Les journalistes appellent l'Etat à agir    Khalida Toumi et Abdelouahab Nouri bientôt devant la justice    Confirmer la mutation du football africain    L'appel des sept    Une bonne gouvernance et l'Etat de droit    Rachid Taha, cet «ambianceur» et «sapeur» africain    Les habitants en colère    Pionnière dans la formation d'étudiants entrepreneurs    Le procès de Kamel El Boucher reporté pour la seconde fois    88,24% de réussite à Médéa...    Livraison de la première voiture de marque vietnamienne    Retard dans les rappels    Un combiné innovant    La marque qui a révolutionné l'automobile    La Russie victime de cyberattaques américaines "depuis des années"    De la justice d'exception à la justice sans exception !    Signature d'un contrat de partenariat et de coopération    Une ouverture du capital, mais à quel prix ?    Bouzidi : "Remettre le club en Ligue 1"    Ouverture de Club-des-Pins reportée    Ounas a repris l'entraînement    «Noureddine Bedoui doit démissionner»    ONM : "La solution constitutionnelle a échoué"    Economie politique du pillage du foncier agricole    Tout savoir sur les pneumatiques    Mise en service de la station de traitement des eaux du barrage Sarno    Les travailleurs réclament leurs droits    Kendji Girac en concert algérois    Elaine Mokhtefi raconte une des périodes fastes de l'Algérie postindépendance    Découverte d'un cimetière datant de l'époque romaine dans la région de Smara    Chikhi Samir représentera Aïn Témouchent    "L'Algérie était la pièce manquante que je voulais restituer"    Es Sénia : Cinq enfants mordus par un chien errant    L'ONU demande l'ouverture d'une enquête indépendante : Al Sissi a-t-il fait tuer le président Morsi ?    Nouvelles d'Oran    Les étudiants réclament un «Etat civil»    Bensalah inaugure la Foire internationale d'Alger    Equipe nationale: Les Verts depuis hier au Caire    USM Alger: Kaïs Yaâkoubi ne viendra pas    Tlemcen: Détournement de bons d'essence, 14 mandats de dépôt    29 harraga interceptés à Oran et Tipaza    Gaïd Salah met en garde contre un vide constitutionnel    Comité bilatéral stratégique algéro-malien: La contribution de l'Algérie saluée    Urgence au dialogue consensuel    Selon des experts économiques : La persistance de la crise politique affectera négativement l'économie nationale    Une amitié de voisinage et une coopération régionale    La justice se penche sur les dossiers du secteur    Début des inscriptions le 20 juillet    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





VIANDE HALLAL
IRLANDE, FRANCE, ALLEMAGNE, BELGIQUE,... PAYS MUSULMANS Faux hallal : l�Alg�rie concern�e ? Par Amine Marouane Boulanouar
Publié dans Le Soir d'Algérie le 22 - 02 - 2006

Qu�est-ce qui prouve que les viandes d�importation mises en vente sur le march� alg�rien sont saines ? Ce sont les nombreux documents exig�s par les services v�t�rinaires alg�riens aux importateurs publics et priv�s, mais surtout le fait et l�assurance que ces certificats (sanitaires, microbiologiques, analyses,�) sont d�livr�s sous le sceau de l�officiel par des institutions ou organismes officiels.
