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L'AUTOMNE DE LA COLERE
Publié dans Liberté le 28 - 09 - 2003


Grève générale dans le secteur de l'éducation
Les enseignants paralysent les lycées
Tous les établissements d'Alger et de certaines autres wilayas ont répondu, hier, favorablement à l'appel à une grève de trois jours lancé par les coordinations professionelles, CLA et Cnapest.
Ils étaient des centaines d'enseignants et de travailleurs du secondaire à observer un sit-in devant le lycée Bouâmama (ex-Descartes) à Alger, afin de dénoncer le “mépris” des pouvoirs publics quant à la satisfaction de leurs revendications socioprofessionnelles.
Il était 11h, lorsque les contestataires se sont rassemblés devant le lycée, portant des banderoles sur lesquelles sont inscrites leurs principales revendications comme “Jusqu'à quand durera le mépris ?”, alors que des enseignants appelaient au dialogue et à la liberté d'expression.
L'image est saisissante : d'un côté, des enseignants “pacifiques” brandissant des banderoles et scandant des slogans et, de l'autre, des brigades anti-émeutes, boucliers au poing, matraques au fourreau, prêtes à en découdre avec les manifestants. “Les pouvoirs publics nous considèrent comme de vulgaires voyous. Sinon, pourquoi dépêcher les CNS, sachant que nous sommes des pacifistes ?”, s'emporte un professeur qui ajoute : “Nous ne sommes pas habitués aux mouvements de la rue. Si nous nous sommes rassemblés aujourd'hui, c'est pour nous faire entendre.” Toutes les personnes rencontrées se disent “dupées” et, pour reprendre leur expression, ne “voient toujours pas le bout du tunnel”.
Plus que jamais déterminés à maintenir leur mot d'ordre, les manifestants crient : “Non aux menaces, oui au dialogue !” Un dialogue qui est refusé d'emblée par le ministère de l'Education nationale, au prétexte qu'il ne s'agit pas d'“organisation officielle”.
Un enseignant a tenu à préciser que le mouvement est officiel, “du moment qu'un préavis de grève a été déposé au ministère”. Il ajoute : “La coordination des enseignants n'a jamais voulu prendre les élèves en otages. Nous sommes prêts à reprendre le travail, à condition que le ministre accepte de recevoir la délégation d'enseignants.” Un autre professeur ajoute : “Si Benbouzid considère que la Cnapest et la CLA sont des mouvements illégaux, il n'a qu'à accepter de recevoir une délégation au nom des enseignants et pas au nom de la coordination.”
En effet, les professeurs demandent à être reçus par le ministre de l'Education afin de “résoudre, une fois pour toutes, ce problème qui perdure”.
De passage par hasard au Golfe, le député FLN, Mourad Boutadjine, se retrouve interpellé par les manifestants et “pris à témoin de cette situation intolérable”. Prié de rapporter leurs doléances aux membres du Parlement, il finit par proposer à certains enseignants de l'accompagner à l'APN afin d'exposer eux-mêmes leurs préoccupations. “Le corps des enseignants est très important pour l'éducation de nos enfants. Je n'admets pas que les éducateurs soient traités de cette façon. Leur place n'est pas en prison, nous sommes arrivés à cette situation en raison de la non-séparation entre les différents pouvoirs”, affirme Boutadjine.
Sur les lieux, les différents témoignages recueillis s'accordent à dire que “la grève est suivie à 100% dans plusieurs wilayas”.
À ce sujet, M. Osmane nous informe que des cars de professeurs en provenance de Blida et de Boumerdès devant rejoindre le rassemblement ont été interceptés et escortés à leurs communes respectives.
Rappelons enfin que la majorité des établissements de la capitale adhèrent au mouvement de protestation : l'action de la Cnapest et de la CLA a réussi, hier matin, à paralyser les lycées à 100%.
Nabila Afroun
Benbouzid : “Les profs doivent patienter”
Pendant que le mouvement prend de l'ampleur et que les enseignants manifestent, protestent et observent des sit-in, les pouvoirs publics ignorent et refusent de dialoguer avec le Cnapest et la CLA, sous le prétexte qu'il s'agit d'“organisations non officielles”.
