la Croisette avec ses superstars Brad Pitt et Leonardo DiCaprio. Drame familial et thriller très maîtrisé sur les inégalités sociales, Parasite de Bong Joon-ho, qui avait remporté l'adhésion de la presse, est le deuxième film asiatique de suite à remporter la Palme d'or, après Une affaire de famille du Japonais Hirokazu Kore-Eda l'an dernier. «Je suis vraiment très honoré», a déclaré Bong Joon-ho, qui a dit être «toujours très inspiré par le cinéma français», et a remercié «les deux grands réalisateurs français Henri-Georges Clouzot et Claude Chabrol».
Parasite, qui mêle avec virtuosité les genres cinématographiques tout en tenant le spectateur en haleine, raconte l'histoire d'une famille de chômeurs dont la vie va changer le jour où leur fils va devenir professeur d'anglais pour une famille bourgeoise. «Nous avons tous été fascinés par ce film, et cette fascination a continué à croître au fil des jours», a expliqué le président du jury, le cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, lors d'une conférence de presse après le palmarès, soulignant que «la plupart des films qui ont reçu des prix traitent de justice sociale et d'injustice». «Ils ont à voir avec les aspects politiques et sociaux du monde actuel», a-t-il ajouté. «Le cinéma doit essayer d'élever la conscience sociale et ce, partout dans le monde», a-t-il encore dit, tout en réfutant que les choix du jury aient «reposé sur des choix politiques».
La Franco-Sénégalaise Mati Diop, 36 ans, l'une des quatre réalisatrices de la compétition, a reçu quant à elle le Grand Prix, deuxième récompense la plus importante, pour Atlantique, fable à la fois politique et onirique sur le sort des migrants et la jeunesse de Dakar, son premier long-métrage. «Je n'en reviens pas», a-t-elle lancé. Et, s'adressant au jury : «C'est un peu fou ce que vous avez fait !»
Autre nouveau venu à Cannes, le Français Ladj Ly a remporté le prix du jury pour Les Misérables, film coup-de-poing sur les violences policières dans les banlieues, ex æquo avec le film brésilien Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles. «Mon film parle des rapports entre les différentes communautés dans ce territoire. Le seul ennemi en commun qu'il y a entre ces habitants et les policiers, c'est la misère», a réagi Ladj Ly, avant de dédier son prix «à tous les misérables de France et d'ailleurs». «Ce soir, c'est mon soir de gloire», a déclaré l'acteur Antonio Banderas, 58 ans, en dédiant son prix d'interprétation à Pedro Almodovar, qui l'a lancé dans le métier dans les années 80 et avec qui il collaborait pour la huitième fois. "Je très suis heureux, mais je ressens une légère amertume. J'aurais bien aimé que Pedro soit ici" parmi les primés, a-t-il ajouté en conférence de presse.
Chez les femmes, c'est l'actrice anglo-américaine Emily Beecham, 35 ans, qui l'a emporté pour Little Joe de l'Autrichienne Jessica Hausner, dans lequel elle campe une scientifique excentrique, dans un monde gagné par les manipulations génétiques.
Les frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, qui appartiennent au club très restreint des double Palme d'or, ont décroché cette fois le prix de la mise en scène pour Le jeune Ahmed, sur un adolescent radicalisé. «Merci au jury pour cette récompense pour ce film, qu'on a voulu comme une ode à la vie», a déclaré Luc Dardenne en recevant ce prix, auprès de son frère Jean-Pierre, évoquant des «temps sombres difficiles, où des populismes identitaires montent».
Autre réalisatrice en compétition, la Française Céline Sciamma est repartie avec le prix du scénario pour Portrait de la jeune fille en feu, histoire d'amour entre une peintre et son modèle au XVIIIe siècle.
Palmarès du 72e Festival de Cannes
- Palme d'or : Parasite du Sud-Coréen Bong Joon-ho
- Grand Prix : Atlantique de la Franco-Sénégalaise Mati Diop
- Prix du jury : Les misérables du Français Ladj Ly et Bacurau des Brésiliens Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles
- Prix de la mise en scène : les Belges Luc et Jean-Pierre Dardenne pour Le jeune Ahmed
- Prix d'interprétation masculine : l'Espagnol Antonio Banderas pour Douleur et gloire de Pedro Almodovar
- Prix d'interprétation féminine : l'Anglo-Américaine Emily Beecham pour Little Joe de Jessica Hausner
- Prix du scénario : Portrait de la jeune fille en feu de la Française Céline Sciamma
- Mention spéciale du jury : It must be heaven du Palestinien Elia Suleiman
- Caméra d'or : Nuestras madres du Guatémaltèque César Diaz
- Palme d'Or du court-métrage : La distance entre le ciel et nous du Grec Vasilis Kekatos
- Mention spéciale du court-métrage : Monstruos Dios de l'Argentine Agustina San Martin.


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