En d�autres termes, lorsque nous consommons une viande, au plan sanitaire c�est la responsabilit� des services officiels du pays exportateur qui est engag�e en m�me temps que celle du pays importateur. Qu�en est-il du hallal ? Ou bien qu�est-ce qui prouve que les viandes d�importation mises en vente sur le march� alg�rien sont hallal ou licites � la consommation ? Un seul document : le certificat de viande hallal, objet de tant de convoitises. Dans toute l�Europe, il n�existe pas un organisme, une institution officielle ou habilit�e � fournir un tel certificat. Aucune r�glementation, aucun d�cret, aucune loi n�autorise les pouvoirs publics � s�immiscer dans le domaine religieux. Cette restriction oblige l�importateur (soci�t� ou pays) � faire appel plut�t � acheter des services d�un certificateur. Celui-ci peut �tre une association culturelle, cultuelle, une soci�t�, c�est-�-dire tout un chacun qui s�investit contr�leur de viande hallal. Le cr�neau est porteur et rapporte des sommes consid�rables. Une mine d�or ; une manne c�leste selon certains. Un statut, une estampille, des �certificats, de viande hallal, et le tour est jou�. Fraude, tromperie, escroquerie, qu�importe. C�est donc ce �certificat� qui pose probl�me. S�agit-il de vrais ? Ou de faux-vrais certificats hallal comme il en existe � la pelle dans les abattoirs europ�ens et particuli�rement dans les pays exportateurs en direction de l�Alg�rie. La question reste pos�e d�autant plus que nul n�est � l�abri d�un abus de confiance. Les propos de M. Rachid Bouguedour, directeur des services v�t�rinaires au minist�re de l�Agriculture, ainsi que les investigations permettent d�affirmer que l�Alg�rie � en Alg�rie � s�est pr�munie contre la fraude. Mais, � l��tranger � c�est-�-dire l� o� sont d�livr�s ces �certificats� � cela ne rel�ve pas des comp�tences et des pr�rogatives de ces services v�t�rinaires lesquels jouissent d�une couverture en ce certificat dont la v�racit� ou l�authenticit� est douteuse, rien ne prouve qu�effectivement l��metteur de ce �certificat� �tait pr�sent physiquement lors de l�abattage rituel. Le sacrificateur ? Il n�est pas neutre, puisqu�il est employ� de l�abattoir auquel il est oblig� de se soumettre sous peine de licenciement, puisqu�il est juge et partie� �90% des viandes import�es d�Europe ne sont pas hallal�, confie, sous le sceau de la confidentialit�, un importateur qui poursuit ainsi : �C�est la seule fois que je vous permets d�assister � l�abattage, m�a d�clar� mon fournisseur allemand�� Certains estiment que la responsabilit� du contr�le incombe aux mosqu�es. Mais que pensent-elles sans moyens, lorsque elles-m�mes d�l�guent leur certification � des contr�leurs qui profitent de l�occasion inou�e d�user de la r�putation, du logo de telle ou telle mosqu�e. Ne sont-elles pas abus�es par ces �contr�leurs� ? L�un d�eux affirmait r�cemment � un entrepreneur en viandes : �Il faut vite bouger, l�Alg�rie a besoin de 40 000 tonnes de viandes. Il y a du business � faire l�-bas.� C�est d�j� tout dire en ce qui concerne les motivations de ces individus� (A suivre)
* Lire �ditions des 18, 19 et 21 f�vrier

M. RACHID BOUGUEDOUR, DIRECTEUR DES SERVICES VETERINAIRES
�Nous sommes vigilants et rigoureux�
Clairs, nets et pr�cis. Les propos de M. Bouguedour, directeur des services v�t�rinaires, permettent de constater que l�Alg�rie a pris toutes les dispositions n�cessaires pour que les viandes d�importation soient de qualit� et provenant de b�tes abattues selon le rite musulman dit hallal. Un certificat de viande hallal accompagne la marchandise import�e. Mais sachant que l�abattage rituel religieux n�est pas du ressort des autorit�s europ�ennes et sachant �galement que des individus sans scrupules se sont autoproclam�s contr�leurs de viande hallal, usant de la fraude, de l�escroquerie et de la tromperie pour s�enrichir, l�on ne peut que se demander si nos importateurs publics et priv�s ne sont pas les premiers abus�s. Le contr�le de l�abattage rituel au niveau des abattoirs europ�ens n��tant du ressort ni des autorit�s locales ou alg�riennes, c�est pr�cis�ment � ce niveau que les fili�res, les r�seaux et les connexions du faux hallal agissent. Volet sanitaire, les services v�t�rinaires alg�riens ont mis en �uvre un syst�me de protection quasi impossible � violer : certificat de contr�le de dioxine, certificat sanitaire, certificat d�analyses microbiologiques, etc. Sans omettre de signaler l�existence de coordination avec les services officiels v�t�rinaires du pays exportateur. Toutes ces dispositions concernent l�aspect sanitaire pour lequel l�Alg�rie est �blind�e�.