Interrogé, hier, par un journaliste sur la grève des professeurs, lors de la tournée de rentrée scolaire à Boumerdès, M. Benbouzid, ministre de l'Education nationale, a déclaré : “Nous considérons que les enseignants sont les piliers de l'éducation nationale. L'amélioration de la situation socioprofessionnelle de l'enseignant est prévue dans le programme du ministère de l'Education nationale. Les professeurs doivent patienter, car les choses seront réglées à temps à l'intérieur des cadres appropriés.”
À propos de l'augmentation des salaires réclamée par les enseignants, le ministre a expliqué que ce problème “ne concerne pas simplement le ministère de l'Education”.
N. A.
Un mouvement suivi à travers le Pays
Bouira : Les enseignants mobilisés
À l'instar de plusieurs autres wilayas du pays affiliées à la Coordination nationale autonome des professeurs du secondaire et technique (Cnapest), les établissements du secondaire de la wilaya de Bouira ont été paralysés, hier, par un débrayage devant s'étaler sur trois jours.
En effet, l'appel à la grève lancé par ledit conseil a été affiché bien avant ce jour au niveau des établissements concernés.
Hier matin, à travers les différentes localités comptant des lycées de l'enseignement général ou technique, les élèves qui étaient allés rejoindre leur banc d'école ont été reconduits vers la sortie devant l'intransigeance des enseignants qui ne voulaient guère regagner les salles.
À ce titre, les membres de la Cnapest, à l'échelle locale, parlent d'un taux de suivi de 100 % dans les quatre coins de la wilaya.
Ce taux a été, en outre, confirmé par les responsables du secteur de l'éducation, qui, dans l'après-midi d'hier, avaient avancé un taux de suivi de 97,44 %.
L'on apprend, par ailleurs, que certains collèges et établissements du moyen ont également répondu à l'appel de la grève en guise de soutien à leurs collègues du secondaire.
Dans le chef-lieu de la wilaya, on notera que le débrayage a été suivi par les enseignants de deux collèges, à savoir Gouizi et Smili alors qu'une campagne de sensibilisation a été déclenchée, hier, en vue de faire rallier au mouvement de grève le maximum d'établissements relevant du même palier.
Riadh S.
Chlef : 14 lycées sur 35 bloqués
Suite au mot d'ordre de grève lancé par la Cnapest, les lycéens de Chlef ont été, à leur tour, touchés par ce débrayage à l'instar des autres wilayas du pays.
C'est ainsi que 14 lycées sur les 35 que compte la wilaya ont dû suivre l'appel au débrayage en question.
Selon la déclarations du directeur de l'éducation de la wilaya, un taux de participation de 67% représentant les 14 établissements sur les 36 existants a été enregistré à travers l'ensemble du territoire de la wilaya durant la journée d'hier.
AHMED CHENAOUI
Tizi Ouzou : grève partielle
À l'appel de la Coordination nationale des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (Cnapest), une grève partielle a été observée, hier, dans les lycées de la wilaya de Tizi Ouzou. C'est le deuxième débrayage en l'espace de 14 jours pour exiger l'augmentation des salaires, le statut du PES et la retraite après 25 ans de service. Hier, au premier jour de la grève, l'adhésion a surtout été constatée dans les établissements de la ville de Tizi Ouzou où les élèves ont été renvoyés dès la matinée. Selon les syndicalistes de la Cnapest, l'arrêt de travail a été bien suivi à travers les 67 communes de la wilaya. En revanche, au niveau de la direction de l'éducation, on a appris que le taux de suivi est de 25% seulement. Par ailleurs, le directeur de l'éducation dira que cette grève est illégale du fait que la Cnapest n'est même pas agréé et que des retenues sur salaires seront opérées dans les prochains jours. Les PES tiendront un sit-in devant le Palais du gouvernement le 5 octobre prochain. Le même jour, un débrayage national est également prévu. D'autres actions de protestation seront entreprises par la Cnapest pour faire aboutir ses revendications, telles que des rassemblements et des marches, tout en n'excluant pas de recourir au boycott des examens de fin de trimestre.
A. T.
Annaba : 95% de participation
La grève a été largement suivie dans les lycées de Annaba, hier. Le mouvement devrait se poursuivre jusqu'à demain.
