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Du passé, faisons table rase?
FONDATION EL MOKRANI
Publié dans L'Expression le 11 - 11 - 2001

Evénement puis Guerre d'Algérie, la Révolution nationale algérienne ne cesse de faire parler d'elle, ici comme de l'autre côté de la rive. Et ce n'est que justice, fera remarquer, dans son allocution inaugurale, le président de la Fondation El-Mokrani.
Nullement impressionné par la salle de la Bibliothèque nationale clairsemée par une matinée particulièrement pluvieuse, M.Mokrani annoncera la couleur d'entrée de jeu, invitant les participants à replacer les violences de l'Histoire et à méditer sur l'exemple des voisins du Nord qui nous interpellent pour nous inciter à créer une nouvelle ère historique, et écrire notre Histoire sans passion ni haine. Il faut, souligne l'orateur, tourner la page sans la déchirer pour construire une ère nouvelle: «L'Europe a fait subir les affres de deux guerres terribles au monde et à l'humanité, que la mémoire ne pourra jamais effacer. Cependant, l'intelligence a permis à des hommes, qui ont compris les dangers de la répétition de l'Histoire, de se regrouper autour d'une idée, la paix, et ils l'ont pérennisée en construisant l'Europe des nations.»
Pour le professeur Aïssa Kadri, directeur de l'Institut Maghreb-Europe, l'évolution en direction de l'idée telle que formulée par le président de la fondation organisatrice du colloque international sur les violences de la colonisation est quelque peu chahutée par une réalité tangible: «L'enseignement de cette période de l'Histoire dans les collèges et les lycées ne peut, en aucune façon, susciter des vocations, encore moins répondre aux attentes des maîtres et des élèves confrontés à des difficultés de communication se développant dans des malentendus fondés le plus souvent sur des ségrégations réciproques nourries de silences et d'occultations historiques dérangeantes.»
Pour le président scientifique de ce colloque international, une plus grande ouverture des études et recherches historiques à des chercheurs et étudiants maghrébins, confrontés qu'ils sont à une politique tatillonne d'octroi de visas, est des plus indispensables. L'effet escompté est intimement lié à l'émergence de collectifs scientifiques des deux côtés de la Méditerranée, voire d'espaces scientifiques partagés, à même de revisiter une Histoire partagée et l'Histoire des sociétés maghrébines de manière rigoureuse, en rupture avec toutes les mythologies nationalistes: «C'est à ces conditions que les chercheurs en sciences sociales, les historiens en premier lieu, pourront établir les faits, éclairer les positionnements et les actions des uns et des autres, situer les enjeux. Ceci ne dédouane aucunement les hommes politiques de prendre leur responsabilité par rapport à l'innommable.» En cela, le professeur Aïssa Kadri développe une thèse qui lui est particulièrement chère, un point de vue qu'il défend en France dans un débat erratique qui témoigne - si besoin est - de la mauvaise conscience de la France par rapport à sa mémoire algérienne.
S'agissant de son pays, l'orateur ne sera pas pour autant, là aussi, indulgent. Dissertant longuement sur les effets pervers de la mémoire ankylosée, il mettra particulièrement l'accent sur le fait avéré que c'est bien la conception exclusive, moniste, unitaire et unanimiste de l'Histoire qui a prévalu depuis l'indépendance, qui explique en grande partie, par ses oblitérations, les dérives présentement vécues dans sa chair par le peuple algérien.
Contre toute attente le colloque international, organisé sur l'initiative de la dynamique Fondation El-Mokrani, a failli connaître une autre tournure, après l'intervention non programmée de M.Abdelmadjid Chikhi, un passionné d'Histoire, surtout lorsque l'intervenant fera remarquer, à juste titre d'ailleurs, relayé en cela par M.Réda Malek, que le titre générique de la manifestation était quelque peu erroné, les Algériens doivent parler de violences de la colonisation et non de la décolonisation.
Tour à tour, Ouanassa Tengour, professeur d'Histoire à l'Université de Constantine, et Elisabeth Mouillot, agrégée en Histoire à Paris, entreront dans le vif du sujet pour parler respectivement de Violence institutionnelle et colonisation, et Violence coloniale en terre de protectorat à travers le cas de figure de l'administration en Tunisie. Pour leur part, Boualem Nedjadi, chercheur, El Hadj Sari Raoutsi, enseignant à Paris IV, Kamel Bouguessa, professeur à l'Université d'Alger, Belkacem Latrèche, chercheur à Paris, se sont succédé, au moment où nous mettons sous presse, pour parler respectivement de La colonisation foncière, de Violence dans l'éducation durant la période coloniale, des Enfumades, et des Camps d'internements. Nous y reviendrons dans notre prochaine livraison.


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