Le Soir d�Alg�rie : Pouvez-vous nous pr�ciser d�o� l�Alg�rie importe les viandes ovine et bovine ainsi que les produits �labor�s ?
Rachid Bouguedour : De tradition, l�Alg�rie importe les viandes dans l��crasante majorit� � partir des pays d�Am�rique du Sud (Argentine, Br�sil, Uruguay) et de Nouvelle-Z�lande. Depuis plus d�un an, le march� europ�en a �t� rouvert apr�s sa fermeture � la suite de la crise de la vache folle. Pour l�instant et dans l�ordre d�croissant, l�Alg�rie, par le biais de ses importateurs publics et priv�s, importe des viandes d�Allemagne, d�Irlande et de France. Dans l�avenir, d�autres pays tels que l�Italie et l�Espagne seront concern�s par des importations. En 2005, l�Alg�rie a import� 96 000 tonnes de viandes dont 3700 tonnes d�Europe, ce qui repr�sente moins de 5% des importations.
L. S. : Ces importations font-elles l�objet d�un contr�le ?
R. B. : Toutes les importations de viandes, quel que soit le type de viandes, passent obligatoirement par notre contr�le. Il faut savoir que s�il s�agit d�une mati�re crue, fra�che ou vivante, elle est soumise � la d�rogation sanitaire � l�importation. Cette d�rogation est un pr�alable � l�importation. S�il s�agit d�un produit transform�, il fait l�objet d�un contr�le � l�arriv�e avec un dossier sanitaire � fournir selon les termes de la loi.
L. S. : Quelles sont les dispositions prises pour v�rifier si l�abattage est hallal ?
R. B. : Pour ce qui concerne les viandes hallal, le dossier est trait� � l�arriv�e de la marchandise. Il faut cependant savoir que les services officiels du pays d�importation nous informent de l�existence de l�abattage hallal, des institutions qui le certifient. Des exemplaires de proforma de certificats hallal sont adress�s � nos services pour qu�ils puissent contr�ler aux postes fronti�res.
L. S. : Mais les certificats de viande hallal sont �tablis par des associations ou des groupuscules d�associations qui ne sont pas concern�s par la r�glementation. En Hollande, en Belgique, en Europe en g�n�ral, des certificats sont �tablis par des associations qui n�ont aucun lien, aucun contact avec les autorit�s locales�
R. B. : Tout � fait. De toutes les mani�res, pour ce qui est du hallal, je r�p�te qu�il faut distinguer le sanitaire du hallal. Les certificats sanitaires sont n�goci�s par nos services. Pour ce qui est du hallal, il est fait obligation � ceux qui vendent des viandes � l�Alg�rie d�avoir une certification hallal et un abattage rituel respect�.
L. S. : Par exemple, pour ce qui concerne les viandes en provenance de France ?
R. B. : En ce qui concerne la France, la Mosqu�e de Paris a �t� officiellement d�sign�e pour certifier les viandes hallal en direction de l�Alg�rie.
L S. : Est-ce que vos services effectuent eux-m�mes des d�placements en direction des pays d�importation pour v�rifier s�il s�agit effectivement d�abattage rituel hallal ?
R. B. : Nous n�avons pas cette mission, ni cette vocation.
L. S. : A quelles conditions doit souscrire un importateur pour importer des viandes ?
R. B. : L�importateur doit avoir un registre de commerce, un lieu agr�� par nos services en mati�re sanitaire et de stockage en froid.
