Dette extérieure.. 1,8 milliard de dollars en juin 2018    Registre de commerce électronique.. Seuls 43% des commerçants inscrits    Proches de leur plus haut niveau en trois mois.. Les prix du Brent dépassent les 66 dollars    Cités universitaires.. Hadjar «active» les dispositifs de sécurité    Washington contre l'Europe    Attentat en Iran.. Des terroristes présumés arrêtés    Médaillés lors du 16e Championnat méditerranéen d'Escrime.. Ooredoo honore les escrimeurs algériens    Venezuela.. L'Europe met en garde contre une confrontation    Grand Prix du Concours national du saut d'obstacles.. Chakib Tabarout lauréat    Championnat de Basket-ball (17e journée).. Le leader sur du velours    Lutte antiterroriste.. Un élément de soutien arrêté à M'sila    DJELFA : La daïra d'Aïn Oussera promue wilaya déléguée    ACCUSES D'ENLEVEMENT SUIVI DE VIOL : Deux présumés ravisseurs arrêtés à Bejaia    Le maréchal dira-t-il me voilà ?    «Le plan de partition de la Syrie n'est pas nouveau»    L'Algérie manque de cadres dans le commerce international !    Création d'une agence de régulation    Convention africaine de lutte contre la corruption et infractions assimilées (CUA) de 2003    Le temps des regrets    Rien ne résiste au NC Magra    Alain Michel au lieu de Bouzidi ?    Questions sans réponses    Facebook s'invite à la présidentielle    Makri sensible à l'option    «La nature de la demande syndicale a changé»    Deux amateurs de parapente meurent accidentellement au cours d'exercices    Un assassin sous les verrous    Création de l'orchestre symphonique de la ville d'Oran    Les Constantinois renouent avec le cinéma    Tikoubaouine à la conquête de la capitale du chaâbi    24 heures    Allez-y tout doucement Messieurs !    Le ras-le-bol    80ème anniversaire de la Guerre civile espagnole: Oran, pour un hommage aux réfugiés républicains    Le terroir algérien à l'honneur: Une semaine gastronomique de la ville d'El Oued à l'hôtel Royal    Commémoration de la Journée du Chahid    La révolution algérienne, un exemple pour la liberté des peuples    Les droits de l'Homme infiltrent nos prisons    Victoire du GSP devant Souihli    «Seules les compétences seront appelées à gérer le club sous Hyproc»    Le système actif à Oran, Alger et Annaba    La revendication sociale se transforme en atteinte à la Sûreté de l'Etat    Abdelaziz Bouteflika : «L'Algérie attachée à ce choix stratégique et populaire»    La mission des choyoukh soufis dans l'unification de la nation    Les candidatures sont ouvertes jusqu'au jeudi 4 avril 2019    EDF : L'Ebitda a rebondi en 2018 mais risque de stagner cette année    L'opposition cherche toujours un candidat    Accord de pêche UE-Maroc : Appel au boycott des produits issus du Sahara occidental occupé    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





La première maison bioclimatique sera rurale
L'habitat durable en Algérie
Publié dans Liberté le 24 - 11 - 2008