Selon M. Hattab, chargé de la communication de la Cnapest, l'appel a été suivi à 95% alors que d'autres wilayas de l'Est, comme El-Tarf et Batna, ont massivement suivi le mot d'ordre, renforçant ainsi l'action des professeurs du secondaire. Onze wilayas de l'Est ont ainsi “rallié la cause”.
À Annaba, tous les lycées de la ville et de la banlieue étaient paralysés. La Cnapest, qui ne désespère pas de se faire entendre, prévoit de continuer le mouvement. Un rassemblement national est prévu à Alger, le 5 octobre prochain, suivi d'une journée de grève nationale.
Par ailleurs, toujours selon la même source, le syndicat semble prêt à ester en justice les œuvres sociales de l'éducation, suite au problème soulevé par l'affaire des cartables scolaires dont les enseignants ont contesté le contenu.
Fatima Haddab
Oran : Une action jugée positive par la CNAPEST
Le mouvement de grève de la Coordination nationale autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique d'Oran (Cnapest) a réussi, hier matin, à paralyser à 100 % plusieurs établissements d'Oran situés notamment à la périphérie (lycées Castor, Yadjouri de Gdyel, Felaoucène, Es-Sénia...) alors que d'autres ont eu des taux de participation avoisinant les 40%.
Cette première action est jugée positive par les animateurs de la Cnapest qui n'activent que depuis quelques mois. “De nombreux établissements ont suivi le mot d'ordre de grève, nous restons en contact avec nos collègues pour les mobiliser et pour qu'ils ne restent pas seuls devant la pression... !”, nous dira un des membres de la coordination de l'UGTA. Jusqu'ici, le secteur de l'éducation était considéré comme un bastion de la Centrale syndicale. Quant à la direction de l'éducation, nous n'avons pas trouvé de responsables en mesure de nous apporter la position où du moins l'évaluation de l'administration quant à cette grève qui se poursuivra aujourd'hui et demain.
F. Boumediène
Souk-Ahras : La grève largement suivie
Le mot d'ordre de grève lancé par la Cnapest a été, selon les représentants de ce syndicat (non encore agréé), suivi par plus de 80% des enseignants des 17 établissements du secondaire que compte la wilaya de Souk-Ahras. Au chef-lieu où sont implantés 7 lycées, les élèves ont dû rebrousser chemin pour rentrer chez eux, faute de cours. Les enseignants, eux, tiennent des réunions et discutent de leur situation qui, il est vrai, n'est pas reluisante.
Certains d'entre eux déclarent, qu'ils sont prêts à aller jusqu'au bout pour que la tutelle prenne en charge leurs revendications, quitte à aller vers une année blanche. “Je touche un salaire dérisoire, nous confie un enseignant. Je totalise aujourd'hui 20 ans au service de l'éducation nationale, je suis au 7e échelon, marié et père de 2 enfants, je perçois à peine 18 000 DA par mois. Cela couvre à peine une semaine et pour le reste du mois, c'est la galère. ça ne peut plus continuer !”
L'administration, elle, qui ne reconnaît pas ce syndicat du fait qu'il n'est pas agréé, soutient que la grève n'a mobilisé qu'à peine 50% des effectifs et que son influence n'est pas à craindre. Pour rappel, la Cnapest avait déjà organisé une grève les 13, 14 et 15 septembre courant, pour les mêmes revendications, à savoir une augmentation de 100% des salaires et une retraite après 25 ans de service. Les parents, très inquiets pour la scolarité de leurs enfants, espèrent que les problèmes des enseignants soient définitivement pris en charge, pour éviter ces grèves à répétitions et voir enfin démarrer l'année scolaire, surtout pour les élèves candidats au baccalauréat.
M. Rahmani
SETIF : “Solidaires et responsables”
La grève de trois jours dans les établissements de l'enseignement du supérieur, prévue du samedi 27 au lundi 29, a été très largement observée par la quasi-totalité du corps des professeurs de l'enseignement supérieur, particulièrement dans le chef-lieu et au nord de la wilaya. Rappelons qu'outre les revendications émises au niveau national, les PES de Sétif, dont l'effectif est le deuxième du pays après la wilaya d'Alger, réclament depuis deux années une revalorisation consistante des traitements. À Sétif, la Cnapest peut se targuer d'avoir ratissé large et d'avoir mobilisé un si grand nombre d'enseignants.