L. S. : Selon le recteur de la mosqu�e de Lyon, des certificats dits de viande hallal sont d�livr�s au port d�Alger au m�pris de la r�glementation�
R. B. : Cela est impossible du fait que le certificat de viande hallal accompagne les documents sanitaires dans un pli-cartable lequel est classiquement transmis par les autorit�s qui l�exp�dient. Il est impossible d�avoir des certificats hallal d�livr�s de mani�re occulte au niveau du port. Cela ne tient pas la route.
L. S. : Avez-vous d�j� observ� ou sanctionn� des cas de viande dite hallal alors qu�elle ne l��tait pas ?
R. B. : Depuis la r�ouverture du march� europ�en et � l�heure actuelle, nous n�avons observ� ou sanctionn� aucun cas.
L. S. : Qu�en est-il des autres march�s ?
R. B. : Cela se passe tr�s bien puisque les organismes certificateurs dans les pays d�Am�rique du Sud sont tr�s peu nombreux. Ils sont agr��s par les services officiels.
L. S. : Pensez-vous que l�Alg�rie soit � l�abri d�un trafic en mati�re de viande dite hallal, d�un abus de confiance ?
R. B. : Nul ne peut �tre � l�abri d�un trafic ou d�un abus de confiance et ce dans n�importe quel domaine. Dans cette perspective, nous sommes vigilants et rigoureux.
Propos recueillis par A. M. B.
M. KAMEL KABTANE (RECTEUR DE LA MOSQUEE DE LYON)
�Tout et n�importe quoi�
L�homme est connu et par son franc-parler et par le m�ticuleux choix auquel il proc�de pour s�entourer de collaborateurs tant rigoureux qu�int�gres. On n�entre pas � la mosqu�e de Lyon comme dans un moulin... Pour �viter d��tre �clabouss� par des affaires scabreuses, lui et ses collaborateurs avaient d�cid� de cr�er une association de contr�le de la viande hallal (c�est la seule mosqu�e � l�avoir fait et on peut se demander pourquoi les autres mosqu�es n�ont pas agi de la sorte) qui attribue le label hallal au sein m�me des abattoirs sans recourir aux sacrificateurs (dont la mission ne consiste pas � agr�er la viande hallal) ou � d�autres interm�diaires qui ont trouv� l� le filon pour s�en mettre plein les poches. En contrepartie du contr�le, l�association b�n�ficie d�une taxe vers�e dans son compte bancaire. Tout est fait dans la transparence.
Le Soir d�Alg�rie : Quel constat �tablissez-vous en ce qui concerne le march� de la viande dite hallal ?
Kamel Kabtane : Il est vrai que le march� de la viande hallal repr�sente un potentiel �conomique important, il est en constante �volution. Les industriels de l�agroalimentaire l�ont compris depuis fort longtemps. Nous assistons depuis une dizaine d�ann�es � un d�veloppement important de ce march�. Il est vrai que le consommateur musulman consomme pr�s de 147 kg de viande par an, alors que le consommateur autre, consomme trois fois moins. Cette situation a amen� bon nombre d�industriels � se diversifier pour conqu�rir des parts de march� dans le hallal. Pour conqu�rir ce march�, les professionnels de la viande ont d� recourir � de nombreux subterfuges pour attirer le consommateur musulman. Il est vrai aussi que si le musulman est un grand consommateur, il n�est pas si exigeant qu�il devrait l��tre ; sa seule pr�occupation, est le prix. A partir de ce postulat, les professionnels de la viande s�ing�nient � fournir le produit le moins cher et g�n�ralement ils ne s�embarrassent pas de principes religieux. Cependant, il ne faut pas g�n�raliser, il y a des professionnels qui essaient de faire leur m�tier le plus honn�tement, mais ils subissent une concurrence effr�n�e de la part des professionnels qui ne jouent pas le jeu.
