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«L'opération Barkhane n'est pas un échec»
Brahim Oumansour, expert en géostratégie et chercheur associé à l'iris
Publié dans L'Expression le 04 - 12 - 2021

L'Expression: Quelle lecture faites-vous de la situation au Mali, depuis quelques mois?
Brahim Oumansour: Il faut dire que le coup d'Etat au Mali a provoqué des répercussions énormes sur le plan local, régional et international. Les nouveaux dirigeants maliens misent, désormais, sur la coopération avec les Russes pour rétablir la stabilité et la sécurité dans le pays et tournent le dos à la France, suite, notamment aux tergiversations récentes du président Macron sur l'avenir de l'opération Barkhane, qui inquiètent également les dirigeants maliens.
Un tel revirement irrite beaucoup Paris, car il ne faut pas oublier que la France est un allié historique et un partenaire clé dans la lutte contre le terrorisme dans le cadre de l'opération Barkhane, qui succède, par prolongement, à l'opération Serval. Par conséquent, la présence russe au Mali met en difficulté l'opération Barkhane au moment où on s'interroge sur son efficacité et sa durée.
La crise malienne ne constitue pas un nouveau foyer de guerre d'influence que se disputent les différentes puissances?
En effet, la crise malienne s'inscrit dans un contexte de guerre d'influence globale, qui se joue sur le terrain africain. Les intérêts stratégiques et géostratégiques se confrontent et se heurtent, parfois avec violence, notamment avec l'émergence de la Chine (200 milliards de dollars d'échange commercial) et d'autres puissances régionales comme la Turquie, les Emirats arabes unis, Israël comprise. Le retour de la Russie les 20 dernières années ajoute un concurrent de taille dans la course hégémonique. On le voit dans la région à travers la prolifération de bases militaires et les partenariats sécuritaires et accords militaires, depuis ces 10 dernières années. Aujourd'hui, le Mali se transforme ainsi en théâtre de guerre d'influence entre Paris et Moscou, sans oublier Pékin qui étend son influence discrètement sur le continent africain. L'escalade des tensions entre Alger et Rabat n'est pas non plus étrangère à cette guerre hégémonique régionale et internationale. Les tensions actuelles entre Rabat et Alger, intensifiées par la coopération israélo-marocaine, pourraient inciter Alger à s'aligner sur l'allié russe sur le dossier malien. La France, pourtant un élément central sur l'échiquier malien, n'a pas su profiter et s'appuyer sur Alger, qui aurait pu jouer un rôle prépondérant sur le dossier malien. L'Algérie avait d'ailleurs réussi à rassembler les antagonistes pour la signature des accords d'Alger en 2015. Elle jouit surtout de très bonnes relations avec différents protagonistes, lui permettant d'aboutir à un consensus, bien que fragile mais nécessaire pour une sortie de crise au Mali. Or, la décision d'Alger d'interdire le survol de son espace aérien à l'armée française, suite aux tensions diplomatiques qui l'ont opposée à Paris, n'a fait que compliquer la situation pour l'Elysée en rajoutant des entraves supplémentaires et en augmentant le coût de l'opération de plusieurs millions d'euros.
Au Mali, l'opinion officielle et publique reproche à la France son inefficacité dans la lutte contre le terrorisme comparativement aux résultats des Russes en la matière. Qu'en pensez-vous?
Il n'est pas tout à fait juste de reprocher à l'armée française son inefficacité dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. L'opération Barkhane a fait ses preuves dans l'endiguement de la montée de la menace terroriste et l'ancrage de Daesh dans la région, notamment par l'élimination de plusieurs chefs d'Aqmi et Daesh.
Les limites de l'opération Barkhane résultent plutôt de l'immensité du territoire d'une part, et de la complexité du phénomène terroriste d'autre part, terrorisme imbriqué avec les réseaux issus du crime organisé, de trafiquants et même des groupes rebelles.
S'agissant du rapprochement entre le Mali et la Russie, cela ne date pas d'hier. Le Mali dont certains dirigeants sont nostalgiques des relations traditionnelles avec l'ex-Union soviétique, n'a jamais coupé en réalité les ponts avec Moscou. Au-delà, il est à noter que l'équipement militaire de l'Armée malienne est de près de 80% de production russe, formation de troupes comprise. Et puis, il faut dire que la leçon ou plutôt la stratégie de Poutine dont les positions par rapport à la question syrienne qui ont été intransigeantes, assumées et appliquée face aux Occidentaux ont rassuré les dirigeants africains mieux que les concurrents occidentaux dont la crédibilité est gravement ternie depuis les interventions en Irak, puis en Libye induisant le chaos sur leur passage. Par conséquent: ce n'est pas un hasard si la Russie devient premier fournisseur d'armes en Afrique loin devant les Etats-Unis et la France, principalement des pays comme l'Algérie, l'Egypte... etc.
Comment peut-on expliquer subitement ce rapprochement dangereux entre le Mali et la Russie dont se plaint notamment la France?
Le rapprochement avec les Russes est initié par la signature de contrats avec la société paramilitaire Wagner (des Russes) qui serait le prélude d'un partenariat plus poussé entre Bamako et Moscou. Une telle évolution irrite et fait réagir Paris. La France voit d'un oeil sceptique la montée de l'influence russe au Mali. Paris y voit même une trahison après tant d'efforts et de sacrifices faits par l'armée française. Tandis que Bamako justifie une telle décision par le retrait partiel des troupes françaises qui cherchent à recentrer leurs efforts sur le Niger et le Burkina Faso et par sa souveraineté dans le choix de ses partenaires, sans nulle tutelle.
L'intervention du Premier ministre malien à la dernière Assemblée générale des Nations unies ne peut être plus claire. De son côté, Moscou cherche à se positionner comme une alternative à la France dans la région s'appuyant sur la résurgence d'un nationalisme animé d'un ressentiment anti-français hérité de la période coloniale.


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