Les Enseignants ont paralysé les lycées
Le ministre rate sa rentrée
Ni les mises en demeure ni les menaces de licenciement brandies par le ministère de l'Education n'ont eu raison de la détermination des contestataires.
L'année scolaire, dans la capitale notamment, redémarre là où elle s'est — précipitamment — clôturée en mai dernier. Solidaires de la tragédie nationale engendrée par le tremblement de terre du 21 mai, les enseignants avaient momentanément enterré la hache de guerre. La profonde affliction des Algériens endeuillés rendait accessoires leurs aspirations pour des lendemains meilleurs. Ils ont continué pendant les vacances, inhabituellement longues, à dépenser chichement leurs maigres traitements en attendant de reprendre les chemins de la protesta. Ni les mises en demeure ni les menaces de licenciement brandies par le ministère de l'Education n'ont eu raison de la détermination des contestataires. D'abord minoritaires et ne bénéficiant guère de la caution du syndicat officiel — la très historique Fédération nationale des travailleurs de l'éducation (FNTE) —, les enseignants, regroupés autour d'une organisation sectorielle, la Coordination des lycées d'Alger (CLA), ont vu leurs rangs rapidement grossis par de nouveaux contingents de maîtres du savoir ne sachant plus à quel saint se vouer pour empêcher la désagrégation de leur pouvoir d'achat.
Des clones du CLA ont, par ailleurs, vu le jour dans d'autres wilayas du pays. Faisant valoir la spécificité de leurs revendications socioprofessionnelles, les PES ont créé leur propre structure de lutte, la Coordination des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (Cnapest).
Pour autant, ils n'ont pas fait longtemps cavalier seul. Face au ministère de l'éducation, demeuré intraitable, ils ont jugé plus rentable d'unir leurs efforts au CLA et d'intégrer un front contestataire plus large. Dans ce front se retrouveront tous les travailleurs déçus par plusieurs années d'unilatéralisme syndical stérile. C'est le cas de ceux affiliés au Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (Snapap) du secteur de l'enseignement. Dans un communiqué rendu public, le Snapap ne soutient pas seulement l'appel à la grève cyclique de trois jours de la CLA et de la Cnapest, en cours depuis hier, mais y prend part. Résultat, dans certaines wilayas dont Alger, les établissements scolaires sont quasiment paralysés. Samedi, les salles de classe de dizaines de lycées qui devaient accueillir les élèves sont restées affreusement vides. Incontestablement, le ministère de l'éducation nationale a raté sa rentrée.
Cependant, une telle déconvenue ne semble pas perturber la quiétude de ses occupants. Intransigeant, son principal locataire, le ministre Boubekeur Benbouzid, reste sourd aux revendications des enseignants contestataires. Invoquant le respect des lois, il refuse de dialoguer avec des partenaires sociaux dont les organisations ne sont pas agréées. Si pour la CLA et la Cnapest, son juridisme pointilleux peut se justifier, dans le cas du Snapap, un tel argument ne tient pas la route. Pourtant, même ce syndicat, légalement reconnu, n'a jamais bénéficié de la moindre attention du ministre.
Préférant traiter avec la FNTE, autrement plus docile, Benbouzid ne connaît d'autres syndicats qu'elle. Est-ce parce qu'il s'agit de la plus représentative ? En partie, sans doute. Cependant, c'est son appartenance à l'hégémonique Union générale des travailleurs algériens (UGTA) qui lui vaut toute l'estime de la tutelle. Canalisateur de la contestation, elle est souvent rétribuée par des broutilles. Comme cela a été le cas, en 2002, lors de la grève de trois jours initiée par la Fnte. En guise de concessions, la tutelle avait accepté de satisfaire certaines doléances exprimées, telles que l'octroi de logements aux enseignements. Seulement voilà, se réfugiant derrière la souveraineté du gouvernement, le ministre avait dit niet à toute revalorisation salariale.
Lors de la bipartite, organisée la même année, l'ancien Chef de gouvernement avait concédé des augmentations — très modestes — aux différents corps de la Fonction publique dont les enseignants. Mais, la revalorisation décidée était en deçà des espérances de la base. A contrario, le sommet de la FNTE n'a cessé de crier victoire ! Officiellement satisfaite, elle a cessé de se montrer encombrante. Dès lors qu'elle avait réussi à endiguer la protesta, la Fnte n'a plus jugé utile de faire perdurer la guerre.