L. S. A. : Comment la mosqu�e de Lyon g�re-t-elle le dossier de la viande hallal ?
K. K. : La mosqu�e de Lyon par l�interm�diaire de l�association rituelle de la Grande Mosqu�e de Lyon a �t� autoris�e avec les mosqu�es de Paris et d�Evry, par un arr�t� interminist�riel d�agr�er les sacrificateurs qui exercent leurs activit�s dans les abattoirs. Parall�lement � ces agr�ments, la mosqu�e de Lyon a �dict� une charte de la viande hallal. Dans cette charte, elle a d�velopp� les conditions que doivent satisfaire les abattoirs pour la production de la viande hallal. A partir de l� avec les abattoirs qui lui ont fait appel, elle a sign� des conventions de partenariat, dans lesquelles les abattoirs s�engagent � respecter cette charte sous le contr�le du personnel de la Grande Mosqu�e de Lyon. Chaque fois qu�une convention est sign�e, un contr�leur salari� de l�ARGML est nomm� aupr�s de cette soci�t�, pour suivre l�application du rituel dans son int�gralit�. Ce qui veut dire que nous ne sous-traitons pas cette responsabilit� � d�autres, car nous estimons que c�est une responsabilit� morale que nous avons vis-�-vis du Cr�ateur et du consommateur musulman et que par cons�quent nous ne pouvons d�l�guer.
L. S. A. : Combien de sacrificateurs sont agr��s ?
K. K. : L�ARGML ne d�livre des cartes de sacrificateur qu�aux abattoirs dont elle contr�le l�activit� dans ce domaine. Car nous avons pu nous rendre compte que beaucoup d�abattoirs lorsqu�ils n��taient pas contr�l�s utilisaient ces cartes pour faire tout et n�importe quoi. Nous d�livrons annuellement une trentaine de cartes de sacrificateur.
L. S. A. : Que voulez-vous dire par �tout et n�importe quoi� ?
K. K. : Il est exact que des abattoirs estiment que par le fait qu�ils ont des sacrificateurs agr��s par une mosqu�e cela les dispensait de se confirmer aux r�gles de certification telles que nous les �dictons. On a vu un abattoir avoir un sacrificateur turc, un autre un sacrificateur alg�rien, un autre encore un sacrificateur marocain, un quatri�me un sacrificateur tunisien, il vous suffisait de dire que vous �tes de telle ou telle nationalit� pour que l�on vous exhibe la carte d�un sacrificateur ayant la m�me nationalit� que l�acheteur. Les sacrificateurs �tant des salari�s de l�entreprise ne pouvaient que confirmer la licit� des viandes et en aucun cas ils ne pouvaient aller contre leurs employeurs. Les responsables des abattoirs omettaient toujours de dire que le r�le des sacrificateurs se limitait � l�abattage et qu�ils n�avaient aucun pouvoir ou autorit� sur le reste et notamment sur les produits utilis�s dans la fabrication des produits transform�s.
L. S. A. : Quelles sont les conditions d�habilitation d�un sacrificateur ?
K. K. : Ces conditions sont �num�r�es sur notre site mosqueedelyon. org o� nous donnons toutes les conditions requises d�habilitation d�un sacrificateur. Il faut dire aussi que tous nos sacrificateurs font l�objet d�un certain nombre de conditions, notamment celles d��tre un bon musulman pratiquant, ayant des comp�tences en la mati�re. Tous nos contr�leurs sont soumis � des tests pour v�rifier leurs aptitudes professionnelles.
L. S. A. : Avez-vous sanctionn� des sacrificateurs pour manquement ?
K. K. : Effectivement, il nous est arriv� de retirer les cartes � des sacrificateurs qui n�avaient pas observ� et respect� notre cahier des charges. Notamment en mati�re de manque d�application dans le geste sacrificiel, nous avons jug� alors que ces sacrificateurs n��taient plus aptes � exercer cette fonction. Cela est arriv� aussi lorsque sciemment des sacrificateurs avaient introduit dans le lot de b�tes qu�ils savaient illicites � la consommation des musulmans des b�tes mortes avant leur �gorgement, ou m�me les b�tes qu�ils savaient malades.
