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Des signes «positifs» pour le retour du soutien international
Soudan
Publié dans L'Expression le 06 - 12 - 2021

Le général Abdel Fattah al-Burhane, auteur du putsch du 25 octobre, a dit samedi croire à une reprise rapide du soutien international au Soudan, où, a-t-il assuré, toutes les forces politiques -militaires inclus- pourront concourir aux élections de 2023.En 2019, quand l'armée a déposé Omar el-Béchir sous la pression de la rue, civils et militaires s'étaient engagés dans une transition censée mener à une remise du pouvoir aux seuls civils puis aux premières élections libres après 30 ans de dictature militaro-islamiste. Près d'un mois après le coup d'Etat, le Premier ministre civil Abdallah Hamdok a signé avec le chef de l'armée un accord qui lui a permis de retrouver son poste mais au prix de deux ans supplémentaires du général Burhane à la tête des autorités de transition. Les militaires restent donc au pouvoir jusqu'aux élections prévues pour juillet 2023. Et à ce moment-là, des militaires ou des paramilitaires pourront-ils se présenter? «Oui», répond le général Burhane qui a déjà dit que lui ne serait pas candidat. Ces élections seront ainsi ouvertes à tous, y compris aux membres de l'armée et des Forces de soutien rapide (FSR) du très redouté général Mohammed Hamdane Daglo, second du général Burhane au Conseil de souveraineté, la plus haute autorité intérimaire au Soudan. Près de six semaines après le coup d'Etat -que le général Burhane décrit comme une façon de «redresser le cours de la révolution» de 2019- le Soudan, l'un des pays les plus pauvres au monde, ne reçoit plus aucune aide de la Banque mondiale et est toujours suspendu à l'Union africaine. Mais, assure le chef de l'armée, qui s'est rapidement renommé à la tête du Conseil de souveraineté, «la communauté internationale, notamment l'Union africaine, surveille ce qui va se passer dans les jours à venir». «Je pense qu'il y a des signes positifs quant à un retour prochain à la normale, la formation d'un gouvernement civil va forcément aider», ajoute-t-il, alors que M. Hamdok est censé présenter prochainement une liste de ministres, tous, selon le général Burhane, «technocrates». Si en 2019, les hommes et les femmes qui rejoignaient la transition s'engageaient à s'effacer après les élections, l'accord de paix de 2020 avec des groupes rebelles a «garanti le droit aux participants à la transition de rejoindre les autorités» après la transition, affirme, aujourd'hui, le chef de l'armée. D'ici là, poursuit-il, «nous travaillons à une nouvelle charte politique» pour encadrer la transition et «toutes les forces politiques» participeront à sa rédaction, jure celui qui a pourtant pris soin après le putsch de supprimer de la feuille de route politique toute mention des Forces de la liberté et du changement (FLC), le bloc pro-civils.
La communauté internationale, qui a globalement dénoncé un «coup d'Etat» en octobre, a salué fin novembre l'accord entre le général Burhane et M. Hamdok, demandant toutefois davantage d'efforts de la part des autorités pour reprendre son soutien. L'ONU réclame ainsi régulièrement la libération de l'ensemble des civils -dirigeants, manifestants et militants- arrêtés depuis le 25 octobre.
Chaque jour ou presque quelques-uns réapparaissent mais des dizaines de familles demeurent sans nouvelle de leurs proches. La communauté internationale réclame également la formation des institutions qui auraient dû voir le jour il y a des mois -comme un Parlement ou une Cour suprême- pour relancer la transition. De nombreuses organisations de la société civile, des ministres évincés par le putsch et les manifestants qui continuent de se mobiliser ne cessent de dénoncer l'accord du 21 novembre, accusant M. Hamdok de «trahison» et le général Burhane de réinstaller des figures de l'ancien régime Béchir.
Ces partisans d'un pouvoir uniquement civil réclament en outre justice pour les 44 morts et les centaines de blessés des manifestations depuis le 25 octobre, selon le bilan dressé par un syndicat de médecins pro-démocratie.


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