Cependant, en dépit de son talent de pompier, elle n'est pas parvenue à éteindre le feu qui continue à couver dans les établissements scolaires.
Parce qu'elle a trahi leurs ambitions, des enseignants ont préféré prendre leur destin en main en battant le pavé.
SAMIA LOKMANE
Rentrée scolaire dans la ville de Boumerdès
Un retour symbolique
La rentrée scolaire est encore problématique dans la commune de Boumerdès. Hier, la reprise qui a concerné quelques établissements était beaucoup plus symbolique. Le séisme du 21 mai dernier a, en effet, laissé derrière lui désolation et détresse, ainsi que des écoles primaires complètement effondrées, des établissements d'enseignement moyen et des lycées dans un état de dégradation très avancée, affectant le moral des victimes. C'est ce qui a, d'ailleurs, poussé le ministre de l'éducation nationale à annoncer le report de la rentrée dans les régions touchées par la catastrophe, particulièrement la wilaya de Boumerdès.
Au Rocher noir, beaucoup de sinistrés ne croient pas tellement au retour proche à la normalité, ni à la rentrée scolaire en bonne et due forme. Ils justifient cela par “le grand retard” cumulé par les autorités locales dans les domaines du relogement, de l'installation dans des préfabriqués ou des travaux de confortement des constructions. Au niveau de la cité du 11-Décembre de Boumerdès, plus connue sous le nom de Coopératives, des ouvriers s'affairent, depuis quelques jours, à placer des chalets qui se substitueront aux écoles détruites ou à celles qui sont encore endommagées. La vue de ces chantiers a déstabilisé un certain nombre d'enseignantes et d'enseignants, à la recherche de repères fiables, qui ne cachent plus leur découragement.
Cette situation a également contraint des parents à inscrire leurs enfants dans d'autres wilayas, accentuant leur ressentiment vis-à-vis des représentants de l'Etat, considérés comme les responsables de “l'éclatement de la famille”. Alors, y a-t-il une rentrée scolaire dans la ville de Boumerdès ? Ce n'est hélas pas le cas, car la prise en charge des sinistrés ne peut être que globale, selon les premiers concernés.
De plus en plus de familles commencent d'ailleurs à poser le problème de “l'urgence de la réunion des conditions de vie et de travail”, notamment celles qui craignent de demeurer dans les camps de toile, persuadées que “la tente est loin de constituer un lieu de révision ou de réflexion” pour les élèves. Il n'empêche, même l'exiguïté des chalets fait aussi craindre le pire aux parents. “Comment pourrait-on vivre et élever nos enfants dans deux pièces minuscules ?”, se demandent avec appréhension les sinistrés.
Hafida Ameyar
La rue gronde à l'intérieur du pays
L'automne des émeutes
Quel est donc l'intérêt d'un plan de relance économique de sept milliards de dollars qui produit…
des émeutes de l'eau, de l'électricité, du logement ou simplement de la mal-vie ?
Adrar, Djelfa, Biskra… Et ça repart ! La rue gronde dans pratiquement toutes les villes et contrées d'Algérie. Il ne se passe pas un jour sans qu'une manifestation, une marche, un sit-in ou carrément de la casse ne soient signalés ici et là. L'émeute dont le mouvement citoyen de Kabylie a signé l'acte de naissance, en avril 2001, est en train de se généraliser à toutes les régions du pays. Celle-ci s'est désormais imposée comme le seul canal d'expression devant l'incurie, la médiocrité et la gabegie des autorités à tous les niveaux.
La protestation via les émeutes, avec leurs cortèges de destruction des édifices publics et des actes de vandalisme, prend à présent l'allure d'un… sport national. Quasiment toutes les wilayas du pays ont connu ce genre de révoltes, souvent violentes et toujours préjudiciables aux patrimoines des collectivités locales. Les jeunes, parce que acculés dans leurs derniers retranchements par le chômage et l'absence de perspectives, prennent d'assaut tout ce qui symbolise l'Etat et l'autorité. C'est le seul “argument” qu'ils opposent à l'implacable sourde oreille des autorités. Des émeutes, on en a vu de toutes les couleurs durant ces deux dernières années. Des émeutes contre les gendarmes jusqu'à celles du logement en passant par celles de l'eau, du gaz, de l'électricité. Les citoyens algériens ont décidément les nerfs à fleur de peau. Même les jeunes des vastes étendues du Grand-Sud, pourtant connus pour leur patience légendaire, ont fini par céder devant l'incroyable cécité politique de nos dirigeants.