L. S. A. : Pourquoi la mosqu�e de Lyon a d�cid� de s�investir aussi dans la certification ?
K. K. : D�s son inauguration en 1994, la mosqu�e de Lyon a estim� qu�il �tait dans sa responsabilit� de se consacrer � cette t�che qui naturellement �tait de sa comp�tence. D�autant qu�� l��poque un certain nombre d�opportunistes avaient compris l�int�r�t que repr�sentait ce secteur et avaient tent� de l�investir pour faire des affaires.
L. S. A. : Comment contr�lez-vous ?
K. K. : Comme je vous l�expliquais auparavant, le contr�le des viandes est une responsabilit� que nous voulons assumer totalement et en aucun cas elle ne peut s�exercer � la l�g�re. C�est pourquoi lorsque nous apposons notre tampon sur une viande, c�est que r�ellement nous sommes conscients de l�importance de la responsabilit� qui p�se sur nos �paules et en aucun cas nous ne voulons transgresser ces r�gles. D�ailleurs les m�thodes de contr�le et de certification de la mosqu�e de Lyon ont fait l�objet d�un audit tr�s pointu de la part de certains Etats comme la Malaisie et les Emirats arabes unis. Ces audits ont reconnu le travail fait par la mosqu�e de Lyon qui de ce fait se trouve �tre un des principaux r�f�rents pour l�exportation des produits alimentaires dans ces pays.
L. S. A. : Quel est le nombre de contr�leurs ?
K. K. : L�ARGML emploie une dizaine de contr�leurs r�partis dans les diff�rents abattoirs qu�elle contr�le. Nous contr�lons en tout et pour tout quatre abattoirs et une usine de transformation et de d�coupe qui travaille essentiellement avec des hypermarch�s.
L. S. A. : Au niveau de quels abattoirs intervenez- vous ?
K. K. : Nous intervenons essentiellement dans la r�gion Rh�ne-Alpes, car nous estimons que si nous devons faire correctement notre travail, il faut rester dans notre r�gion pour agir efficacement. Aujourd�hui nous g�rons deux abattoirs de volailles et deux abattoirs de viandes rouges. L�un des deux, l�abattoir de Corbas est le plus grand abattoir de viande bovines de la grande r�gion sud-est qui produit pr�s de 40% de viande hallal.
L. S. A. : A quel moment contr�lez-vous ? Avant, apr�s, ou au moment de l�abattage ?
K. K. : Notre contr�le est permanent, il se situe avant l�abattage pour nous rendre compte que la b�te est conforme � nos principes religieux, il se situe au niveau du sacrificateur pour savoir si la b�te est bien positionn�e en direction de La Mecque et si son couteau est bien aiguis�. Au moment de l�abattage notre contr�leur est toujours pr�sent pour attester que le geste est conforme au rituel, c�est-�-dire qu�il faut que le couteau ne passe qu�une fois. D�ailleurs il nous arrive quelques fois de refuser d�apposer notre tampon si notre contr�leur a jug� que le geste n�a pas �t� conforme � notre cahier des charges. Dans ce domaine nos contr�leurs sont seuls responsables de d�clarer licite ou pas une b�te qui a �t� abattue devant eux.
L. S. A. : Des voix s��l�vent pour d�noncer les tromperies, les fraudes et l�abus de confiance ? Quel est votre commentaire ?
