Les angles de l'ingérence    Saïd Bouhadja n'est plus    Non-respect de l'échéancier de paiement: Sonelgaz met en garde les abonnés    Tlemcen: Deux nouveaux directeurs à la tête de l'urbanisme et du logement    Tébessa - Electricité et gaz : des mises en garde contre les raccordements illicites    Douze autres pays concernés: Les Emirats suspendent l'octroi des visas aux Algériens    Football - Ligue 1: Sur fond de certitudes et d'inconnues    Licence professionnelle: Des contretemps pour la DCGF    Oran: Neuf harraga et trois passeurs arrêtés    Programme de 300 logements sociaux de Aïn El Turck: Un chantier qui traîne depuis presque une décennie    LA CORDE ET LE NŒUD COULANT    Une médaille pour nos revers !    Chanegriha et Djerad présentent leurs condoléances à la famille du défunt    Diego maradona s'èteint à 60 ans    "Les malades sont livrés à eux-mêmes"    1.025 nouveaux cas et 20 décès    Les instructions de Djerad aux walis    Le gouvernement entretient le suspense    L'hommage de Messi à Maradona    Victimes du terrorisme: la législation algérienne peut constituer une référence pour l'ONU    Autodétermination : les Sahraouis en ont assez d'attendre un "mirage" promis par l'ONU    Importance de coordonner les efforts pour la protection des catégories vulnérables    Le président de l'ARAV présente ses condoléances à la famille du moudjahid Saïd Bouhadja    L'ancien ministre Abdelkader Ouali placé en détention provisoire    Arabie saoudite : Khashoggi avait reçu des menaces avant sa mort, selon un ami    Sport / préparation olympique : 34 athlètes perçoivent des subventions du MJS    Attaque contre une station saoudienne: l'Opep fermement attachée à la stabilité du marché pétrolier    Séisme à Skikda : l'Etat disposé à prendre toutes les mesures pour la prise en charge des sinistrés    Conflit au Tigré : des émissaires africains vont tenter une médiation    PORT D'ANNABA : Exportation de 41000 tonnes de clinker vers Haïti et la République Dominicaine    La RASD appelle l'UA à prendre des mesures plus fermes contre le Maroc    Ligue 1: USMA-ESS, un choc pour lancer la saison    FIFA Best : Les 5 nominés pour le titre d'entraineur de l'année    LDC : Le programme de ce mercredi    Déjà en phase de modernisation    Yacine Mebarki Condamné à un an de prison    Vous parlez au nom de qui ?    Maïssa Bey sur les traces d'Amara Lakhous    Dans le Sud irakien, le narguilé, c'est l'affaire des ébénistes    Des mesures pour faire face à une situation d'urgence    Les banques publiques difficilement vendables    Liberté pour Yacine Mebarki    Musée Public National des Antiquités d'Alger : Acquisition de nouvelles pièces archéologiques    Arabie saoudite : un site d'Aramco touché par un missile    Maroc-Sahara Occidental: «Une reprise des hostilités préméditée»    LA NATURE DU CIEL ET LE POIDS DU COUFFIN    Le tourisme grand perdant    Macron provoque la tempête !    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Marjane Satrapi, peintre parisienne
EXPOSITION
Publié dans Le Soir d'Algérie le 08 - 10 - 2020

Elle a le regard noir intense et insoumis des filles de ses tableaux : «J'aime bien les femmes honnêtes, les femmes féroces», confie Marjane Satrapi, créatrice de BD et réalisatrice qui s'apprête à exposer des toiles à Paris. Ce talent-là est le premier à avoir animé cette Iranienne de 50 ans débordant d'énergie, bien avant que la bande dessinée et le film Persepolis, témoignages poignants du basculement de son destin avant et après la révolution islamique, la fassent connaître mondialement. «Peindre, c'est revenir à l'origine de ce que j'ai aimé faire. Ma santé mentale en dépend.» Dans son atelier près de la République, avec vue sur le Sacré-Cœur, elle fume une cigarette, debout, de noir vêtue, en bottines, entourée de son chevalet et de ses grandes toiles où dominent le rouge et le noir dans des plans très contrastés rappelant sa BD.
Cette femme, qui n'est plus retournée en Iran depuis 20 ans et est devenue parisienne au point d'aimer «la mauvaise humeur des Parisiens», va exposer à partir du 8 octobre dans la galerie de Françoise Livinec, dans le VIIe arrondissement. Sa deuxième exposition. La galeriste, une amie de Marjane Satrapi, a maintenu le projet malgré le risque d'une moindre fréquentation du fait du coronavirus : «On s'est bien évidemment posé la question. Mais il y a une telle évidence dans l'œuvre de Marjane, dans le besoin des couleurs de Marjane.»
«Grande gueule»
«C'est la peinture figurative qui me plaît le plus, déclare l'artiste. Je ne suis ni dans le concept ni dans la dénonciation. J'ai envie, un peu comme les peintres anciens, d'avoir une fonction publique, de créer du beau.»
Comme auteure de BD ou de film, «je dois faire le cheminement intellectuel de me mettre à la place de celui qui va lire ou regarder le film». Mais en peinture, «je peux aller jusqu'à ce que je ressens». Et pourquoi seulement des femmes sur ses toiles ? «Les hommes, s'amuse-t-elle, c'est moche à dessiner, cette peau mal rasée. Le paon mâle est beaucoup plus beau que le paon femelle, mais, chez l'humain, c'est la femme qui est beaucoup plus jolie !» Elle adhère aux causes féministes. Mais «je suis contre toute sorte de radicalité, qui entend tout brûler ! Féministe, il faut l'être de facto.
Si je montre que je sais aussi bien faire, mieux faire qu'un homme, j'ai gagné le combat et je donnerai l'exemple» aux femmes vulnérables, ajoute celle qui se définit comme une «grande gueule qui sait se défendre». Sorte de Cyrano au féminin, Marjane pourfend l'hypocrisie, la faiblesse de caractère et la «connerie».
Ainsi d'une nouvelle hypocrisie : «Les gens cherchent une autre sorte de religion. Ce côté moralisateur m'emmerde. Qu'on ne vienne pas me dire que je suis un assassin si je bouffe un poulet !», dit celle qui conteste tout «formatage» de nos vies.
Mausolées pour poètes
Si la laïcité «devient une religion aussi intolérante que la forme extrême de la religion, c'est abject», s'exclame-t-elle. Elle est aussi intraitable sur les «minauderies», la faiblesse de caractère.
On a nos fragilités, mais ne serait-ce que par décence, on les garde pour soi», dit-elle. Quant à l'humour, il est «l'expression de l'intelligence humaine. La vie est faite de pertes de tout. Vous mourrez comme le ver ou le chat : si on ne rit pas de tout ça, on est vraiment hyper-con !»
«Avant de mourir, plastronne Marjane, il me faudra faire cinq expositions, huit films, quatre livres ! J'ai un plan de 30 ans !» Qu'éprouve-t-elle envers son pays où vit une partie de sa famille ? Marjane Satrapi ne «se sent pas crédible» pour porter un jugement affiné. Elle regrette «les montagnes de l'Elbourz, l'hospitalité proverbiale et les blagues farsies.» Et puis, la poésie «forme la plus pure de l'expression». «Nous sommes le seul peuple qui, pour se faire comprendre précisément, cite des vers de Saâdi, de Hafez et de Khayyām.»
«Un peuple qui bâtit pour ses poètes des mausolées plus fréquentés que les mosquées ne peut être méchant !»


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.