À Djanet, à In Salah ou encore à El-M'néa et Biskra, les populations sont brusquement sorties dans la rue pour crier leur désarroi et leur mal vie. Eh oui, les Sudistes ont en marre de dormir sur des milliards de dollars alors que le chômage fait des ravages, notamment parmi la masse juvénile. Ils ne comprennent pas qu'ils soient “injustement” exclus des recrutements chez les compagnies pétrolières étrangères au profit des seuls jeunes arrivés du Nord. L'on s'en souvent, l'année dernière, des violentes émeutes qui avaient éclaté à In Salah et El-M'néa, quand les jeunes désœuvrés des régions avaient réclamé ne serait-ce qu'un quota des postes de travail au niveau des multinationales qui opèrent sur les territoires de leur ville. Les autorités ne semblent pas avoir retenu la leçon de ces volcans en plein désert, puisque les jeunes d'Adrar viennent de recourir au même procédé pour les mêmes raisons. Et ce sont bien sûr les mêmes procédés auxquels ont eu recours les autorités, c'est-à-dire la répression et les arrestations. Au lieu d'écouter les lamentations de cette population déjà martyrisée par la nature eu égard à la rudesse du climat au Sud, le bras séculier de Zerhouni n'hésite pas à sortir la trique pour clouer le bec à des bataillons de desperados qui n'ont, de toute façon, rien, absolument rien à perdre dans ces duels, puisqu'ils n'ont strictement rien du tout.
Quand on voit des gamins opposer leur torse nu devant des CNS armés jusqu'aux dents, c'est qu'ils n'ont peur de rien. Pas même de la mort. L'Algérien a compris que la période de la glaciation a vécu. Que la peur devrait maintenant changer de camp.
Le mur du silence s'étant brisé durant les manifs de la Kabylie qui ont fait 123 morts, les jeunes Algériens foncent maintenant dans la rue sans penser à la réplique toujours aussi musclée des autorités. La rue est devenu un défouloir, un déversoir de toutes les frustrations économiques et sociales de la nouvelle générations d‘émeutiers en herbe qui n'entendent point céder devant les coups de boutoir des autorités. Devant la démission des élus du peuple, l'inexistence de voies de recours et, plus grave encore, l'absence criante de l'Etat pour prendre un tant soit peu en charge les préoccupations des citoyens, la rue devient, par la force des choses, le réceptacle de toutes les rancœurs et rancunes. Question : quel est donc l'intérêt de ce plan de relance économique qui pèse sept milliards de dollars et avec lequel le gouvernement n'arrive pas à assurer de l'électricité à Djelfa, du travail à Adrar et de l'eau à Annaba ? Ce sont pourtant celles-là les raisons de la colère. Des colères.
HASSAN MOALI
Victime du chômage et de l'exclusion
La jeunesse d'Adrar explose
Depuis les évènements du Printemps noir ayant ensanglanté la Kabylie, l'émeute, un phénomène social et politique à la fois, a fait tache d'huile, pour gagner même les lointaines et paisibles contrées du sud du pays. Après In Salah, Djanet et El-Goléa, c'est autour de la wilaya d'Adrar d'être secouée par de violentes manifestations. De jeunes émeutiers, une centaine de diplômés au chômage, ont pris à partie, mercredi, jeudi et vendredi, les sièges de la wilaya et de l'APC et le bureau de main-d'œuvre. Selon les comptes-rendus de certains journaux, les émeutiers ont envahi le siège de l'APC et mis le feu aux documents. Pour sa part, le président de l'APC a été lapidé par les manifestants qui l'ont empêché de quitter son bureau.
Le bureau de main-d'œuvre connaîtra le même sort. Les manifestants se sont dispersés à travers les rues principales de la ville. L'intervention des brigades ne s'est pas fait attendre, en matraquant les manifestants. Bilan : une dizaine de blessés et une vingtaine d'arrestations dans les rangs des manifestants. Craignant un débordement de l'émeute vers les communes et les daïras avoisinantes, les services de sécurité ont bouché toutes les entrées de la ville.