K. K. : Il est vrai comme je vous l�expliquais par ailleurs que le march� est tr�s important et tous les professionnels voudraient l�investir. Il y a une concurrence folle, notamment lors de la transformation des viandes. Nous avons vu encore r�cemment comment certains professionnels peu respectueux des musulmans s�adonnaient � des trafics �hont�s. On a vu encore r�cemment des producteurs de viandes destin�es � la fabrication de kebabs, m�langer ces viandes avec de la graisse de porc, on a vu des bouchers peu scrupuleux fabriquer des merguez � partir de viande avari�e compos�e essentiellement de d�tritus de boucheries. On a vu telle soci�t� vendre du saucisson hallal fabriqu� � partir de viandes malax�es avec du sang de porc. Ce sont l� des exemples que la justice a eu � conna�tre, mais combien d�autres cas sont pass�s inaper�us. Nous ne parlerons pas de ces bouchers qui ach�tent de la viande � bas prix g�n�ralement produite � l��tranger et jurent par leurs grands dieux � leur client que cette viande est hallal, ou bien de ces bouchers qui pour se donner bonne conscience ach�tent deux ou trois b�tes estampill�es par un organisme de contr�le qu�ils mettent � la vue de leur client�le alors que le reste de leur stock est illicite � la consommation. Il est vrai �galement que nous avons depuis fort longtemps attir� l�attention des pouvoirs publics sur ces situations, il est vrai �galement que le mot hallal est galvaud� et qu�en aucun cas il ne peut faire l�objet d�une protection des services des fraudes, qui sont plac�s devant un dilemme, � savoir faut-il d�fendre l�aspect religieux du produit, ou bien d�fendre l�aspect sanitaire r�glementaire des choses ? G�n�ralement, c�est ce dernier aspect que les services de contr�le privil�gient. Il y a cependant quelques exceptions comme celles dont nous vous avons entretenues par ailleurs, l� les services de r�pression des fraudes ont agi.
L. S. A. : D�autres voix parlent de vaste trafic en France, comment selon vous est organis� ce trafic ?
K. K. : C�est vrai qu�il y a des fili�res bien organis�es qui agissent dans l�ombre et notamment pour l�importation de viandes de l��tranger, notamment de Belgique et d�Allemagne, o� il y a une production importante de viande de volailles. Lorsque l�on constate les prix pratiqu�s pour leur revente en France, et notamment lorsqu�elles sont accompagn�es du logo hallal, on est en droit de se poser la question de savoir r�ellement comment ces b�tes ont �t� sacrifi�es.
Certains soutiennent que les mosqu�es et les abattoirs pratiquent un racket. Quel est votre commentaire ?
Estimer que les mosqu�es pratiquent le racket, c�est donner raison � tous ces aventuriers qui agissent depuis des ann�es et qui s�activent � �carter les mosqu�es de la certification des viandes hallal afin d�avoir le champ libre pour fructifier leurs affaires. En ce qui concerne la mosqu�e de Lyon, l�argent que nous d�gageons sert essentiellement au fonctionnement de la mosqu�e, pr�s de 75% du chiffre d�affaires r�alis� par l�ARGML est essentiellement destin� au paiement des salaires et des charges.
Ne pensez-vous pas que la communaut� musulmane est prise en otage ?
Le consommateur musulman devrait surtout �tre plus exigeant et �tre � m�me d��tre tr�s regardant sur les viandes qu�il consomme et ne pas rechercher essentiellement le plus bas prix. Quand on veut respecter les principes d�une alimentation hallal il faut savoir �tre exigeant et aussi payer le prix. Nombreux sont ceux qui font des fixations sur les redevances que paient les abattoirs aux mosqu�es pour permettre le certification des viandes, alors qu�en r�alit� la redevance est tr�s minime compar�e � celle que paie la communaut� juive pour manger cascher.
Qu�avez-vous observ� vous-m�me en mati�re de trafic et de tromperies ?
Il est vrai que certaines grandes entreprises qui exportent dans les pays musulmans dont l�Alg�rie ne se pr�occupent pas de r�pondre aux exigences rituelles des musulmans. Pour baisser leur co�t de revient, elles ne s�attachent pas les services des contr�leurs du rituel islamique et se contentent g�n�ralement d�une attestation d�livr�e par une association islamique g�n�ralement cr��e pour la circonstance. Il appartient �galement aux pays musulmans d��tre soucieux du respect du rituel islamique et d�imposer aux soci�t�s avec lesquelles ils commercent de respecter ces r�gles.