Le prototype, conçu et réalisé par le Centre national d'études et de recherches intégrées du bâtiment (Cnerib) en collaboration avec le CDER (Centre de développement des énergies renouvelables) a été sélectionné dans le cadre d'un concours lancé par le programme MED-ENEC (Mediterranean Energy Efficiency in Construction Structure) en 2006. Le projet sera réceptionné dans moins d'un mois.par dz.com qui n'est pas considéré comme étant un nom de domaine algérien.
La surconsommation de l'énergie fossile accentuant les émissions atmosphériques de gaz à effet de serre (GES) mais également le fait que le bâtiment soit le premier poste de consommation de l'énergie – 40% du bilan énergétique annuel est consommé par ce secteur. Cette consommation, qui a triplé durant les trois dernières décennies dans le bassin méditerranéen et il est prévu sa multiplication par le même facteur d'ici l'an 2025, a impulsé chez les chercheurs, algériens cette fois, l'idée de repenser la maison de demain. Le deal étant de concrétiser via matériaux et équipements “durables” l'efficacité énergétique dans le secteur de la construction. Cette première expérience concerne dans un premier temps la maison rurale qui se verra conférer un nouveau concept, celui de l'habitat durable intégrant l'architecture bioclimatique dans sa conception.
Il faut dire qu'à l'heure où les sociétés modernes en sont à réaliser des “éco-quartiers”, déjà très présents en Europe du Nord (Comme BedZed : Beddington Zero Energy “fossil” Development, nom futuriste donné au quartier défavorisé situé au sud de Londres) et des villes vertes et ont développé, comme c'est le cas en Allemagne, le concept insolite “Bepos” (bâtiment à énergie positive), l'Algérie est loin derrière et accuse un retard certain dans le domaine du développement durable. C'est dire le peu d'intérêt encore accordé par les pouvoirs publics aux avancées technologiques dans le secteur de la construction notamment. Néanmoins, la maison témoin conçue par le Cnerib et retenue par le programme de l'Union européenne qui en assure le financement, répond à trois principaux critères qui sont le potentiel pour la dissémination, le concept d'énergie et l'avantage environnemental.
Le premier critère est intéressant à plus d'un titre vu que le programme du million de logements lancé par le président de la République en 2000 prévoyait la réalisation d'au moins 450 000 logements ruraux, en partie subventionnés par l'?tat, le double objectif étant de freiner l'exode en “fixant” les populations rurales. En substance, les principales contraintes techniques imposées aux architectes bioclimatiques et aux techniciens ont essentiellement porté sur la mise en œuvre des mesures relatives à l'efficacité énergétique dans le bâtiment à travers l'application de la réglementation thermique, l'utilisation des énergies renouvelables et le développement de nouveaux matériaux et systèmes constructifs à haute qualité énergétique (HQE). L'augmentation fulgurante de l'activité de construction en Algérie (immeubles d'habitation, grands équipements...) n'est pas un moindre détail car “le secteur du bâtiment, comme le souligne M. Afra, premier responsable du Cnerib, est à juste titre celui où l'on peut économiser le plus d'énergie”.
Des impératifs tant technologiques qu'environnementaux
Pour rappel, en 2000, il y a donc de cela huit ans, le décret 2000/90 du 24.04.2000 portant réglementation thermique des bâtiments neufs était censé être appliqué immédiatement pour les bâtiments publics, contre 5 ans pour la construction individuelle. Rien n'en fût ! Alors que déjà bien plus tôt, soit en 1997 et 1999 – ce qui aurait dû faire avancer les choses – le Cnerib avait élaboré deux DTR (documents techniques réglementaires) y afférents. Il y est question d'atteindre l'efficacité énergétique via la maintenance du niveau de confort situé d'après l'OMS (Organisation mondiale de la santé) entre 18°C et 25°C . “Ce qui se résume, en des termes plus simples, à la recherche de la sobriété contre le gaspillage”, souligne M. Afra.
“Comment faire pour gérer les apports et les déperditions calorifiques tout en privilégiant le confort ?” et “quelles doivent être les caractéristiques mécaniques et chimiques du matériau de construction ?” ont, en outre, constitué la problématique de base du projet. En effet, la maison durable se devait de répondre à des impératifs tant technologiques qu'environnementaux par l'application des mesures passives, d'une part, et des mesures actives, d'autre part. Pour ce qui est des premières, il s'agit de l'orientation (le sud est privilégié pour limiter au maximum la facture énergétique), l'ombrage naturel (par les plantations), la ventilation naturelle, l'isolation de l'enveloppe, le double vitrage (qui divise par deux à trois, le flux de chaleur), l'éclairage naturel et les lampes à basse consommation (elles réduisent de 5 fois la consommation en énergie) et l'isolation optimale de l'enveloppe et de la toiture.
La brique de terre, la pierre, le gypse... des matériaux à valoriser
Pour ce qui est des matériaux, si celui en vogue dans les pays européens est le bois, pour ses qualités d'isolant thermique, en Algérie, ce sont les matériaux locaux tels que la brique de terre ou béton de terre stabilisé (BTS) et la pierre – les deux ne nécessitent pas d'énergie lors de leur extraction et fabrication puisque le plus souvent extraites de l'assiette en question – mais également le plâtre et le gypse qui sont privilégiés dans les pays de la rive sud. Le responsable du Cnerib estime que ces matériaux sont à valoriser et à développer davantage. La brique de terre, matériau de base de la maison durable, doit être utilisée dans un système constructif à base de maçonnerie porteuse chaînée – qui consomme moins d'eau, moins de sable et moins de rond à béton – par rapport à sa ductilité. “Ce système peut aller jusqu'au R+2 en zone III (zone sismique) avec une performance parasismique certaine – les poteaux ont une section de 15x15 contre 35x35 pour le système poteau poutre classique. Le chaînage n'est, par ailleurs, pas indispensable pour les régions du Sud !” précise notre interlocuteur. Les mesures actives concernent, en outre, le recours aux panneaux solaires (utilisation de l'énergie solaire) pour l'eau chaude sanitaire. Un serpentin est encastré dans le plancher de la maison pour la chauffer en hiver. Toutefois, le système s'inverse pour la rafraîchir en été. Intégrées dans le bâtiment, ces mesures permettent de réduire jusqu'à 50% la consommation énergétique, de préserver l'énergie fossile et d'atténuer les émissions de CO2. Quand on sait que celui-ci est aujourd'hui coté en Bourse ! Et si la maison durable requiert près de 10% d'investissement supplémentaire, il faut savoir que la facture énergétique est amortie sur les 10 ans à venir. La maison verte s'harmonise parfaitement avec son environnement. C'est ce que l'on devra conclure à la livraison en décembre prochain de la première habitation écologique algérienne. Gageons qu'elle intéressera plus d'un.
Nahla Rif


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.