Les causes de l'ire des émeutiers ? Le chômage et un sentiment d'exclusion. Des slogans contre la hogra et l'exclusion sont entonnés. Comme dans beaucoup de wilayas du sud du pays, les jeunes du cru acceptent très mal le fait que les sociétés pétrolières, nationales et étrangères, recrutent plus dans le nord du pays que dans sa partie sud. Ce qu'ils ont assimilé à de la ségrégation. D'ailleurs, les jeunes émeutiers d'Adrar ont exigé l'installation d'une commission d'enquête pour mettre la lumière sur les méthodes de recrutement dans les entreprises nationales et étrangères dans leur wilaya.
Tout comme ils ont interpellé le ministère de l'Intérieur pour dissoudre l'APC. À leurs yeux, les responsables locaux sont derrière la mauvaise prise en charge des préoccupations des citoyens. Leur argument ? Le gel, depuis l'année dernière, de la distribution de 450 logements sociaux. Aussi, pour colmater les brèches, le wali a dû recevoir, à deux reprises, une délégation de jeunes émeutiers en leur promettant de prendre en charge leurs doléances.
Synthèse A. C.
Biskra
les manifestants paralysent la route dans la commune d'El-Feidh
À l'aide de troncs d'arbres et de pneus incendiés, les citoyens du village des frères Harzelli, dans la commune d'El- Feidh, ont bloqué la circulation pendant toute la matinée d'hier, sur la route nationale A 2, qui mène à Zeribet Hamed.
Les manifestants, ayant longtemps souffert de la marginalisation et de la hogra, revendiquent leurs droits les plus élémentaires relatifs aux conditions sociales.
Dans ce contexte, ils réclament, entre autres, le droit à l'eau, à l'électricité, un réseau d'assainissement, l'aménagement des routes principales et surtout le transport scolaire qui leur fait énormément défaut.
Le chef de daïra de Zeribet El-Oued et le président de la commune d'El-Feidh se sont rendus sur les lieux pour tenter de ramener le calme. Les manifestants ont crié leur rage contre les abus des autorités communales, surtout pour le sort du bus dont leur commune a bénéficié, il y a quelques jours, et qui n'a toujours pas été mis à la disposition des élèves pour leur assurer le transport de leur village à la commune de Ouladja où ils sont scolarisés.
Après quelques heures de pourparlers, le calme est revenu et la circulation a été rétablie, selon le président de l'APC d'El-Feidh, qui ajoute que ces revendications seront portées aux autorités wilayales qui les traiteront en toute sérénité.
M. MAHDI
DJELFA
des centaines d'élèves occupent la rue
Pas moins d'un millier d'élèves ont barré, hier, les principaux accès à la petite ville de Guedid, située à 70 km au nord-ouest de Djelfa.
Ainsi, depuis hier matin, cette localité est restée, et ce, tout au long de la journée, isolée des autres régions.
Les élèves ayant investi la rue ont eu recours aux barricades, pour manifester leur colère et leur mécontentement suite aux fausses promesses des autorités locales quant à l'ouverture, prévue l'année scolaire précédente, d'un lycée à Guedid.
Près de 300 élèves sont obligés chaque année de se déplacer à El-Idrissia, située à une vingtaine de kilomètres, pour poursuivre leurs études, alors que les filles, une trentaine, sont contraintes d'aller à Djelfa.
Devant cette situation difficile qui perdure, les élèves, même ceux des cycles primaire et moyen, ont décidé, ensemble, de boucler carrément leur ville. Ils ont même refusé de “recevoir” le directeur de l'éducation de la wilaya qui était accompagné du président de l'association des parents d'élèves.
Ce n'est qu'après l'intervention du maire de la ville que ces derniers ont pu entamer le “dialogue”, menaçant de recourir à d'autres moyens, au cas où leur revendication n'est pas prise en considération.
Les élèves, et après de longues heures de négociation, ont eu gain de cause, puisque le directeur de l'éducation a fini par promettre une nouvelle fois d'inscrire le projet du lycée pour le mois de mars prochain.
Les protestataires l'ont tout de même mis en garde une fois de plus.
LOTFI G.


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