Elu sur des promesses de jeter des ponts entre la France et le Maghreb, le président français, Emmanuel Macron, a lancé une initiative prometteuse, en ce sens où il met les communautés d'affaires des deux bords de la Méditerranée en situation de monter des business commun. En économie, cela peut s'appeler créer de l'opportunité et en géostratégie cela peut aisément se confondre avec une mise en synergie de volontés de par et d'autre de la grande bleue pour jeter des ponts économiques profitables à la France comme au Maghreb. L'initiative en question consiste en la création d'un fonds de 100 millions d'euros mobilisés au profit des entrepreneurs français désirant investir au Maghreb. Le président Macron, qui s'est adressé par message vidéo, diffusé en direct lors de la cérémonie d'ouverture, aux participants au Forum des Mondes méditerranéens, à Marseille, a eu des mots forts de sens. «Nos diasporas, nos binationaux sont une chance formidable pour la France et nous devons les aider à réussir y compris de l'autre côté de la Méditerranée», a-t-il insisté, en annonçant un fonds de 100 millions d'euros pour «les entrepreneurs vivant en France, qui veulent investir au Maghreb». Le propos est limpide. Si l'invitation est adressée à tous les Français, elle concerne essentiellement ceux d'origine maghrébine. Cette initiative est de nature à permettre aux pays du Maghreb de profiter de l'expertise de leurs enfants qui, pour une raison ou une autre, se sont établis dans l'Hexagone. Sans doute conscient des bénéfices qu'a à tirer son pays de cette diaspora, Macron renvoie l'ascenseur et ouvre par la même, une réelle perspective de rapprochement des deux rives de la Méditerranée par le biais de la communauté binationale. «Nous voulons permettre à tout entrepreneur français qui le souhaite, de pouvoir se lancer de l'autre côté de la Méditerranée, afin de générer de l'emploi, des investissements et des opportunités», a dit Emmanuel Macron. L'idée, très généreuse et politiquement très positive, n'est pas du tout farfelue, puisque soutenue par plusieurs partenaires, dont Bpifrance. «Les modalités de cette mesure sont encore en train d'être étudiées», a précisé le chef de l'Etat français. Il reste, une fois le modèle de financement fixé, aux hommes d'affaires algéro-français, de concrétiser le projet et d'en faire un véritable pont humain et économique entre l'Algérie et la France. Outre cette initiative économique, le président français a défendu le projet d'une «Académie des talents de la Méditerranée». Cette instance regroupera des «artistes, chercheurs et entrepreneurs». Elle accompagnera des talents identifiés, à travers des bourses. L'autre proposition de Macron concerne un appel à projet à hauteur de trois millions d'euros, dédié aux porteurs de projets de la rive sud, issus de la société civile. Ces deux initiatives n'auront de sens positif qu'en cas de mise en oeuvre effective de la première, à savoir le fonds de soutien à l'investissement de la diaspora.