Le Conseil fran�ais du culte musulman (CFCM) a-t-il r�agi � cet �tat de faits ?
Non. Pour l�instant le CFCM est pr�occup� par les probl�mes internes et sa seule pr�occupation � l�heure actuelle consiste � trouver des solutions � ces probl�mes.
Le CFCM a-t-il r�ussi � instaurer une proc�dure de certification ?
Il est vrai que le CFCM ne s�est pas encore pench� de fa�on laborieuse sur cette situation du fait qu�il est endu� dans des difficult�s internes. Une commission hallal avait �t� mise en place lors du pr�c�dent mandat mais malheureusement les personnes qui pr�sidaient � son destin �taient plus pr�occup�es � faire des affaires qu�� r�gler ces probl�mes. On a vu un de ses copr�sidents se servir de son titre pour conforter ses propres affaires.
Selon des sources s�rieuses, la viande ovine, bovine, ou de volaille provenant de Hollande et de Belgique est en majorit� du faux hallal, comment comptez-vous agir pour prot�ger la communaut� musulmane contre la fraude et la tromperie ?
Il est vrai que des doutes importants subsistent dans les viandes import�es de ces pays avec la complicit� d�interm�diaires, pour certains de notre communaut�. Il est vrai qu�il faut savoir �galement que l�abattage rituel des b�tes est interdit en Hollande o� toutes les b�tes sont assomm�es avant d��tre sacrifi�es, ce qui rend la b�te illicite � la consommation des musulmans.
Des grandes surfaces proposent des �produits �labor�s� (steak hach�) avec le label hallal. Pensez-vous que cela est suffisant pour se pr�server ?
Je pense que les grandes surfaces ont compris l�int�r�t qu�elles pouvaient tirer de se conformer au respect des r�gles. Cependant, elles devront �tre elles aussi un peu plus exigeantes en mati�re de certification et ne plus accepter simplement la mention du produit hallal qu�elles vendent.
Des faux certificats hallal existent au niveau des abattoirs belges, des certificats vierges et cachet�s sont remis � des abattoirs contre des sommes importantes. Ne pensez-vous pas que les organismes de contr�le sont � la source de la fraude ? Comment y rem�dier ?
Ce n�est pas seulement au niveau des abattoirs belges que cette m�thode a cours, elle est �galement usit�e au port d�Alger o� des exportateurs d�ment reconnus par les autorit�s agissent de la sorte et d�livrent sur place les certificats exig�s par les administrations alg�riennes. Pour y rem�dier, il faut que les musulmans arr�tent de faire la politique de l�autruche et qu�ils soient plus exigeants en mati�re de tra�abilit� des produits qu�ils consomment ou qu�ils importent. Ils contribueraient ainsi au respect des principes alimentaires musulmans. Certains pays le font d�j� telle la Malaisie. Pourquoi ne pas leur embo�ter le pas ?
Propos recueillis par A. B.
NDLR : Confront�s � la r�alit� du terrain, l�affirmation de M. Kabtane selon laquelle des faux certificats hallal sont d�livr�s �sur place, au port d�Alger�, ne r�siste pas � la v�rit�. L�enqu�te que nous avons poursuivie �sur place� permet de souligner que le certificat de viande hallal (qu�il soit vrai ou faux) provient du port d�embarquement de la marchandise. Plus m�me, M. Bouguedour, directeur des services v�t�rinaires est cat�gorique : �Cela est impossible du fait que le certificat de viande hallal accompagne les documents sanitaires dans un pli-cartable lequel est classiquement transmis par les autorit�s qui exp�dient. Il est impossible d�avoir des certificats hallal d�livr�s de mani�re occulte au niveau du port. Cela ne tient pas la route.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.